La Main de Dieu - Fresque du douzième siècle

Quatrième dimanche après Pâques – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/. Ps. 117, 16. Déxtera Dómini fecit virtútem : déxtera Dómini exaltávit me.
Allelúia. V/. Rom. 6, 9. Christus resúrgens ex mórtuis iam non móritur : mors illi ultra non dominábitur. Allelúia.

La Main de Dieu - Fresque du douzième siècle
La Main de Dieu – Fresque du douzième siècle

La droite du Seigneur a montré Sa puissance,
Ô douce joie !
Et la main du Seigneur des prodiges immenses :
Louons le Roy.

Il a tiré mon cœur des profondeurs du lac,
Sublime exploit !
Il a sauvé ma vie dans plus de mille attaques :
Ah, réjouis-toi !

L’Oint revenu des morts ne pourra plus mourir,
Mais sous Sa loi
Le trépas dépouillé de son funeste empire
Désormais ploie.

 

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Saint Padre Pio priant au bas de l'autel

Dix petits grains de messe – 1 – Confitebor tibi in cithara…


Saint Padre Pio priant au bas de l'autel
Saint Padre Pio priant au bas de l’autel

1 – Confitebor tibi in cithara

Les prières au bas de l’autel ont toujours été de mes prières favorites. Lorsque les rubriques le demandent, il arrive qu’elles soient supprimées (c’est le cas lors de la messe de Minuit à Pâques) et leur absence se fait toujours ressentir. Cela dit, il n’y a guère que pendant les messes basses qu’on peut vraiment les dire et se recueillir en elles, et plus encore lorsqu’on a le privilège de servir.

Pourquoi me plaisent-elles, je ne le sais pas exactement. Peut-être parce que c’est la seule partie de la messe qui rappelle les offices avec leurs litanies de psaumes embrassés par les antiennes. Toujours est-il que, chaque fois que j’entre dans une église, je les récite intérieurement en allant du baptistère au tabernacle, accomplissant ainsi ce que dit l’antienne et ce qu’on faisait jadis au témoignage de Saint Ambroise1.

Il y aurait beaucoup à dire sur ces prières et j’ai hésité longuement ; que choisir ? l’antienne ? La doxologie ? Le remarquable « adjutorium nostrum… », dont le sens m’échappa longtemps ? Le Confiteor ? Les oraisons lors de la montée des marches ?

Il m’a semblé toutefois que je ne pouvais négliger cette petite phrase que j’ai mise en guise de titre et qui peut se traduire ainsi :

« Je Vous louerai, ô Sire,
De ma voix et ma lyre. »

On me dira peut-être que j’extrapole un peu en disant « de ma voix », mais il ne faut pas oublier que la lyre est le seul instrument permettant d’accompagner la voix contrairement à la flûte2. C’est l’instrument de l’aède qui chante l’Odyssée comme du chanteur de rock à l’heure actuelle (les chanteurs et les chansons sont comme les rois : les peuples les méritent).

Pourquoi donc avoir choisi ce passage ? « De la musique avant toute chose »3, disait Verlaine qui, lui aussi, écrivit des poèmes directement inspirés de la liturgie4. N’est-ce pas, pour un versificateur, même de second ordre, un élément capital ? Longtemps, d’ailleurs, je ne suis allé à la messe que pour la beauté des cérémonies et tout particulièrement de la musique.

Orgue
Orgue

La musique ! N’est-ce pas un des composants les plus frappants d’une messe ? Imaginez un béotien infidèle qui rentrerait pour la première fois dans une église lors de la célébration : ses yeux ne verraient nul sacrifice, qui est pourtant l’essentiel, mais ses oreilles percevraient aussitôt qu’on chante et qu’on joue de l’orgue – et à qui ? même les incroyants savent que c’est à Dieu qu’on adresse ces chants.

Il me semble que ce verset a une valeur de programme : il annonce une grande partie de ce que sera la messe : au moment même où le prêtre prononce ces paroles, lors de la grand-messe, le chœur est en train de chanter l’Introït, puis il chantera le Kyrie, le Gloria, le Graduel, etc. Tout au long de la cérémonie, selon l’ordre, il chantera, plus ou moins accompagné de l’orgue qui remplace ici la lyre dont parle le psalmiste.

