Encensoir - CC John P. Workman, Jr.

Dixième dimanche après la Pentecôte – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/.Ps 64, 2.
Te decet hymnus, Déus, in Sion : et tibi reddétur votum in Ierúsalem. Allelúia.

Encensoir - CC John P. Workman, Jr.
Encensoir – CC John P. Workman, Jr.

Ô mon cœur, qui chanteras-tu ?
Les couronnes sont abattues,
La tiare a roulé sur la terre,
Et s’il est encor quelque saint
Où le Seigneur grava Son seing,
La rumeur choisit de se taire.

Qui chanter d’autre que mon Dieu,
Mon Dieu qui bâtit terre et Cieux,
Dieu qui créa et l’homme et l’ange,
Qui souffrit pour nous sur la Croix,
S’offre sans cesse à notre Foi
Et seul mérite nos louanges ?

 

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L'Assomption de la Vierge - Le Brun

Assomption – Alléluia (Rondeau)


Allelúia, allelúia. V/. Assumpta est María in cælum : gaudet exércitus Angelórum. Allelúia.

L'Assomption de la Vierge - Le Brun
L’Assomption de la Vierge – Le Brun

Alléluia ! Les jardins, les prairies
Et les vergers dans les Cieux ont fleuri.
Tout un chacun s’apprête dans le Ciel
Pour accueillir la reine la plus belle,
L’immaculée, la très sainte Marie.

Anges, chantez d’une voix attendrie
Celle que Dieu de tous temps a chérie,
Et répétez sans cesse, ô chœurs fidèles :
Alléluia !

Et nous, chrétiens, Mère de Jésus-Christ,
Nous vous offrons nos hymnes favoris,
Nous proclamons votre gloire éternelle,
Nous rappelons vos douceurs maternelles,
Et redisons sans cesse un même cri :
Alléluia !

 

Sixième dimanche après la Pentecôte – Graduel


Graduale. Ps. 89, 13 et 1.
Convértere, Dómine, aliquántulum, et deprecáre super servos tuos.
V/. Dómine, refúgium factus es nobis, a generatióne et progénie.

Jésus en prison - Copyright Notice - Private Collection Digital Images (c) 2012 Cynthia A. Stevens, all rights reserved
Jésus en prison – Copyright Notice – Private Collection Digital Images (c) 2012 Cynthia A. Stevens, all rights reserved

Vous n’êtes pas seulement notre juge,
Mais aussi notre refuge.
Daignez, Seigneur, nous regarder un peu,
Et puis, si cela se peut,
Laissez-Vous donc toucher le cœur
Qui s’ouvrit pour les pécheurs.

 

Dieu le Père - Cima da Conegliano

Cinquième dimanche après la Pentecôte – Alléluia


Allelúia, allelúia. Ps. 20, I
V/. Dómine, in virtúte tua lætábitur rex : et super salutáre tuum exsultábit veheménter. Allelúia.

Dieu le Père - Cima da Conegliano
Dieu le Père – Cima da Conegliano

Qui se repose en Ma puissance
A le cœur plein de réjouissance :
Vois, Je viens, Je sauve ta vie,
Et ton âme est toute ravie.

 

Jésus miséricordieux - Eugeniusz Kazimirowski - CC HistoryIsResearch

Troisième dimanche après la Pentecôte – Introït


Ant. ad Introitum. Ps. 24, 16 et 18.
Réspice in me et miserére mei, Dómine : quóniam únicus et pauper sum ego : vide humilitátem meam et labórem meum : et dimítte ómnia peccáta mea, Deus meus.
Ps. ibid., 1-2.
Ad te, Dómine, levávi ánimam meam : Deus meus, in te confído, non erubéscam.
V/.Glória Patri.

Jésus miséricordieux - Eugeniusz Kazimirowski - CC HistoryIsResearch
Jésus miséricordieux – Eugeniusz Kazimirowski – CC HistoryIsResearch

Jetez les yeux sur nous, Seigneur ;
Pitié pour Vos pauvres pécheurs.
Je vis dans l’abandon et dans la pauvreté,
Rassasié de malheur et plein d’humilité,
Mais je Vous redis, plein de foi,
Mon Dieu, mon Dieu, pardonnez-moi.
Ô Seigneur, c’est à Vous que je confie mon âme :
Ne la laissez point choir, mon Sauveur, dans les flammes.

