Saint Anselme - George Glover

Saint Anselme – Collecte


Oratio C
Deus, qui pópulo tuo ætérnæ salútis beátum Ansélmum minístrum tribuísti : præsta, quǽsumus ; ut, quem Doctórem vitæ habúimus in terris, intercessórem habére mereámur in cælis. Per Dóminum.

Saint Anselme - George Glover
Saint Anselme – George Glover

Douce Nuée qui conduisez nos pas,
Qui nous guidez et ne nous laissez pas,
Souffrez, souffrez de nos pauvres mains jointes
Toutes tendues l’approche et les atteintes.

Pour nous conduire au verger délicieux,
Par les dangers d’un chemin périlleux,
Vous avez pris Anselme dont la chaire
Enseigne encor Votre science à la chair.

Douce Nuée, ô Roy, consentez-lui
La permission de recueillir les fruits,
Les fruits nombreux, si juteux et si lourds,
Et d’en porter à nos pauvres séjours.

 

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Chant de l'Évangile des Rameaux - Saint Eugène-Sainte Cécile (© Schola Sainte-Cécile)

Dix petits grains de messe – 3 – Per evangelica dicta


Chant de l'Évangile des Rameaux - Saint Eugène-Sainte Cécile (© Schola Sainte-Cécile)
Chant de l’Évangile des Rameaux – Saint Eugène-Sainte Cécile (© Schola Sainte-Cécile)

3 – Per evangelica dicta

Si j’avais l’esprit et les lèvres pures comme celles d’Isaïe, je parlerais sans crainte aux petits Manassé que je connais ; mais ce n’est pas le cas : aussi répété-je toujours après l’Évangile cette remarquable petite prière, si remarquablement rythmée que je la présenterai en vers :

« Per evangelica dicta,
deleantur nostra delicta. »

C’est ce que le prêtre, ou le diacre, dit juste après avoir proclamé l’Évangile :

« Que l’Évangile et sa lecture
Nous purifient de nos souillures. »

C’est le caractère proprement poétique de cette formule, peut-être d’origine médiévale1, qui m’a conduit à la choisir. Bien que la disposition typographique de la phrase n’invite nullement à cette conclusion, il ne fait pas de doute qu’il s’agit d’un distique : on n’y trouve pas seulement une espèce de rime, mais aussi deux véritables octosyllabes :

Per-e-van-ge-li-ca-dic-ta
de-lean-tur-nos-tra-de-lic-ta.

On me reprochera peut-être les considérations qui vont suivre, un peu pédantes, sans doute ; on me dira que le lecteur n’en a cure, et que la poésie, car c’est de cela qu’il va être question, doit être sentie, non analysée et décortiquée. Hélas, comme je voudrais qu’il en soit ainsi ; malheureusement, l’honnête homme de notre temps n’a guère de sensibilité poétique, car de maudits amphigouristes ont accaparé la poésie, l’ont travestie, l’ont confisquée et en ont fait quelque chose d’étranger à n’importe quel lecteur, même de bonne volonté, qui préfère ne pas y toucher2. Ces deux paragraphes sont ici pour faire comprendre au lecteur ce qu’il ne peut plus sentir instinctivement.

Un lecteur savant et tatillon me reprochera peut-être d’avoir triché à la deuxième syllabe du deuxième vers mais, de même qu’on omet le e muet en français lorsqu’il se trouve devant une voyelle, on l’omet aussi en poésie latine liturgique, témoin le quatorzième vers du Veni Creator : « Infunde amorem cordibus », où le premier mot ne doit pas être prononcé en entier, mais lié au mot suivant : infundamorem. La poésie liturgique latine regorge d’autres exemples de ce genre, qui sont loin d’être isolés.

Un lecteur un tant soit peu habitué à la poésie ne peut pas rester insensible à l’admirable disposition des dentales, successivement sonores et sourdes : d-t-d-t-n-t-d-t, ou, pour être peut-être plus clair : dicta deleantur nostra delicta. Notez également la présence de la nasale, ‘n’, en plein milieu de cette succession, qui vient adoucir ce rythme qui pourrait être trop martelé si on avait eu encore un autre ‘d’. Notez également que deleantur et delicta se ressemblent énormément : même nombre de syllabes, même disposition des consonnes, notamment des dentales. Notez cette homophonie quasi complète entre dicta et delicta ; on dirait que l’auteur a voulu insister sur le fait que nos fautes (delicta) étaient vraiment supprimées (deleantur) par les paroles (dicta) de l’Évangile. Ces trois mots ont ensemble un lien très fort, très marqué, et cette parfaite adéquation de la forme et du fond témoigne d’un talent remarquable.

Saint moine
Saint moine

Qui sait, d’ailleurs, qui est l’auteur de cette formule ? Peut-être était-ce un humble moine dont nul n’a retenu le nom, et qui ne cherchait pas à ce qu’il fût connu, mais qui n’était soucieux que de la gloire de Dieu et qui, à notre humble degré, y est parfaitement arrivé. Peut-être aussi est-ce l’œuvre d’un premier clerc, qui a écrit quelque chose qui n’était pas mauvais, mais qu’un second est parvenu à améliorer, et, sait-on jamais, a été encore perfectionné par un troisième.

