Dieu le Père - Cima da Conegliano

Douzième dimanche après la Pentecôte – Graduel


Graduale. Ps. 33, 2-3.
Benedícam Dóminum in omni témpore : semper laus eius in ore meo.
V/. In Dómino laudábitur ánima mea : áudiant mansuéti, et læténtur.

Dieu le Père - Cima da Conegliano
Dieu le Père – Cima da Conegliano

Quand bénir le Seigneur ? Quand louer Son saint nom ?
À l’aube ; au crépuscule ; à l’angélus qui sonne ;
À la guerre ; à la paix ; quand le ciel brille ou tonne ;
Lors des festivités et lorsque nous peinons :
Que ta bouche et ton cœur n’œuvrent que pour Sa gloire,
De l’aurore qui croît jusqu’au déclin du soir.

Comment être couvert d’honneur
Et de succès à tout jamais ?
Tout prendra fin ici bas, mais
Demeure à jamais le Seigneur :
C’est donc à Lui que je me voue ;
Saints, entendez, réjouissez-vous !

 

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Encensoir - CC John P. Workman, Jr.

Dixième dimanche après la Pentecôte – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/.Ps 64, 2.
Te decet hymnus, Déus, in Sion : et tibi reddétur votum in Ierúsalem. Allelúia.

Encensoir - CC John P. Workman, Jr.
Encensoir – CC John P. Workman, Jr.

Ô mon cœur, qui chanteras-tu ?
Les couronnes sont abattues,
La tiare a roulé sur la terre,
Et s’il est encor quelque saint
Où le Seigneur grava Son seing,
La rumeur choisit de se taire.

Qui chanter d’autre que mon Dieu,
Mon Dieu qui bâtit terre et Cieux,
Dieu qui créa et l’homme et l’ange,
Qui souffrit pour nous sur la Croix,
S’offre sans cesse à notre Foi
Et seul mérite nos louanges ?

 

Christ Pantocrator - Dôme du Saint-Sépulcre - CC bachmont

Huitième dimanche après la Pentecôte – Offertoire


Ant. ad Offertorium. Ps. 17, 28 et 32.
Pópulum húmilem salvum fácies, Dómine, et óculos superbórum humiliábis : quóniam quis Deus præter te, Dómine ?

Christ Pantocrator - Dôme du Saint-Sépulcre - CC bachmont
Christ Pantocrator – Dôme du Saint-Sépulcre – CC bachmont

L’âme qui s’abaisse,
Et reconnaît sa faiblesse,
C’est elle que Vous sauvez.

Vous jetez sur l’herbe
L’esprit de l’homme superbe
Qui s’imagine élevé.

Est-il, ô Seigneur,
D’autres dieux dans les hauteurs ?
Nous n’en avons pas trouvé.

 

Hostie - CC Patnac

Septième dimanche après la Pentecôte – Introït


Ant. ad Introitum. Ps. 46, 2.
Omnes gentes, pláudite mánibus : iubiláte Deo in voce exsultatiónis.
Ps. ibid., 3.
Quóniam Dóminus excélsus, terríbilis : Rex magnus super omnem terram.
V/.Glória Patri.

Encensoir - CC John P. Workman, Jr.
Encensoir – CC John P. Workman, Jr.

Ô peuples de la terre,
Acclamez votre Père !
Poussez des cris de joie,
Chantez dans l’allégresse
Le Seigneur sans faiblesse
Et le plus grand des Rois.

 

Sixième dimanche après la Pentecôte – Graduel


Graduale. Ps. 89, 13 et 1.
Convértere, Dómine, aliquántulum, et deprecáre super servos tuos.
V/. Dómine, refúgium factus es nobis, a generatióne et progénie.

Jésus en prison - Copyright Notice - Private Collection Digital Images (c) 2012 Cynthia A. Stevens, all rights reserved
Jésus en prison – Copyright Notice – Private Collection Digital Images (c) 2012 Cynthia A. Stevens, all rights reserved

Vous n’êtes pas seulement notre juge,
Mais aussi notre refuge.
Daignez, Seigneur, nous regarder un peu,
Et puis, si cela se peut,
Laissez-Vous donc toucher le cœur
Qui s’ouvrit pour les pécheurs.

 

Dieu le Père - Cima da Conegliano

Cinquième dimanche après la Pentecôte – Alléluia


Allelúia, allelúia. Ps. 20, I
V/. Dómine, in virtúte tua lætábitur rex : et super salutáre tuum exsultábit veheménter. Allelúia.

