Jérusalem - Hospices de Reims - CC Garitan

Quatrième Dimanche de Carême – Trait


Tractus. Ps. 124, 1-2.
Qui confídunt in Dómino, sicut mons Sion : non commovébitur in ætérnum, qui hábitat in Ierúsalem.
V/. Montes in circúitu eius : et Dóminus in circúitu pópuli sui, ex hoc nunc et usque in sǽculum.

Jérusalem - Hospices de Reims - CC Garitan
Jérusalem – Hospices de Reims – CC Garitan

L’homme est frêle,
Et devant
Un grand vent
Il chancelle.

Sans combat,
L’adversaire
Met l’à terre
Et l’abat.

Mais l’homme qui met son cœur
Au pouvoir de son Seigneur
Est ferme comme Sion,
Et n’a plus d’appréhension.

Celui que le Seigneur aime
Vit comme en Jérusalem :
Des murs par Dieu raffermis
Le gardent des ennemis.

Des montagnes gratte-ciel
Font comme des citadelles
Tout autour de la cité
Qui du Christ est habitée.

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Saint Jean Chrysostome

Saint Jean Chrysostome – Offertoire (extrait)


Ant. ad Offertorium. Ps. 91, 13.
Iustus ut palma florébit :

Saint Jean Chrysostome
Saint Jean Chrysostome

Justes, jubilez aux Cieux : Jésus entre vous
Passe, plein de majesté, plus beau qu’un soleil.
Jadis, joyeuse inclinée, Sion à genoux
Priait, palme dans la main son Dieu sans pareil.

L'Assomption - Fermo Ghisoni da Caravaggio

Assomption – Épître


Léctio libri Iudith.
Iudith. 13, 22-25 ; 15, 10.
Benedíxit te Dóminus in virtúte sua, quia per te ad níhilum redégit inimícos nostros. Benedícta es tu, fília, a Dómino Deo excelso, præ ómnibus muliéribus super terram. Benedíctus Dóminus, qui creávit cælum et terram, qui te direxit in vúlnera cápitis príncipis inimicórum nostrórum ; quia hódie nomen tuum ita magnificávit, ut non recédat laus tua de ore hóminum, qui mémores fúerint virtútis Dómini in ætérnum, pro quibus non pepercísti ánimæ tuæ propter angústias et tribulatiónem géneris tui, sed subvenísti ruínæ ante conspéctum Dei nostri. Tu glória Ierúsalem, tu lætítia Israël, tu honorificéntia pópuli nostri.

L'Assomption - Fermo Ghisoni da Caravaggio
L’Assomption – Fermo Ghisoni da Caravaggio

Que de bénédictions vous sont venues de Dieu !
Il vous a revêtue de Sa sainte puissance
Et vaincu de vos mains l’ennemi séditieux.
Ô Vierge, le Très-Haut, dans Sa magnificence,
Entre les filles d’Ève habitant ici-bas
A choisi votre chair au milieu de mille autres,
Et mis dans votre main l’épée pour le combat,
Pour tuer l’adversaire et sauver tous les nôtres.
Béni soit le Seigneur qui tira du néant
La terre qui nous porte et les splendeurs du Ciel :
Par Son humble servante Il abat un géant,
Et fait briller son nom d’une gloire éternelle.
Ô Vierge, aussi longtemps que les Cieux dureront,
L’homme, de vos bienfaits gardera souvenance ;
L’un d’eux, pour vous louer, sonnera du clairon,
Pendant qu’un autre chante, et qu’un troisième danse !
Ah, quand vous avez vu dans quels profonds tourments,
Et dans quels grands malheurs, et dans quelle détresse,
Votre race s’était élancée follement,
Vous vous êtes donnée, ô Vierge, avec noblesse.
Ô bonheur d’Israël, ô gloire de Sion,
Honneur de notre peuple et notre mère à tous,
Soyez louée d’avoir sauvé notre nation
De la ruine éternelle, ô mère et forte et douce.