Ce chant du chœur est devenu pour moi particulièrement important depuis que j’ai été invité à y participer, il y a quelques mois. Désormais, ma voix hésitante et peu assurée résonne de concert lors du chant des principales pièces grégoriennes et de quelques polyphonies.

Ce chant, je le poursuis bien après la sortie de l’église : n’est-ce pas en effet l’objet de ce blogue que de faire entendre les différentes pièces de la messe sous une forme poétique ? Certes, il n’est plus de lyre pour accompagner les paroles, mais c’est la langue elle-même qui se charge de la musique, et les jeux des rimes remplacent ceux de l’orgue.

Ernst Josephson - David et Saül
Ernst Josephson – David et Saül

Enfin, lorsque je prête un petit peu attention à ce psaume, je ne puis m’empêcher de songer au roi David dont la Vulgate nous dit qu’il l’a composé. Je sais que l’abbé Lebrun, dans son explication de la messe5, dit qu’il ne s’agit probablement pas de David, et je veux bien le croire6. Mais enfin, comment ne pas songer à David pourchassé par Saül ? Je l’imagine chanter à Dieu ses malheurs, avec confiance néanmoins, puisqu’il a été sacré déjà par Samuel. Je l’imagine dans la grotte même où il découpera le manteau de Saül pour ne point tuer l’oint du Seigneur, et les parois de la caverne renvoient l’écho de ses plaintes pleines de foi comme les voûtes des églises. David était un excellent musicien : lui seul parvenait à calmer l’esprit du roi agité par un esprit malin ; à plus forte raison devait-il toucher le cœur de Dieu qui le voyait lui, l’innocent, pourchassé par Saül comme plus tard Son Fils serait pourchassé par un mauvais roi qui craignait qu’on le dépossédât de son trône, et qui serait ensuite livré injustement par Son propre peuple à la justice des Gentils. David ici préfigure clairement le Christ dans la bouche de qui tous les commentateurs mettent les paroles du psaume 427.

Ainsi, même si ces paroles n’ont pas été prononcées véritablement par David, ce n’est pas sans piété qu’on pense à lui en lisant ce psaume et ces pensées, loin de nous éloigner de la messe, ne font que nous en rapprocher.

1Abbé Lebrun, Explication littérale historique et dogmatique des prières et des cérémonies de la Messe, suivant les anciens auteurs et les monumens de toutes les Églises du monde chrétien, Perisse, 1860, p.99. Première édition : 1716.
Je recommande chaudement la lecture de cet ouvrage qui est fastidieuse si on cherche à le lire d’une traite, et fort intéressante si on n’en lit qu’un petit morceau par jour. Ce genre de lecture est d’ailleurs facilitée par la division du livre en nombreuses parties dont certaines ne font que quelques lignes.
On pourra le consulter en ligne ici : http://jesusmarie.free.fr/pierre_lebrun_liturgie_tome_1.pdf

2Qui en plus déforme les traits du visage d’après Alcibiade, chez Plutarque, mais c’est un autre problème.

3Paul Verlaine, « Art poétique », in Jadis et Naguère.

4À commencer, bien évidemment, par Liturgies intimes.

5Ibid p. 100.

6Dom Guéranger pense le contraire : Explications des prières de la sainte messe, dans la partie « Psaume Judica » : « Le verset qui sert d’Antienne, nous prouve que David était encore jeune lorsqu’il composa ce chant à la gloire du Seigneur ». Je ne dispose pas de la version papier de cet ouvrage, malheureusement et ne puis que vous renvoyer vers la page où j’ai pu le consulter : https://www.domgueranger.net/explication-des-prieres-de-la-sainte-messe/.

7Voir par exemple l’abbé Olier, Explications des cérémonies de la Grand’messe de paroisse selon l’usage romain, Poussielgue-Rusand, 1858, p. 140 et suivantes.
On pourra le trouver ici : https://play.google.com/store/books/details?id=Nvq-gW1R9XoC&rdid=book-Nvq-gW1R9XoC&rdot=1

Le Christ en Croix

Sexagésime – Introït


Ant. ad Introitum. Ps. 43, 23-26.
Exsúrge, quare obdórmis, Dómine ? exsúrge, et ne repéllas in finem : quare fáciem tuam avértis, oblivísceris tribulatiónem nostram ? Adhǽsit in terra venter noster : exsúrge, Dómine, ádiuva nos, et líbera nos.
Ps. ibid., 2.
Deus, áuribus nostris audívimus : patres nostri annuntiavérunt nobis.
V/.Glória Patri.