Dieu le Père - Cima da Conegliano
Dieu le Père – Cima da Conegliano

Qui se repose en Ma puissance
A le cœur plein de réjouissance :
Vois, Je viens, Je sauve ta vie,
Et ton âme est toute ravie.

 

La Sainte Trinité - CC sameffron

Quatrième dimanche après la Pentecôte – Communion


Ant. ad Communionem. Ps. 17, 3.
Dóminus firmaméntum meum, et refúgium meum, et liberátor meus : Deus meus, adiútor meus.

La Sainte Trinité - CC sameffron
La Sainte Trinité – CC sameffron

Seigneur, mon Ciel et mon Rocher,
Ô refuge où Vous me cachez !
Vous êtes mon libérateur
Et venez m’aider à toute heure.

 

Jésus miséricordieux - Eugeniusz Kazimirowski - CC HistoryIsResearch

Troisième dimanche après la Pentecôte – Introït


Ant. ad Introitum. Ps. 24, 16 et 18.
Réspice in me et miserére mei, Dómine : quóniam únicus et pauper sum ego : vide humilitátem meam et labórem meum : et dimítte ómnia peccáta mea, Deus meus.
Ps. ibid., 1-2.
Ad te, Dómine, levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam.
V/.Glória Patri.

Jésus miséricordieux - Eugeniusz Kazimirowski - CC HistoryIsResearch
Jésus miséricordieux – Eugeniusz Kazimirowski – CC HistoryIsResearch

Jetez les yeux sur nous, Seigneur ;
Pitié pour Vos pauvres pécheurs.
Je vis dans l’abandon et dans la pauvreté,
Rassasié de malheur et plein d’humilité,
Mais je Vous redis, plein de foi,
Mon Dieu, mon Dieu, pardonnez-moi.
Ô Seigneur, c’est à Vous que je confie mon âme :
Ne la laissez point choir, mon Sauveur, dans les flammes.

 

Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

Nativité de Saint Jean-Baptiste – Introït


Ant. ad Introitum. Is. 49, 1 et 2.
De ventre matris meæ vocávit me Dóminus in nómine meo : et pósuit os meum ut gládium acútum : sub teguménto manus suæ protéxit me, et pósuit me quasi sagíttam eléctam.
Ps. 91, 2.
Bonum est confitéri Dómino : et psállere nómini tuo, Altíssime.
V/.Glória Patri.

Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino
Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

Dieu me prit par mon nom dans le sein de ma mère,
Il appela ma langue un glaive aigu de fer,
Prit l’ombre de Sa main pour la mettre sur moi,
Et ma vie comme un trait de Son vaste carquois.

Glorifions
Le Seigneur !
Chante, Sion,
Ton Sauveur.
Le Très-Grand
Je L’acclame,
L’adorant
De mon âme.

 

La Main de Dieu - Fresque du douzième siècle

Quatrième dimanche après Pâques – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/. Ps. 117, 16. Déxtera Dómini fecit virtútem : déxtera Dómini exaltávit me.
Allelúia. V/. Rom. 6, 9. Christus resúrgens ex mórtuis iam non móritur : mors illi ultra non dominábitur. Allelúia.

La Main de Dieu - Fresque du douzième siècle
La Main de Dieu – Fresque du douzième siècle

La droite du Seigneur a montré Sa puissance,
Ô douce joie !
Et la main du Seigneur des prodiges immenses :
Louons le Roy.

Il a tiré mon cœur des profondeurs du lac,
Sublime exploit !
Il a sauvé ma vie dans plus de mille attaques :
Ah, réjouis-toi !

L’Oint revenu des morts ne pourra plus mourir,
Mais sous Sa loi
Le trépas dépouillé de son funeste empire
Désormais ploie.

 

Saint Padre Pio priant au bas de l'autel

Dix petits grains de messe – 1 – Confitebor tibi in cithara…


Saint Padre Pio priant au bas de l'autel
Saint Padre Pio priant au bas de l’autel

1 – Confitebor tibi in cithara

Les prières au bas de l’autel ont toujours été de mes prières favorites. Lorsque les rubriques le demandent, il arrive qu’elles soient supprimées (c’est le cas lors de la messe de Minuit à Pâques) et leur absence se fait toujours ressentir. Cela dit, il n’y a guère que pendant les messes basses qu’on peut vraiment les dire et se recueillir en elles, et plus encore lorsqu’on a le privilège de servir.