Dès les premiers temps de l’Église, les chrétiens ont cru à l’Assomption de la Sainte Vierge Marie. Comment la sainte mère de Dieu, inviolée du péché, aurait-elle pu connaître le sort des autres hommes ? Aussi croyons-nous, et devons-nous croire au moins depuis 1950, date à laquelle le vénérable Pie XII l’a défini comme un dogme, que la Sainte Vierge Marie est montée au Ciel avec son corps, et non simplement en esprit. En France, nous nous souvenons également que le roy Louis XIII consacra son royaume à la Sainte Vierge et ordonna de fêter cette consécration le 15 août de chaque année.

Dieu en majesté entouré des Tétramorphes

Quatrième Dimanche après Pâques – Introït


Christ en majesté - CC Aristeas
Christ en majesté – CC Aristeas

Ant. ad Introitum. Ps. 97, 1 et 2.
Cantáte Dómino cánticum novum, allelúia : quia mirabília fecit Dóminus, allelúia : ante conspéctum géntium revelávit iustítiam suam, allelúia, allelúia, allelúia.
Ps. ibid, 1.
Salvávit sibi déxtera eius : et bráchium sanctum eius.

Chantez un cantique nouveau,
Chantez et louez le Seigneur !
Il triompha des imposteurs
Qui se prétendaient ses rivaux.

Abandonnez votre sommeil,
Et chantez la gloire de Dieu ;
Chantez, car Il fit à nos yeux
Des prodiges et des merveilles.

De Son trône au faîte de Sion
Il a révélé Sa justice
En immolant Son propre Fils
Devant la face des nations.

Il n’a pas reçu de renforts :
La seule force de Sa main
Lui suffit au surlendemain
Pour faire trépasser la mort.

« Ô grand prophète, sauve-toi ! »
Lui disait-on, affreux blasphème ;
Le Seigneur S’est sauvé Lui-même,
Il a triomphé, Il est Roy.

Vierge à l'Enfant - Basilique Sainte-Sophie de Constantinople - CC Guillaume Piolle

Messe de la sainte Vierge le Samedi (Temps pascal) – Alléluia 1


Vierge à l'Enfant - Basilique Sainte-Sophie de Constantinople - CC Guillaume Piolle
Vierge à l’Enfant – Basilique Sainte-Sophie de Constantinople – CC Guillaume Piolle

Allelúia, allelúia. V/. Num. 17, 8. Virga Iesse flóruit : Virgo Deum et hóminem génuit : pacem Deus réddidit, in se reconcílians ima summis.

La verge de Jessé s’est ornée d’une fleur,
La Vierge a mis au monde un enfant homme et Dieu ;
Elle nous est rendue, la paix du vrai Seigneur !
Ô mon cœur, pour toujours tu resteras joyeux.

Et c’est en cet Enfant que le Bon-Dieu, en Père,
Avec nous a voulu la réconciliation,
Comme entre un petit grain grisonnant de poussière
Et l’invincible mont, le radieux mont Sion.

Saint Anselme - George Glover

Saint Anselme – Postcommunion


Saint Anselme - George Glover
Saint Anselme – George Glover

Postcommunio C 1
Ut nobis, Dómine, tua sacrifícia dent salútem : beátus Ansélmus Póntifex tuus et Doctor egrégius, quǽsumus, precátor accédat. Per Dóminum nostrum.

Que ce sacrifice, ô Seigneur,
Cette admirable immolation,
Fasse gravir un peu nos cœurs
Sur les dévers du mont Sion.

Et vous, saint Anselme, ô docteur
Qui avez fait cette ascension,
Priez Dieu pour nous à toute heure,
Priez-Le dans cette intention.