Loin s’en faut, d’ailleurs, que cette formule soit isolée. On en retrouve de très similaires à l’office de Matines, utilisées comme bénédictions après certaines lectures.

« Evangelica lectio
Sit nobis salus et protectio »

« Que l’Évangile et sa proclamation
Soit pour nous tous salut et protection. »

Ma traduction en décasyllabes ne rend pas justice au déséquilibre de la formule qui est en 7/9. Si j’étais un peu audacieux, je corrigerais volontiers cette formule pour en faire deux octosyllabes :

« Sit evangelica lectio
Nobis salus et protectio. »

En voici une autre, un peu plus éloignée, mais dans une forme semblable et dans le même esprit :

« A conctis vitiis et peccatis
Absolvat nos virtus Sanctae Trinitatis ».

« Que la puissante et Sainte Trinité
Lave en nos cœurs nos fautes répétées. »

Là encore, je n’ai pas respecté le déséquilibre dans la traduction.

On sent bien, néanmoins, que ces formules, toutes nobles et admirables qu’elles soient, le sont bien moins que celle qui a été choisie à la messe : pour l’office le plus saint, il est juste que ne soient choisies que les formules les plus parfaites.

C’est cette petite formule, que je répète systématiquement après chaque lecture de l’Évangile, du moins quand mes enfants ne m’empêchent pas d’être attentifs, qui m’a fait comprendre que l’Évangile était en mesure d’effacer nos péchés, du moins nos péchés véniels :

« Ces paroles peuvent effacer les péchés, parce qu’elles ont une force et une vertu particulière pour exciter le repentir de nos péchés, et l’amour de Dieu qui les efface.3 »

Pour le dire avec un vocabulaire plus théologique :

« L’Évangile a valeur de sacramental pour effacer les fautes vénielles.4 »

Saint Jean - Évangéliaire de Lorsch
Saint Jean – Évangéliaire de Lorsch

En fin de compte, il est presque regrettable que le prêtre ne prononce pas à voix haute cette formule : peut-être serait-on plus attentif en écoutant l’Évangile. Mais pour les lecteurs modernes, nous n’avons nul besoin de cette proclamation à voix haute, nous qui disposons de missels où nous trouvons non seulement le texte de la messe, mais aussi sa traduction.

On me dira peut-être : « Mais si l’Évangile est chanté en latin, quelle est la valeur de cette formule puisque nous n’y comprenons rien ? » La belle affaire ! D’abord, il faut apprendre un peu de latin : à notre époque, c’est loin d’être difficile ; deuxièmement, nous disposons de la traduction dans notre missel (demandez à votre voisin de banc si vous n’en avez pas) ; troisièmement, il importe surtout d’avoir l’esprit de l’Évangile et les dispositions qui l’accompagnent :

« pourvu que nous ayons l’amour de l’Évangile et son esprit, sans beaucoup le connaître, nous sommes admis au ciel, comme le témoigne le Sous-Diacre qui monte les trois marches de l’autel jusqu’à Jésus-Christ, signifié par le Prêtre, sans voir l’Évangile qu’il porte en ses mains.5 »

Que l’Épître et l’Évangile sont beaux lorsqu’ils sont chantés en latin ! Voilà une chose que je regrette de ne pas trouver partout où sont les messes traditionnelles. Et puis quoi, si nous voulons lire et méditer l’Évangile, nous n’avons qu’à le faire chez nous : est-ce que nous n’avons vraiment pas le temps, dans notre civilisation de loisirs ?

1C’est l’avis de Dom Guéranger : « Nous trouvons dans cette formule, que l’on emploie quelquefois comme bénédiction à Matines, une sorte de rime qui dénote une origine moyen âge. » Dom Guéranger, Explications des prières de la sainte messe, partie Évangile.

2À ce sujet, on lira avec intérêt Chaunes et Sylvoisal, Contre la démission des poètes, L’Âge d’homme, tout particulièrement le « Premier entretien – Le projet des Amphigouristes », p. 11.

3Abbé Lebrun, op. cité, p. 211.

4Abbé Barthe, La Messe, une forêt de symboles, Via Romana, p. 103. Sur l’effacement des péchés véniels par l’assistance à la sainte Messe, on pourra consulter le livre du père de Cochem, notamment aux pages 154-157, « §2 – De quelle manière la sainte Messe opère la rémission des péchés véniels ». Sur les effets purificateurs de la lecture de l’Évangile, il écrit ceci : « Le prêtre baise le livre en signe de respect pour la parole de Dieu et pour exprimer qu’elle nous apporte la grâce de la réconciliation. C’est la signification des paroles : « Que nos péchés soient effacés par les paroles du saint Évangile.«  » (p. 291)

5Abbé Olier, op. cité, pp. 290-291.