Pourquoi me plaisent-elles, je ne le sais pas exactement. Peut-être parce que c’est la seule partie de la messe qui rappelle les offices avec leurs litanies de psaumes embrassés par les antiennes. Toujours est-il que, chaque fois que j’entre dans une église, je les récite intérieurement en allant du baptistère au tabernacle, accomplissant ainsi ce que dit l’antienne et ce qu’on faisait jadis au témoignage de Saint Ambroise1.

Il y aurait beaucoup à dire sur ces prières et j’ai hésité longuement ; que choisir ? l’antienne ? La doxologie ? Le remarquable « adjutorium nostrum… », dont le sens m’échappa longtemps ? Le Confiteor ? Les oraisons lors de la montée des marches ?

Il m’a semblé toutefois que je ne pouvais négliger cette petite phrase que j’ai mise en guise de titre et qui peut se traduire ainsi :

« Je Vous louerai, ô Sire,
De ma voix et ma lyre. »

On me dira peut-être que j’extrapole un peu en disant « de ma voix », mais il ne faut pas oublier que la lyre est le seul instrument permettant d’accompagner la voix contrairement à la flûte2. C’est l’instrument de l’aède qui chante l’Odyssée comme du chanteur de rock à l’heure actuelle (les chanteurs et les chansons sont comme les rois : les peuples les méritent).

Pourquoi donc avoir choisi ce passage ? « De la musique avant toute chose »3, disait Verlaine qui, lui aussi, écrivit des poèmes directement inspirés de la liturgie4. N’est-ce pas, pour un versificateur, même de second ordre, un élément capital ? Longtemps, d’ailleurs, je ne suis allé à la messe que pour la beauté des cérémonies et tout particulièrement de la musique.

Orgue
Orgue

La musique ! N’est-ce pas un des composants les plus frappants d’une messe ? Imaginez un béotien infidèle qui rentrerait pour la première fois dans une église lors de la célébration : ses yeux ne verraient nul sacrifice, qui est pourtant l’essentiel, mais ses oreilles percevraient aussitôt qu’on chante et qu’on joue de l’orgue – et à qui ? même les incroyants savent que c’est à Dieu qu’on adresse ces chants.

Il me semble que ce verset a une valeur de programme : il annonce une grande partie de ce que sera la messe : au moment même où le prêtre prononce ces paroles, lors de la grand-messe, le chœur est en train de chanter l’Introït, puis il chantera le Kyrie, le Gloria, le Graduel, etc. Tout au long de la cérémonie, selon l’ordre, il chantera, plus ou moins accompagné de l’orgue qui remplace ici la lyre dont parle le psalmiste.

Ce chant du chœur est devenu pour moi particulièrement important depuis que j’ai été invité à y participer, il y a quelques mois. Désormais, ma voix hésitante et peu assurée résonne de concert lors du chant des principales pièces grégoriennes et de quelques polyphonies.

Ce chant, je le poursuis bien après la sortie de l’église : n’est-ce pas en effet l’objet de ce blogue que de faire entendre les différentes pièces de la messe sous une forme poétique ? Certes, il n’est plus de lyre pour accompagner les paroles, mais c’est la langue elle-même qui se charge de la musique, et les jeux des rimes remplacent ceux de l’orgue.

Ernst Josephson - David et Saül
Ernst Josephson – David et Saül

Enfin, lorsque je prête un petit peu attention à ce psaume, je ne puis m’empêcher de songer au roi David dont la Vulgate nous dit qu’il l’a composé. Je sais que l’abbé Lebrun, dans son explication de la messe5, dit qu’il ne s’agit probablement pas de David, et je veux bien le croire6. Mais enfin, comment ne pas songer à David pourchassé par Saül ? Je l’imagine chanter à Dieu ses malheurs, avec confiance néanmoins, puisqu’il a été sacré déjà par Samuel. Je l’imagine dans la grotte même où il découpera le manteau de Saül pour ne point tuer l’oint du Seigneur, et les parois de la caverne renvoient l’écho de ses plaintes pleines de foi comme les voûtes des églises. David était un excellent musicien : lui seul parvenait à calmer l’esprit du roi agité par un esprit malin ; à plus forte raison devait-il toucher le cœur de Dieu qui le voyait lui, l’innocent, pourchassé par Saül comme plus tard Son Fils serait pourchassé par un mauvais roi qui craignait qu’on le dépossédât de son trône, et qui serait ensuite livré injustement par Son propre peuple à la justice des Gentils. David ici préfigure clairement le Christ dans la bouche de qui tous les commentateurs mettent les paroles du psaume 427.