Vierge à l'Enfant - Basilique Sainte-Sophie de Constantinople - CC Guillaume Piolle

Messe de la sainte Vierge le samedi – Temps pascal – Epître


Vierge à l'Enfant - Basilique Sainte-Sophie de Constantinople - CC Guillaume Piolle
Vierge à l’Enfant – Basilique Sainte-Sophie de Constantinople – CC Guillaume Piolle

Léctio libri Sapiéntiæ.
Eccli. 24, 14-16.
Ab inítio et ante sǽcula creáta sum, et usque ad futúrum sǽculum non désinam, et in habitatióne sancta coram ipso ministrávi. Et sic in Sion firmáta sum, et in civitáte sanctificáta simíliter requiévi, et in Ierúsalem potéstas mea. Et radicávi in pópulo honorificáto, et in parte Dei mei heréditas illíus, et in plenitúdine sanctórum deténtio mea.

Dieu m’avait en esprit même avant que l’aurore
Se lève sur la nuit qui précédait le temps,
Et ne périrai point lorsqu’au dernier instant,
Du monde s’éteindra le dernier rayon d’or.

Aux pieds de mon Seigneur, saison après saison,
J’ai rempli humblement, modeste et diligente,
La tâche qu’Il m’avait confiée dans Sa maison,
Et j’ai pu mériter le titre de servante.

Entourée de remparts au sommet de Sion,
Je pus me reposer comme une cité sainte ;
Pourquoi de l’ennemi craindrais-je l’agression ?
Mon Seigneur m’entoura d’une invincible enceinte.

C’est en Jérusalem, la céleste cité,
La ville de tous ceux que Dieu couvrit de gloire,
Que je mis ma puissance, et que j’ai hérité
Non de richesses mais de Dieu et de Ses hoirs.

C’est Dieu mon héritage : ô bonheur infini
Que ne comprendra point la pauvre science humaine !
C’est Dieu dont je jouirai, et parmi les bénis,
Couronnée par mon Dieu, je siégerai en reine.

Église de la Dormition à Jérusalem - Par Berthold Werner — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5762861

Jeudi de la Passion – Offertoire


Ant. ad Offertorium. Ps. 136, 1.
Super flúmina Babylónis illic sédimus et flévimus : dum recordarémur tui, Sion.

Près des fleuves de Babylone,
Ville impie où sans cesse sonne
La gloire de nos ennemis,

Là nous avons versé des pleurs,
Et dans notre profond malheur
Nous avons sourdement gémi.

Assis sur ces terribles berges,
Et tremblants à la vue des verges,
Loin de toi nous dépérissions ;

Loin de toi nous allions mourir,
Vivant de ton seul souvenir,
Ô Ville éternelle, ô Sion !

Image par Berthold Werner — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5762861

Dédicace de Sainte Marie aux neiges – Epitre


Nativité
Nativité

La messe de ce jour est tirée du commun des Fêtes de la bienheureuse Vierge Marie.

Eccli. 24, 14-16.
Ab inítio et ante sǽcula creáta sum, et usque ad futúrum sǽculum non désinam, et in habitatióne sancta coram ipso ministrávi. Et sic in Sion firmáta sum, et in civitáte sanctificáta simíliter requiévi, et in Ierúsalem potéstas mea. Et radicávi in pópulo honorificáto, et in parte Dei mei heréditas illíus, et in plenitúdine sanctórum deténtio mea.

Le monde n’était pas quand mon Dieu me fit naître,
Et je serai toujours lorsqu’il va disparaître.
J’ai servi mon Seigneur dans la sainte maison,
Et je L’ai bien servi tout au long des saisons.
Mon Seigneur m’honora sur la montagne sainte,
Et j’ai trouvé repos derrière son enceinte.
Quel honneur, quelle gloire, Il daigna m’accorder !
Sur Son peuple je règne et je dois le garder.
Ce peuple recevra mon Dieu pour héritage,
Et le conservera quand périront les âges.
Ne suis-je pas bénie, puisque j’ai pour jamais
Un trône dans le Ciel qui brille à son sommet ?