Antonio Balestra - Isaïe et le séraphin

Dix petits grains de messe – 2 – Munda cor meum


Antonio Balestra - Isaïe et le séraphin
Antonio Balestra – Isaïe et le séraphin

2 – Munda cor meum

« Munda cor meum ac labia mea, omnipotens Deus, qui labia Isaiae Prophetae calculo mundasti ignito. »

« Purifiez, ô Seigneur,
Mes lèvres et mon cœur,
Vous qui jadis avez
D’un charbon embrasé
Rendu la bouche nette
D’Isaïe le prophète. »

Nous passons par-dessus une grande partie de la messe pour nous arrêter juste avant la lecture de l’Évangile. Celui qui s’apprête à lire, soit le diacre, soit le prêtre, s’il est seul, prononce cette magnifique prière inspirée d’une des plus illustres pages de la prophétie d’Isaïe. Au sixième chapitre1, Isaïe voit le Ciel s’ouvrir, le Seigneur siégeant sur Son trône en majesté, et les Séraphins, anges les plus hauts de la hiérarchie céleste, dont le nom pourrait signifier « ceux qui brûlent2 », volent autour du trône en chantant le Sanctus, ou plutôt la première partie du Sanctus. Isaïe, terrifié, s’écrie alors :

« Malheur à moi, qui me suis tu,
Qui vis avec la lèvre impure
Au milieu d’un peuple au cœur dur,
Et qui vois le Seigneur tout de gloire vêtu ! »

C’est un fait bien connu que l’on ne peut voir Dieu sans mourir ; même les païens le savaient, eux qui représentèrent Sémélé périssant de voir le vrai visage de Zeus. La mort semble devoir frapper Isaïe, mais un Séraphin vient avec un charbon ardent qu’il a pris de l’autel et brûle les lèvres du prophète en disant :

« Touchées de ce charbon ardent,
Tes lèvres te sont rendues pures,
Et ton cœur rendu sans souillures,
Ô fils d’Adam. »

Alors Dieu demande qui Il enverra pour parler en Son nom, et Isaïe se propose spontanément, lui qui avait, avant que l’ange vienne, crié malheur. Dieu l’envoie alors annoncer à Israël que son endurcissement lui vaudra un châtiment terrible, ce qui n’est pas sans effrayer Isaïe qui ose demander quand s’arrêteront de tels malheurs.

Il est tout naturel qu’une référence à Isaïe se trouve juste avant la lecture de l’Évangile, lui qui a été plus d’une fois surnommé le cinquième évangéliste. Comme David persécuté était une préfiguration du Christ souffrant la Passion, Isaïe

« était une figure des Apôtres appelés pour être Prophètes […qui] avaient besoin d’être purgés par la divine ardeur du Saint-Esprit, qui leur donnât vigueur et force, et qui purifiât même leurs langues, pour pouvoir prononcer hautement le divin Évangile. C’est pourquoi le Saint-Esprit descendit en forme de langues de feu, pour leur donner l’ardeur au cœur et le feu en la bouche, qui pût échauffer les cœurs des plus refroidis. Ce Séraphin signifie le Saint-Esprit, et le charbon ardent qui purifie les lèvres, signifie les dons du Saint-Esprit, qui fait parler les saints Apôtres, et en fait des Séraphins par l’ardeur qu’il leur donne.3 »

J’ai voulu citer dans son intégralité, ou presque, ce passage de l’abbé Olier parce qu’il exprime beaucoup mieux que je ne ferais, et beaucoup plus sûrement, ce que je ressens, ce que m’évoque, ce à quoi je pense lorsque je lis cette prière de la messe.

Le Saint-Esprit - Le Bernin - CC Dnalor 01
Le Saint-Esprit – Le Bernin – CC Dnalor 01

Je ne me puis m’empêcher de songer, d’une part, à mon propre travail poétique. La muse qu’invoquent les poètes, n’est-elle pas plutôt un de ces anges que Dieu envoie, et Apollon, souvent associé au soleil, n’est-il pas Jésus-Christ Lui-même ? Si l’inspiration n’est pas un vain mot, et je ne crois pas que ce soit le cas, car même Valéry, artisan patient et travailleur s’il en est, croyait un peu à l’inspiration4, elle ne peut venir que de Dieu ou du diable ; il faut donc prier pour que ce soit le premier, et non l’autre, qui nous inspire. Notez, par ailleurs, que je ne crois pas qu’il y ait une différence de nature entre l’inspiration du poète et celle de n’importe quel autre homme dans n’importe quelle autre activité ; aussi cette prière sied-elle aussi bien au poète qu’au prince, au charpentier qu’au comptable, au sportif, au jardinier, à l’informaticien, et que sais-je encore, car chacun a besoin de la bénévole influence divine pour agir conformément à Ses vues.

Le supplice d'Isaïe
Le supplice d’Isaïe

D’autre part, et plus spécifiquement, c’est à l’annonce de l’Évangile autour de nous que je songe en lisant cette prière. Isaïe avait pour ordre d’annoncer à Israël d’épouvantables nouvelles5, et quelque douleur que lui causa l’idée de transmettre ces nouvelles aux Israélites plongés dans l’impiété, il ne renâcla point, allant, dit-on, jusqu’à un épouvantable martyre6 ; quant à moi, qui dois annoncer une bonne nouvelle aux incroyants, osé-je le faire ? Je reste trop souvent comme le prophète Jérémie, avant de recevoir la grâce de Dieu, à bégayer : « Ah, ah, ah !7 ». Comme j’aimerais qu’un Séraphin vienne brûler mes lèvres lorsque j’entends une de mes connaissances blasphémer ou dire du mal du christianisme (et j’en connais un certain nombre) ; si seulement j’avais la présence d’esprit de parler avec sagesse et fermeté ! Si seulement je pouvais ne pas trembler, par respect humain, comme Isaïe devant le roi Manassé8, pourtant profondément enfoncé dans toutes sortes d’impiétés ; et ce ne fut pas en vain qu’Isaïe prophétisa devant ce roi, car celui-ci se repentit9.

