Le sphinx de Gizeh

Le sable et le sphinx – Fable #5


Le sphinx de Gizeh
Le sphinx de Gizeh

En préambule de ce poème, dont l’objet et le ton divergent de ceux qui sont habituellement publiés ici, je me contenterai d’écrire que l’humanisme est haïssable.

Un célèbre écrivain qui parcourait le monde
Et trouvait dans chaque homme une source féconde,
Se rendit en Égypte afin d’y voir Gizeh
Dont l’antique grandeur sans raison le grisait.
Il aperçoit un peintre au pied des pyramides,
Un homme au front chenu, tout sillonné de rides,
Lui parle incontinent de ses plus grands romans,
Lui dit qu’il connait tout de l’humain, et comment
Il a tout pénétré des mystères de l’homme,
De l’amour, de la femme, et qu’il n’est rien, en somme,
Qui puisse lui rester humain et étranger,
– Et vous, que faites-vous ?, lui dit-il pour changer.
– Je peins, lui répond-il, jetez donc un coup d’œil.
– Eh bien… Je n’entre pas, je reste sur le seuil…
Que représentez-vous ? – Je peins ce que je vois.
– Le sphinx ? – Non, ça. – Comment ? Ah, j’en reste sans voix,
Comment voulez-vous faire une œuvre impérissable ?
Il faut peindre le sphinx et non les grains de sable !
– Tout doux mon bon ami, vous ne faites pas mieux :
Vous écrivez sur l’homme et vous négligez Dieu.

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