 

Hostie - CC Patnac

Dix petits grains de messe – 9 – Perceptio Corporis tui…


Hostie - CC Patnac
Hostie – CC Patnac

9 – Perceptio Corporis tui…

De tous les maux qui accablent notre temps, l’indifférence et le mépris à l’égard de la sainte communion sont des plus discrets et des plus catastrophiques : on va communier par ignorance, par habitude, par imitation, par respect humain, par goût du sacrilège. Le fidèle devrait se rendre compte de l’extraordinaire présent qui lui est fait en recevant le corps du Seigneur. Voici ce que nous devrions dire en communiant :

« Ah ! Que je suis heureux de sentir en mon âme
Les savoureux effets du zèle qui m’enflamme,
Je sens, mon Dieu, je sens ces effets savoureux :
Je te prends, Homme-Dieu, Homme-Dieu, je te mange,
Et te mangeant je sens que je fais un échange
Du fiel amer du monde au miel des bienheureux.1 »

Il est certain que l’habitude de communier a tué en nous une grande part du respect et, si j’ose dire, de la terreur qu’un tel acte devrait nous inspirer.

Heureusement, l’Église veille :

« Plusieurs saints prêtres n’ont pu apercevoir le moment de la réception du précieux corps de Jésus-Christ, sans se trouver saisis d’un respect et d’un saint tremblement, qui leur ont fait demander de nouveau la rémission de leurs péchés, et les grâces que la sainte Communion doit produire dans une âme bien préparée. […] Les fidèles, qui se disposent à communier, ne sauraient rien faire de mieux que d’entrer dans l’esprit des Oraisons que le prêtre dit.2 »

La Dernière Scène - Juan de JuanesC’est pourquoi il y a avant la communion deux oraisons dont la deuxième m’est particulièrement chère et que je vous propose ici.

«Perceptio Corporis tui, Domine Jesu Christe, quod ego indignus sumere praesumo, non mihi proveniat in iudicium et condemnationem; sed pro tua pietate prosit mihi ad tutamentum mentis et corporis et ad medelam percipiendam: Qui vivis et regnas in saecula saeculorum. Amen. »

Vous recevoir en moi
Qui ne suis qu’un pécheur,
C’est recevoir le Roy,
Ô Jésus, mon Seigneur.
Ne me condamnez pas :
Certes, je ne mérite
Rien sinon le trépas ;
Mais, Seigneur, que m’évite
Votre infinie bonté
Un si pénible sort,
Et m’offre la santé
De l’esprit et du corps.

Nous n’avons absolument pas conscience de ce qui se passe à l’autel pendant la messe, mais du moins pouvons-nous en avoir une petite idée. Plusieurs images représentent assez bien, à vue humaine du moins, l’acte grandiose accompli par le Christ Lui-même : on y voit le prêtre élever la sainte hostie, entouré des servants – c’est la partie visible ; au-dessus de lui, Jésus en croix, Lui-même sous le Saint-Esprit et le Père, entouré des saints, le plus souvent la Sainte Vierge, Saint Joseph, les apôtres, les patriarches, les prophètes, et les anges, tous rendant à Dieu une gloire bien supérieure à celle de toute l’humanité.

« À la Messe, nous ne sommes pas seuls à prier, les anges ploient le genou, les archanges intercèdent pour nous. » disait saint Jean Chrysostome3.

La messe
La messe

Il me semble qu’il est bon de se rappeler, de temps en temps, de fixer le chœur et de se dire : « Invisibles au pied de l’autel, les chœurs angéliques adorent le Sauveur. » Imaginez-les, ces anges de Dieu, avec de grandes ailes et des tuniques blanches, auréolés de lumière, côte à côte avec les céroféraires, agenouillés sur ces marches que vous pouvez voir et toucher, contemplant avec une admiration surpassant de très loin tout sentiment humain la Victime très sainte offerte à l’autel !

Ce que les esprits glorieux n’ignorent point, nous n’en avons qu’une perception très limitée : la différence infinie entre Dieu et nous. Ce n’est qu’une petite parcelle blanche que nous recevons, mais elle contient plus que l’univers. Les anges le savent, eux qui sont plus grands que nous, et nous ne le savons qu’à peine ; pourtant, c’est à nous qu’il a été donné de recevoir la Sainte Communion. Songeons même que, si pauvres chrétiens que nous soyons, si pécheurs que nous sommes, il nous a été octroyé une grâce qui n’a pas été accordée aux saints patriarches et prophètes : Jacob, Moïse, Élie, ont-ils reçu le corps du Seigneur Lui-même ? À vrai dire, cette pensée les eût probablement tués de terreur, parce qu’ils concevaient fort bien quelle différence il y a de Dieu à nous. Abraham, comme on l’a vu, a peut-être goûté déjà à l’Eucharistie, s’il est vrai que le sacrifice de Melchisédech est le même que celui du Christ4, mais il ne l’a pu qu’une fois ; quant à nous, cela nous est accordé tous les jours, et même plus d’une fois dans certaines circonstances particulières.