« Domine, labia mea aperies : et os meum annuntiabit laudem tuam.10 »

« Que ma bouche, ô Seigneur, s’ouvre au toucher de l’ange,
Et que partout ma voix proclame Vos louanges. »

Je pourrais dire alors avec le pauvre Lélian :

« Moi qui ne suis qu’un brin d’hysope dans la main
Du Seigneur tout-puissant qui m’octroya la grâce,
Je puis, si mon dessein est pur devant Sa face,
Purifier autrui passant sur mon chemin.11 »

1On le trouve notamment au premier nocturne des Matines de la fête de la Sainte Trinité.

2« Au témoignage des hébraïsants, le mot de séraphins signifie lumière et chaleur » Saint (ou pseudo) Denys l’Aréopagite, « De la hiérarchie céleste », VII, 1, in Œuvres de Saint Denys l’Aréopagite, Maison de la Bonne Presse, 1845, p. 27

3Abbé Olier, Explications des cérémonies de la Grand’messe de paroisse selon l’usage romain, Poussielgue-Rusand, 1858, p. 278-279.

4« Les dieux, gracieusement, nous donnent pour rien tel premier vers », Valéry, Variété (1924), « Au Sujet d’Adonis » (1921), p. 482, éd. Pléiade, t. I.

5Mais ces mauvaises nouvelles auraient pu devenir bonnes si Israël s’était repenti : « Dicente me ad impium : Morte morieris ut avertatur a via sua impia et vivat » « Je dis à l’impie : Tu mourras, afin qu’il se détourne de sa voix impie et qu’il vive » (Ezechiel, III, 18) ; l’exemple de Ninive le montre assez. A contrario, l’Évangile devient une mauvaise nouvelle pour ceux qui le refusent, car c’est pour eux une occasion de chute, ainsi que l’écrit très justement Corneille dans sa traduction de l’Imitation de Jésus-Christ :
« Toi qui par l’amour-propre à toi-même attaché,
l’écoutes et la lis sans en être touché,
faute de cet esprit tu n’y trouves qu’épines » (Livre I, vers 15-17).

6Le trépas d’Isaïe n’est pas raconté dans la Bible, mais dans un apocryphe plus ou moins hérétique appelé L’Ascension d’Isaïe dont je ne connais qu’une version en ligne et en anglais qu’on trouvera ici : http://www.earlychristianwritings.com/text/ascension.html
La mort d’Isaïe se trouve au chapitre V, verset 11 : « Et ils saisirent et scièrent pour le couper en deux Isaïe, fils d’Amos, avec une scie en bois. » (Ma traduction depuis le texte anglais). Quoiqu’il en soit de la réalité de ce martyre, une telle mort correspond bien à ce que nous savons du prophète avec certitude.

7Jérémie, I, 6. « Je répondis : Ah, ah, ah, Seigneur Dieu, je ne sais point parler, car je suis un enfant. » (traduction de l’abbé Fillion).

8Ce roi de Juda ne doit pas être confondu avec Manassé, fils de Joseph, qui a fondé une des tribus (ou une demi-tribu) d’Israël.

92 Paralipomènes (2 Chroniques), 33, 13. « et cognovit Manasses quod Dominus ipse esset Deus. », « et Manassé reconnut que le Seigneur était le seul Dieu. »

10Formule répétée trois fois au début des Matines.

11Paul Verlaine, « Asperges me », in Liturgies intimes.

Saint Padre Pio priant au bas de l'autel

Dix petits grains de messe – 1 – Confitebor tibi in cithara…


Saint Padre Pio priant au bas de l'autel
Saint Padre Pio priant au bas de l’autel

1 – Confitebor tibi in cithara

Les prières au bas de l’autel ont toujours été de mes prières favorites. Lorsque les rubriques le demandent, il arrive qu’elles soient supprimées (c’est le cas lors de la messe de Minuit à Pâques) et leur absence se fait toujours ressentir. Cela dit, il n’y a guère que pendant les messes basses qu’on peut vraiment les dire et se recueillir en elles, et plus encore lorsqu’on a le privilège de servir.

Pourquoi me plaisent-elles, je ne le sais pas exactement. Peut-être parce que c’est la seule partie de la messe qui rappelle les offices avec leurs litanies de psaumes embrassés par les antiennes. Toujours est-il que, chaque fois que j’entre dans une église, je les récite intérieurement en allant du baptistère au tabernacle, accomplissant ainsi ce que dit l’antienne et ce qu’on faisait jadis au témoignage de Saint Ambroise1.

Il y aurait beaucoup à dire sur ces prières et j’ai hésité longuement ; que choisir ? l’antienne ? La doxologie ? Le remarquable « adjutorium nostrum… », dont le sens m’échappa longtemps ? Le Confiteor ? Les oraisons lors de la montée des marches ?