Saint Dominique - Fra Angelico

Saint Dominique – Introit


Saint Dominique - Fra Angelico
Saint Dominique – Fra Angelico

Ant. ad Introitum. Ps. 36, 30-31.
Os iusti meditábitur sapiéntiam, et lingua eius loquétur iudícium : lex Dei eius in corde ipsíus.
Ps. Ibid., 1.
Noli æmulári in malignántibus : neque zeláveris faciéntes iniquitátem.

La sagesse est un met que le juste savoure,
Et la justice un plat qu’il goûte avec amour.
Il est comme un enfant que le Seigneur nourrit :
En lui la loi de Dieu croît, s’élève et fleurit.

N’envie pas le méchant qui parait réussir;
Car le Seigneur attend avant que de punir.
Aussi n’emprunte pas la voie de perdition,
Suis plutôt le sentier qui te mène à Sion.

Jean de la Ceppede - Les Théorèmes

Super flumina Babylonis – Jean de la Ceppede


Les Théorèmes de Jean de la Ceppede
Les Théorèmes de Jean de la Ceppede

La Ceppede, poète marseillais de la fin du XVIème siècle, est connu surtout pour avoir écrit Les Théorèmes, œuvre par laquelle je l’ai découvert, et jugé, trop vite d’ailleurs. Ce recueil de sonnets me déplaisait par une tendance à la répétition digne de Péguy, une lourdeur dans l’expression qui finit par lasser. Ce n’est qu’en parcourant une anthologie de poésie religieuse qu’il m’a fallu admettre que j’avais tort : La Ceppede n’était peut-être pas un grand poète dans les sonnets que j’avais lus, mais dans d’autres poèmes, quelle ferveur, quel talent, et l’on comprend pourquoi Malherbe avait pour lui tant d’admiration. Je fais donc mon mea culpa et vous présente aujourd’hui une paraphrase du psaume 136 (137 dans les éditions modernes).

Bannis de l’air natal, quand le joug tyrannique
Nous traîna sur les bords du flot babylonique
Soupirant étonnés en ces barbares lieux,
Ton image, ô Sion, roulant par nos pensées
Rengregeait les regrets de nos joies passées,
Et détrempait le sable aux torrents de nos yeux.

Nos luths pendaient muets aux saules du rivage
Quand ceux qui triomphaient de notre dur servage
Ennuyés, offensés de nos tristes façons,
Commandent que chacun son courage ranime :
Entonnez, disaient-ils, les Hymnes de Solyme
Et nous réjouissez de vos belles chansons.

Eh, pourrions-nous chanter des chansons d’allégresse,
Ni desserrer les dents au fort de la détresse,
Qui nous porte aux abois d’un langoureux trépas ?
Comme chanterons-nous du grand Dieu les Cantiques,
Disions-nous en pleurant, hors de nos saints portiques,
Au pays étranger, qui ne le connaît pas ?

Belle et chère Salem, doux séjour de nos Pères,
Qu’ores te profanant pour plaire à ces vipères
Nous perdions le respect de ton cher souvenir,
Jà n’advienne : et plutôt restent nos mains séchées,
Plutôt soient à nos dents nos langues attachées,
Que d’avoir ce reproche aux siècles à venir.

Seigneur, ressouviens-toi des feux de cette engeance,
De ces enfants d’Edom quand ta juste vengeance
Les arma contre nous, pour nos débordements.
Foudroyons, criaient-ils, détruisons cette ville,
Attrainons après nous sa peuplade servile,
Rasons ses vieilles murs rez-pied des fondements.

Fille de Babylon, ta superbe insolence
Recevra de celui qui les foudres élance
Un traitement pareil, vengeur de ton méfait :
Heureux, par qui seront tes murailles rasées,
Et de tes enfançons les têtes écrasées,
Heureux, qui te rendra le mal que tu nous fais.

Enfin, comme vous l’avez sans doute remarqué, ce blogue a quelque peu évolué. Je songeais à ce changement depuis six mois, sans pouvoir trouver la disposition d’esprit nécessaire. C’est chose faite : bienvenue, en 2015, sur

O Crux ave spes unica !