Ainsi, même si ces paroles n’ont pas été prononcées véritablement par David, ce n’est pas sans piété qu’on pense à lui en lisant ce psaume et ces pensées, loin de nous éloigner de la messe, ne font que nous en rapprocher.

1Abbé Lebrun, Explication littérale historique et dogmatique des prières et des cérémonies de la Messe, suivant les anciens auteurs et les monumens de toutes les Églises du monde chrétien, Perisse, 1860, p.99. Première édition : 1716.
Je recommande chaudement la lecture de cet ouvrage qui est fastidieuse si on cherche à le lire d’une traite, et fort intéressante si on n’en lit qu’un petit morceau par jour. Ce genre de lecture est d’ailleurs facilitée par la division du livre en nombreuses parties dont certaines ne font que quelques lignes.
On pourra le consulter en ligne ici : http://jesusmarie.free.fr/pierre_lebrun_liturgie_tome_1.pdf

2Qui en plus déforme les traits du visage d’après Alcibiade, chez Plutarque, mais c’est un autre problème.

3Paul Verlaine, « Art poétique », in Jadis et Naguère.

4À commencer, bien évidemment, par Liturgies intimes.

5Ibid p. 100.

6Dom Guéranger pense le contraire : Explications des prières de la sainte messe, dans la partie « Psaume Judica » : « Le verset qui sert d’Antienne, nous prouve que David était encore jeune lorsqu’il composa ce chant à la gloire du Seigneur ». Je ne dispose pas de la version papier de cet ouvrage, malheureusement et ne puis que vous renvoyer vers la page où j’ai pu le consulter : https://www.domgueranger.net/explication-des-prieres-de-la-sainte-messe/.

7Voir par exemple l’abbé Olier, Explications des cérémonies de la Grand’messe de paroisse selon l’usage romain, Poussielgue-Rusand, 1858, p. 140 et suivantes.
On pourra le trouver ici : https://play.google.com/store/books/details?id=Nvq-gW1R9XoC&rdid=book-Nvq-gW1R9XoC&rdot=1

Le Christ en Croix

Sexagésime – Introït


Ant. ad Introitum. Ps. 43, 23-26.
Exsúrge, quare obdórmis, Dómine ? exsúrge, et ne repéllas in finem : quare fáciem tuam avértis, oblivísceris tribulatiónem nostram ? Adhǽsit in terra venter noster : exsúrge, Dómine, ádiuva nos, et líbera nos.
Ps. ibid., 2.
Deus, áuribus nostris audívimus : patres nostri annuntiavérunt nobis.
V/.Glória Patri.

Le Christ en croix
Le Christ en croix

Levez-Vous, ô Seigneur : pourquoi dormir encore ?
Abandonnerez-Vous à jamais au dehors
Tous ceux qui Vous supplient ?

Pourquoi détournez-Vous Vos regards salutaires
Quand nous voici inanimés dans la poussière
Et presque ensevelis ?

Hélas, oublierez-Vous nos nombreuses douleurs ?
Que de Votre Salut invincible, ô Seigneur,
L’univers soit rempli.

De Vos hauts faits, nos oreilles sont pleines ;
Nous avons su ce qu’a fait Votre main
Par nos aïeux : l’œuvre la plus ancienne,
Mais celle aussi que Vous ferez demain.

 

Saint Valentin devant la Vierge - David Teniers III

Saint Valentin – Offertoire


Ant. ad Offertorium. Ps. 8, 6-7.
Glória et honóre coronásti eum : et constituísti eum super ópera mánuum tuárum, Dómine.

Saint Valentin devant la Vierge - David Teniers III
Saint Valentin devant la Vierge – David Teniers III

Ô jour de gloire, ô jour de fête !
Vous avez posé sur sa tête,
Sur la tête de Votre saint,
Le plus fin, le plus beau diadème,
D’or et d’argent niellés de gemmes
Qui représentent Vos desseins.

Ô Roy, Vous avez en personne
Ceint son front pur d’une couronne,
Et Vous l’avez fait souverain,
Vous l’avez vêtu de puissance
Sur tout ce qui a pris naissance
De Vos toutes-puissantes mains.