Il m’a semblé toutefois que je ne pouvais négliger cette petite phrase que j’ai mise en guise de titre et qui peut se traduire ainsi :

« Je Vous louerai, ô Sire,
De ma voix et ma lyre. »

On me dira peut-être que j’extrapole un peu en disant « de ma voix », mais il ne faut pas oublier que la lyre est le seul instrument permettant d’accompagner la voix contrairement à la flûte2. C’est l’instrument de l’aède qui chante l’Odyssée comme du chanteur de rock à l’heure actuelle (les chanteurs et les chansons sont comme les rois : les peuples les méritent).

Pourquoi donc avoir choisi ce passage ? « De la musique avant toute chose »3, disait Verlaine qui, lui aussi, écrivit des poèmes directement inspirés de la liturgie4. N’est-ce pas, pour un versificateur, même de second ordre, un élément capital ? Longtemps, d’ailleurs, je ne suis allé à la messe que pour la beauté des cérémonies et tout particulièrement de la musique.

Orgue
Orgue

La musique ! N’est-ce pas un des composants les plus frappants d’une messe ? Imaginez un béotien infidèle qui rentrerait pour la première fois dans une église lors de la célébration : ses yeux ne verraient nul sacrifice, qui est pourtant l’essentiel, mais ses oreilles percevraient aussitôt qu’on chante et qu’on joue de l’orgue – et à qui ? même les incroyants savent que c’est à Dieu qu’on adresse ces chants.

Il me semble que ce verset a une valeur de programme : il annonce une grande partie de ce que sera la messe : au moment même où le prêtre prononce ces paroles, lors de la grand-messe, le chœur est en train de chanter l’Introït, puis il chantera le Kyrie, le Gloria, le Graduel, etc. Tout au long de la cérémonie, selon l’ordre, il chantera, plus ou moins accompagné de l’orgue qui remplace ici la lyre dont parle le psalmiste.

Ce chant du chœur est devenu pour moi particulièrement important depuis que j’ai été invité à y participer, il y a quelques mois. Désormais, ma voix hésitante et peu assurée résonne de concert lors du chant des principales pièces grégoriennes et de quelques polyphonies.

Ce chant, je le poursuis bien après la sortie de l’église : n’est-ce pas en effet l’objet de ce blogue que de faire entendre les différentes pièces de la messe sous une forme poétique ? Certes, il n’est plus de lyre pour accompagner les paroles, mais c’est la langue elle-même qui se charge de la musique, et les jeux des rimes remplacent ceux de l’orgue.

Ernst Josephson - David et Saül
Ernst Josephson – David et Saül

Enfin, lorsque je prête un petit peu attention à ce psaume, je ne puis m’empêcher de songer au roi David dont la Vulgate nous dit qu’il l’a composé. Je sais que l’abbé Lebrun, dans son explication de la messe5, dit qu’il ne s’agit probablement pas de David, et je veux bien le croire6. Mais enfin, comment ne pas songer à David pourchassé par Saül ? Je l’imagine chanter à Dieu ses malheurs, avec confiance néanmoins, puisqu’il a été sacré déjà par Samuel. Je l’imagine dans la grotte même où il découpera le manteau de Saül pour ne point tuer l’oint du Seigneur, et les parois de la caverne renvoient l’écho de ses plaintes pleines de foi comme les voûtes des églises. David était un excellent musicien : lui seul parvenait à calmer l’esprit du roi agité par un esprit malin ; à plus forte raison devait-il toucher le cœur de Dieu qui le voyait lui, l’innocent, pourchassé par Saül comme plus tard Son Fils serait pourchassé par un mauvais roi qui craignait qu’on le dépossédât de son trône, et qui serait ensuite livré injustement par Son propre peuple à la justice des Gentils. David ici préfigure clairement le Christ dans la bouche de qui tous les commentateurs mettent les paroles du psaume 427.

Ainsi, même si ces paroles n’ont pas été prononcées véritablement par David, ce n’est pas sans piété qu’on pense à lui en lisant ce psaume et ces pensées, loin de nous éloigner de la messe, ne font que nous en rapprocher.

1Abbé Lebrun, Explication littérale historique et dogmatique des prières et des cérémonies de la Messe, suivant les anciens auteurs et les monumens de toutes les Églises du monde chrétien, Perisse, 1860, p.99. Première édition : 1716.
Je recommande chaudement la lecture de cet ouvrage qui est fastidieuse si on cherche à le lire d’une traite, et fort intéressante si on n’en lit qu’un petit morceau par jour. Ce genre de lecture est d’ailleurs facilitée par la division du livre en nombreuses parties dont certaines ne font que quelques lignes.
On pourra le consulter en ligne ici : http://jesusmarie.free.fr/pierre_lebrun_liturgie_tome_1.pdf

2Qui en plus déforme les traits du visage d’après Alcibiade, chez Plutarque, mais c’est un autre problème.

3Paul Verlaine, « Art poétique », in Jadis et Naguère.

4À commencer, bien évidemment, par Liturgies intimes.

5Ibid p. 100.