Le Christ en croix
Le Christ en croix

Levez-Vous, ô Seigneur : pourquoi dormir encore ?
Abandonnerez-Vous à jamais au dehors
Tous ceux qui Vous supplient ?

Pourquoi détournez-Vous Vos regards salutaires
Quand nous voici inanimés dans la poussière
Et presque ensevelis ?

Hélas, oublierez-Vous nos nombreuses douleurs ?
Que de Votre Salut invincible, ô Seigneur,
L’univers soit rempli.

De Vos hauts faits, nos oreilles sont pleines ;
Nous avons su ce qu’a fait Votre main
Par nos aïeux : l’œuvre la plus ancienne,
Mais celle aussi que Vous ferez demain.

 

Saint Valentin devant la Vierge - David Teniers III

Saint Valentin – Offertoire


Ant. ad Offertorium. Ps. 8, 6-7.
Glória et honóre coronásti eum : et constituísti eum super ópera mánuum tuárum, Dómine.

Saint Valentin devant la Vierge - David Teniers III
Saint Valentin devant la Vierge – David Teniers III

Ô jour de gloire, ô jour de fête !
Vous avez posé sur sa tête,
Sur la tête de Votre saint,
Le plus fin, le plus beau diadème,
D’or et d’argent niellés de gemmes
Qui représentent Vos desseins.

Ô Roy, Vous avez en personne
Ceint son front pur d’une couronne,
Et Vous l’avez fait souverain,
Vous l’avez vêtu de puissance
Sur tout ce qui a pris naissance
De Vos toutes-puissantes mains.

 

Saint Tite

Saint Tite – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/. Ps. 109, 4. Tu es sacérdos in ætérnum, secúndum órdinem Melchísedech. Allelúia.

Saint Tite
Saint Tite

Vous êtes prêtre, ô saint évêque,
De l’ordre de Melchisédech :
Le pain, le vin que vous offrez,
Sont du Seigneur le Corps sacré.

 

Saint Jean Chrysostome

Saint Jean Chrysostome – Offertoire (Extrait)


Ant. ad Offertorium. Ps. 91, 13.
[…] sicut cedrus, quæ in Líbano est multiplicábitur.

 

Saint Jean Chrysostome
Saint Jean Chrysostome

Le juste, qui n’a point d’enfant selon la chair,
A plus de mille enfants, qu’il n’a point sur la terre,
Mais qu’il a conduits dans les Cieux
Et ramené tout près de Dieu.

Dieu - Viktor Vasnetsov

Dimanche dans l’Octave de Noël – Introït


Ant. ad Introitum. Sap. 18, 14-15.
Dum médium siléntium tenérent ómnia, et nox in suo cursu médium iter háberet, omnípotens Sermo tuus, Dómine, de cælis a regálibus sédibus venit.
Ps. 92, 1.
Dóminus regnávit, decórem indútus est : indútus est Dóminus fortitúdinem, et præcínxit se.
V/.Glória Patri.

Dieu - Viktor Vasnetsov
Dieu – Viktor Vasnetsov

Au milieu de la nuit, dans un calme silence,
Votre Verbe, vêtu de la Toute-Puissance,
Du trône sans égal où Vous siégez, mon Dieu,
Dans la plus haute salle au grand palais des Cieux,
S’élance.

Le Seigneur s’est vêtu de gloire et de beauté,
Il règne dans Sa force et dans Sa majesté ;
Enfants, Son éclatante et scintillante armure
Et Son épée tranchante à la lame d’or pur
Chantez !

 

Le Saint Nom de Jésus

Quatrième dimanche de l’Avent – Graduel


Graduale. Ps. 144, 18 et 21.
Prope est Dóminus ómnibus invocántibus eum : ómnibus, qui ínvocant eum in veritáte.
V/. Laudem Dómini loquétur os meum : et benedícat omnis caro nomen sanctum eius.

Le Saint Nom de Jésus
Le Saint Nom de Jésus

Le Seigneur est tout près de tous ceux qui L’appellent,
Qui L’appellent en vérité.
Ma bouche, loue ton Dieu, loue le Seigneur du Ciel,
Et que, plein de docilité,
Toute chair loue Son nom, Son nom saint et fidèle.