6Dom Guéranger pense le contraire : Explications des prières de la sainte messe, dans la partie « Psaume Judica » : « Le verset qui sert d’Antienne, nous prouve que David était encore jeune lorsqu’il composa ce chant à la gloire du Seigneur ». Je ne dispose pas de la version papier de cet ouvrage, malheureusement et ne puis que vous renvoyer vers la page où j’ai pu le consulter : https://www.domgueranger.net/explication-des-prieres-de-la-sainte-messe/.

7Voir par exemple l’abbé Olier, Explications des cérémonies de la Grand’messe de paroisse selon l’usage romain, Poussielgue-Rusand, 1858, p. 140 et suivantes.
On pourra le trouver ici : https://play.google.com/store/books/details?id=Nvq-gW1R9XoC&rdid=book-Nvq-gW1R9XoC&rdot=1

Peter Fendi - Assistants à la sainte Messe

Dix petits grains de messe – Préambule


Peter Fendi - Assistants à la sainte Messe
Peter Fendi – Assistants à la sainte Messe

Voilà trois mois maintenant que cette série d’articles aurait dû être publiée ; mais les retards, mais la découverte de nouveaux livres sur le sujet, mais les préoccupations personnelles et professionnelles, mais la dispersion de votre serviteur en une multitude d’activités diverses entre lesquelles il ne sait choisir… Cependant, après plusieurs mois de labeur, voici enfin le travail achevé !

Quel travail ? Un dizainier un peu particulier et très personnel que j’offre au lecteur dans cette série d’articles : chacun d’entre eux reprendra un petit passage de la messe auquel je tiens tout particulièrement ; non les plus importants, ni nécessairement les plus riches, mais ceux qui me plaisent, me touchent et me font réfléchir.

Le lecteur pourra être surpris de cette attitude, avec justesse. La sainte messe, en effet, n’est pas quelque chose dans lequel on peut piocher à sa convenance. Ce n’est pas un poème dont certains vers seraient plus admirables que les autres ; ce n’est pas une symphonie dont certaines phrases resteraient dans l’esprit de l’auditeur plus que d’autres. La messe n’est pas avant tout une œuvre d’art, ce n’est pas une comédie, comme avait osé le dire Musset lorsqu’il était enfant. Il faut prendre la messe entièrement, l’embrasser dans sa totalité comme dans ses détails, l’admirer depuis le premier signe de croix jusqu’au dernier Amen, en passant par chacune des paroles et des gestes, si minimes soient-ils, du célébrant et de ceux qui le servent. Rien de la messe n’est pauvre, faible, médiocre, rien ne doit en être retranché. S’il existe des parties plus importantes, le sommet en étant la Consécration, les autres parties ne sont moindres que par comparaison, car la partie la plus importante en est sublimissime, sans hyperbole, mais les autres demeurent sublimes.

Il faut prendre la messe dans son ensemble, mais si faible est l’entendement humain et si grande la messe qu’il n’est pas possible à l’homme d’en tout saisir. Nombreux sont ceux qui ont commenté la messe, et aucun n’a épuisé le sujet. La messe, après tout, n’est-ce pas Dieu Lui-même ? Mais puisque je ne puis comprendre Dieu, peut-être puis-je en comprendre certains de Ses aspects, selon mon entendement, selon qu’ils entrent en résonance avec ma nature finie et imparfaite, et ainsi saisir quelque chose du tout ; ainsi de la messe.

De ces morceaux que j’ai choisis, peut-être le lecteur ne sera-t-il pas frappé, car ce ne sont pas des parties qui le touchent ; d’autres, peut-être, le toucheront-ils davantage. En revanche, et c’est mon souhait en écrivant cette série, peut-être cherchera-t-il à porter une plus grande attention à tous ces détails dont on a si souvent dit, à tort, qu’ils étaient inutiles ; peut-être le lecteur cherchera-t-il à renouveler son attention, à chercher ce qui le frappe, l’émeut, le remplit d’admiration, l’édifie, le fait réfléchir, prier, aimer davantage son Sauveur qui daigne Se présenter à lui. Alors, il s’attachera à ces branches dont les fruits lui paraissent plus suaves, et il aimera davantage l’arbre qui les porte. Si tel est le cas, mon vœu n’aura pas été vain.

Peut-être me dira-t-on : mais vous êtes un laïc ; est-ce à vous de vous occuper de cela ? Hélas, je ne demande pas mieux que de me taire ! Mais ceux à qui cette tâche est confiée, les prêtres, les évêques, les théologiens, les liturgistes, est-ce qu’ils s’en acquittent honorablement ? La plupart se soucient de la grandeur de la messe comme d’une guigne, ne la connaissent pas et ne la transmettent pas. « Si hi tacuerint, lapides clamabunt. » (Lc. 19, 40)

« Car si ceux-ci sont à se taire
On entendra crier les pierres. »

Qu’on comprenne donc bien qu’il ne s’agit pas ici de l’œuvre d’un clerc, d’un savant, d’un homme qui a reçu autorité pour parler de ces choses, mais d’un amateur, au noble sens du terme, c’est-à-dire celui qui aime. Il arrive d’ailleurs que l’amateur, emporté par l’enthousiasme (et nous devrions tous en avoir pour la messe, ainsi que nous y invite l’étymologie du mot), commette ici ou là quelque bévue, laisse passer quelque incorrection, quelque imprécision, voire quelque faute ; si on en trouve, qu’on m’en fasse le reproche ; ce sera corrigé.

Je fais mien le dernier paragraphe de l’Avertissement qui se trouve en tête de mon édition de l’Explication du Saint Sacrifice de la Messe du Père Martin de Cochem : « Tout ce que contient ce traité est soumis au jugement de la sainte Église catholique, apostolique et romaine, dans le sein de laquelle je désire vivre et mourir. »1

Le Saint-Esprit souffle où Il veut - CC Penitentsblancs
Le Saint-Esprit souffle où Il veut – CC Penitentsblancs

Sommaire

1 – Confitebor tibi in cithara (Prières au bas de l’autel)

2 – Munda cor meum (Évangile)

3 – Per evangelica dicta (Évangile)

4 – Deus, qui humanae substantiae (Offertoire) (prévu le 28 avril)

5 – Dirigatur Domine (Offertoire) (prévu le 5 mai)

6 – Préface de la Sainte Trinité (prévu le 12 mai)

7 – Haec dona (Canon) (prévu le 19 mai)

8 – Supra quae (Canon) (prévu le 26 mai)

9 – Perceptio Corporis (Communion) (prévu le 2 juin)

10 – Dernier Évangile (prévu le 9 juin)

(Un lien sera inclus au fur et à mesure de la publication, semaine après semaine)

Bibliographie indicative

Les liens en fin de référence conduisent à l’édition que j’ai pu consulter et que je cite dans les articles. Les numéros de pages indiqués renvoient donc à ces éditions.

  • Abbé Olier, Explications des cérémonies de la Grand’messe de paroisse selon l’usage romain, Poussielgue-Rusand (lien)
  • Dom Guéranger, Explications des prières de la sainte messe (lien)
  • Martin de Cochem, Explication du Saint Sacrifice de la Messe, Casterman
  • Abbé Lebrun, Explication littérale historique et dogmatique des prières et des cérémonies de la Messe, suivant les anciens auteurs et les monuments de toutes les Églises du monde chrétien, Perisse (lien)
  • Abbé Claude Barthe, La Messe, une forêt de symboles, Via Romana.
  • Durand de Mende, Rationale Divinorum Officiorum. Joseph Dura. (lien)
  • Abbé Floriot, Traité de la Messe de paroisse : où l’on découvre les grands mystères cachés sous le voile des cérémonies de la Messe publique et solennelle : et les instructions admirables que Jésus-Christ nous y donne par l’unité de son sacrifice, Helie Josset (lien)

1Martin de Cochem, Explication du Saint Sacrifice de la Messe, Casterman, 1899, p. X. Je regrette de ne pouvoir davantage citer cet excellent livre, très abordable, y compris par ceux qui ont le moins l’esprit intellectuel ou qui ne connaissent guère la religion : il est seulement nécessaire d’avoir un esprit de piété.

Le Christ en Croix

Sexagésime – Introït


Ant. ad Introitum. Ps. 43, 23-26.
Exsúrge, quare obdórmis, Dómine ? exsúrge, et ne repéllas in finem : quare fáciem tuam avértis, oblivísceris tribulatiónem nostram ? Adhǽsit in terra venter noster : exsúrge, Dómine, ádiuva nos, et líbera nos.
Ps. ibid., 2.
Deus, áuribus nostris audívimus : patres nostri annuntiavérunt nobis.
V/.Glória Patri.

Le Christ en croix
Le Christ en croix

Levez-Vous, ô Seigneur : pourquoi dormir encore ?
Abandonnerez-Vous à jamais au dehors
Tous ceux qui Vous supplient ?

Pourquoi détournez-Vous Vos regards salutaires
Quand nous voici inanimés dans la poussière
Et presque ensevelis ?

Hélas, oublierez-Vous nos nombreuses douleurs ?
Que de Votre Salut invincible, ô Seigneur,
L’univers soit rempli.

De Vos hauts faits, nos oreilles sont pleines ;
Nous avons su ce qu’a fait Votre main
Par nos aïeux : l’œuvre la plus ancienne,
Mais celle aussi que Vous ferez demain.

 

Saint Valentin devant la Vierge - David Teniers III

Saint Valentin – Offertoire


Ant. ad Offertorium. Ps. 8, 6-7.
Glória et honóre coronásti eum : et constituísti eum super ópera mánuum tuárum, Dómine.

Saint Valentin devant la Vierge - David Teniers III
Saint Valentin devant la Vierge – David Teniers III

Ô jour de gloire, ô jour de fête !
Vous avez posé sur sa tête,
Sur la tête de Votre saint,
Le plus fin, le plus beau diadème,
D’or et d’argent niellés de gemmes
Qui représentent Vos desseins.

Ô Roy, Vous avez en personne
Ceint son front pur d’une couronne,
Et Vous l’avez fait souverain,
Vous l’avez vêtu de puissance
Sur tout ce qui a pris naissance
De Vos toutes-puissantes mains.