 

Coeur Immaculé de Marie - CC Diana Ringo

Immaculée Conception – Introït


Ant. ad Introitum. Is. 61, 10.
Gaudens gaudébo in Dómino, et exsultábit ánima mea in Deo meo : quia índuit me vestiméntis salútis : et induménto iustítiæ circúmdedit me, quasi sponsam ornátam monílibus suis.
Ps. 29, 2
Exaltábo te, Dómine, quóniam suscepísti me : nec delectásti inimícos meos super me.
V/. Glória Patri.

Coeur Immaculé de Marie - CC Diana Ringo
Cœur Immaculé de Marie – CC Diana Ringo

Mon Seigneur remplira mon cœur
Du plus insondable bonheur ;
Toute mon âme exultera
Dans la tendresse de Ses bras.
Il a fait briller sur mon corps
Des ornements d’argent et d’or.
Il a jeté Son dévolu
Sur moi, m’a vêtue du Salut,
M’a revêtue de Sa justice,
Et me fera l’honneur d’un Fils.

Ô Seigneur qui m’avez
De terre relevé,
Je chanterai Votre puissance !
Seigneur, qui avez mis
Au sol mon ennemi,
Je louerai Votre bienveillance !

 

L'Agneau de Dieu

Premier Dimanche de l’Avent – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/. Ps. 84, 8. Osténde nobis, Dómine, misericórdiam tuam : et salutáre tuum da nobis. Allelúia.

L'Agneau de Dieu
L’Agneau de Dieu

Aux hommes dans l’obscurité,
Seigneur, montrez Votre bonté !
À nos âmes dans le malheur,
Faites-nous voir Votre Sauveur.

 

Dieu - Viktor Vasnetsov

Dernier dimanche après la Pentecôte – Graduel


Graduale. Ps. 43, 8-9.
Liberásti nos, Dómine, ex affligéntibus nos : et eos, qui nos odérunt, confudísti.
V/. In Deo laudábimur tota die, et in nómine tuo confitébimur in sǽcula.

Dieu - Viktor Vasnetsov
Dieu – Viktor Vasnetsov

Vous avez libéré, Seigneur,
Nos mains de nos persécuteurs,
Et Vous avez fait le procès
De tous ceux qui nous haïssaient.

Dieu, c’est en Vous, de l’aube au soir
Que nous serons remplis de gloire !
Nous louerons Votre sainteté
Durant toute l’éternité.

 

Sacré-Cœur de Jésus - CC The Photographer

Cinquième dimanche restant après l’Épiphanie – Introït


Ant. ad Introitum. Ier. 29,11,12 et 14.Dicit Dóminus : Ego cógito cogitatiónes pacis, et non afflictiónis : in vocábitis me, et ego exáudiam vos : et redúcam captivitátem vestram de cunctis locis.
Ps. 84, 2.
Benedixísti, Dómine, terram tuam : avertísti captivitátem Iacob.
V/.Glória Patri.

Sacré-Cœur de Jésus - CC The Photographer
Sacré-Cœur de Jésus – CC The Photographer

J’ai des pensées, dit le Seigneur,
Pleines de paix, non de malheur,
Car Je vous aime ; invoquez-Moi,
Et comme en écho à vos voix,
On entendra briser vos chaînes
Et les prisons qui vous retiennent.

Vous avez béni, Seigneur Dieu,
La terre si chère à Vos yeux ;
Vous avez repris Israël
À ses ravisseurs criminels.

 

Christ Pantocrator - Dôme du Saint-Sépulcre - CC bachmont

Christ-Roy – Graduel


Graduale. Ps. 71, 8 et 11.
Dominábitur a mari usque ad mare, et a flúmine usque ad términos orbis terrárum.
V/. Et adorábunt eum omnes reges terræ : omnes gentes sérvient ei.

Christ Pantocrator - Dôme du Saint-Sépulcre - CC bachmont
Christ Pantocrator – Dôme du Saint-Sépulcre – CC bachmont

Son pouvoir s’étendra du ponant au levant,
Sur tout grain de poussière et tout être vivant.
Tous les rois jetteront leur tête sur le sol,
Tout peuple obéira à Ses justes paroles.