 

Saint Tite

Saint Tite – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/. Ps. 109, 4. Tu es sacérdos in ætérnum, secúndum órdinem Melchísedech. Allelúia.

Saint Tite
Saint Tite

Vous êtes prêtre, ô saint évêque,
De l’ordre de Melchisédech :
Le pain, le vin que vous offrez,
Sont du Seigneur le Corps sacré.

 

Saint Jean Chrysostome

Saint Jean Chrysostome – Offertoire (Extrait)


Ant. ad Offertorium. Ps. 91, 13.
[…] sicut cedrus, quæ in Líbano est multiplicábitur.

 

Saint Jean Chrysostome
Saint Jean Chrysostome

Le juste, qui n’a point d’enfant selon la chair,
A plus de mille enfants, qu’il n’a point sur la terre,
Mais qu’il a conduits dans les Cieux
Et ramené tout près de Dieu.

Saint Vincent de Saragosse

Saints Vincent et Anastase – Alleluia (Messe Intret)


Allelúia, allelúia. V/. Eccli. 44, 14. Córpora Sanctórum in pace sepúlta sunt, et nómina eórum vivent in generatiónem et generatiónem. Allelúia.

Saint Vincent de Saragosse
Saint Vincent de Saragosse

Les corps des bienheureux reposent dans la paix,
Et leurs noms sanctifiés vivent à tout jamais.

 

La Sainte Famille - CC Père Igor

Sainte Famille – Introït


Ant. ad Introitum. Prov. 23, 24 et 25.
Exsúltat gáudio pater Iusti, gáudeat Pater tuus et Mater tua, et exsúltet quæ génuit te.
Ps. 83, 2-3.
Quam dilécta tabernácula tua, Dómine virtútum ! concupíscit et déficit ánima mea in átria Dómini.
V/.Glória Patri.

La Sainte Famille - CC Père Igor
La Sainte Famille – CC Père Igor

Que le père du Juste ait le cœur plein de joie.
Oh, qu’il est heureux, Votre père,
Qu’elle est heureuse, Votre mère,
Elle qui donna vie au plus puissant des Roys.

Ô Seigneur des Armées, que j’aime Vos demeures !
Moi qui, sur Vos parvis, durant ma vie demeure,
J’attends, dans les soupirs, les plaintes, les langueurs.

 

Dieu - Viktor Vasnetsov

Dimanche dans l’Octave de Noël – Introït


Ant. ad Introitum. Sap. 18, 14-15.
Dum médium siléntium tenérent ómnia, et nox in suo cursu médium iter háberet, omnípotens Sermo tuus, Dómine, de cælis a regálibus sédibus venit.
Ps. 92, 1.
Dóminus regnávit, decórem indútus est : indútus est Dóminus fortitúdinem, et præcínxit se.
V/.Glória Patri.

Dieu - Viktor Vasnetsov
Dieu – Viktor Vasnetsov

Au milieu de la nuit, dans un calme silence,
Votre Verbe, vêtu de la Toute-Puissance,
Du trône sans égal où Vous siégez, mon Dieu,
Dans la plus haute salle au grand palais des Cieux,
S’élance.

Le Seigneur s’est vêtu de gloire et de beauté,
Il règne dans Sa force et dans Sa majesté ;
Enfants, Son éclatante et scintillante armure
Et Son épée tranchante à la lame d’or pur
Chantez !

 

Le Saint Nom de Jésus

Quatrième dimanche de l’Avent – Graduel


Graduale. Ps. 144, 18 et 21.
Prope est Dóminus ómnibus invocántibus eum : ómnibus, qui ínvocant eum in veritáte.
V/. Laudem Dómini loquétur os meum : et benedícat omnis caro nomen sanctum eius.

Le Saint Nom de Jésus
Le Saint Nom de Jésus

Le Seigneur est tout près de tous ceux qui L’appellent,
Qui L’appellent en vérité.
Ma bouche, loue ton Dieu, loue le Seigneur du Ciel,
Et que, plein de docilité,
Toute chair loue Son nom, Son nom saint et fidèle.

 

Coeur Immaculé de Marie - CC Diana Ringo

Immaculée Conception – Introït


Ant. ad Introitum. Is. 61, 10.
Gaudens gaudébo in Dómino, et exsultábit ánima mea in Deo meo : quia índuit me vestiméntis salútis : et induménto iustítiæ circúmdedit me, quasi sponsam ornátam monílibus suis.
Ps. 29, 2
Exaltábo te, Dómine, quóniam suscepísti me : nec delectásti inimícos meos super me.
V/. Glória Patri.

Coeur Immaculé de Marie - CC Diana Ringo
Cœur Immaculé de Marie – CC Diana Ringo

Mon Seigneur remplira mon cœur
Du plus insondable bonheur ;
Toute mon âme exultera
Dans la tendresse de Ses bras.
Il a fait briller sur mon corps
Des ornements d’argent et d’or.
Il a jeté Son dévolu
Sur moi, m’a vêtue du Salut,
M’a revêtue de Sa justice,
Et me fera l’honneur d’un Fils.

Ô Seigneur qui m’avez
De terre relevé,
Je chanterai Votre puissance !
Seigneur, qui avez mis
Au sol mon ennemi,
Je louerai Votre bienveillance !