C’est pourquoi cette prière nous fait supplier le Seigneur de ne point regarder notre faiblesse et nos fautes qui nous rendent plus indignes encore de Le recevoir. Comment donc se fait-il que nous puissions approcher de l’Eucharistie puisque nous en sommes indignes ? Cela se fait parce que le Seigneur Lui-même l’a voulu et, pour que la justice ne fût point blessée par de telles atteintes, Il nous applique avec une grande bonté les mérites de Sa passion et de Sa mort, du moins dès lors que nous sommes enclins à les recevoir, c’est-à-dire lorsque nous sommes en état de grâce.

L'Agneau de Dieu
L’Agneau de Dieu

L’Eucharistie nous permet d’être plus forts spirituellement mais notez bien que la prière parle aussi de la santé du corps, et non seulement de l’âme. Il y a là comme une marque de la délicatesse divine qui va jusqu’à songer à la partie la moins élevée de Sa création à laquelle Il a pourtant daigné s’associer. Évidemment, la chair n’est pas la fin en soi, mais

« le corps sacré de l’Agneau sans tache doit faire dans notre corps une impression de courage et de force contre la mollesse et la concupiscence de notre chair. Jésus-Christ est le Lion de la Tribu de Juda ; et la participation de sa chair adorable doit nous rendre des lions terribles au démon, et nous fortifier contre nous-mêmes.5 »

Puissions-nous nous donc transformer nos cœurs en petits ermites uniquement préoccupés de Dieu pendant que nous recevons

« le prodige de la charité divine, le présent ineffable que les anges nous envient, l’union adorable et parfaite du Créateur avec sa faible créature, l’honneur le plus effrayant et le plus doux où l’homme puisse être élevé sur la terre.6 »

1Jean de Sponde, « Stances du Sacré Banquet et Convive de Jésus-Christ », treizième strophe.

2Abbé Lebrun, op. cit., pp. 526-527

3Cité par le R.P. Martin de Cochem, op. cit., p. 170.

4Sur ce point, je n’oserais trop m’avancer ; je recevrais avec une particulière attention toutes les critiques qui pourraient m’être faites à ce sujet et corrigerais aussitôt. Que le lecteur peu versé dans ces matières ne prenne donc pas mes phrases pour parole d’Évangile mais fasse confiance aux vrais docteurs : pour ma part, je ne cherche qu’à répéter ce que j’ai appris.

5Abbé Lebrun, op. cit., p. 533

6Paroissien Romain très complet à l’usage du diocèse de Luçon, Mame, 1891, p. 66.

La Main de Dieu - Fresque du douzième siècle

Quatrième dimanche après Pâques – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/. Ps. 117, 16. Déxtera Dómini fecit virtútem : déxtera Dómini exaltávit me.
Allelúia. V/. Rom. 6, 9. Christus resúrgens ex mórtuis iam non móritur : mors illi ultra non dominábitur. Allelúia.

La Main de Dieu - Fresque du douzième siècle
La Main de Dieu – Fresque du douzième siècle

La droite du Seigneur a montré Sa puissance,
Ô douce joie !
Et la main du Seigneur des prodiges immenses :
Louons le Roy.

Il a tiré mon cœur des profondeurs du lac,
Sublime exploit !
Il a sauvé ma vie dans plus de mille attaques :
Ah, réjouis-toi !

L’Oint revenu des morts ne pourra plus mourir,
Mais sous Sa loi
Le trépas dépouillé de son funeste empire
Désormais ploie.

 

Le prêtre mêle l'eau au vin

Dix petits grains de messe – 4 – Deus qui humanae


Le prêtre mêle l'eau au vin
Le prêtre mêle l’eau au vin

4 – Deus, qui humanae

« Deus, humanae substantiae dignitatem mirabiliter condidisti, et mirabilius reformasti »

« Vous avez, au commencement,
Créé l’homme admirablement,
Et renouvelé sa grandeur
Qu’aux doux mots du serpent maudit
Dans sa déraison il perdit,
Plus admirablement, Seigneur. »

Voilà le début de la deuxième prière du commun de l’Offertoire. J’aime tellement cette prière que c’est la seule de l’Offertoire que je tiens à dire lorsque je suis occupé par la chorale ou lorsque mes enfants m’empêchent de suivre. Il ne m’a pas semblé nécessaire de la mettre dans son intégralité : ces premiers mots, me semblent-ils, contiennent déjà en germe tout le reste.

Qu’y a-t-il d’admirable dans ces quelques mots ? Une immense profondeur dans une expression très concise : imaginez un océan dans un dé à coudre, ou bien, pour ceux qui ont l’esprit scientifique, pensez à un trou noir, qui contient une énorme quantité de matière dans un tout petit volume ; ou bien encore pensez à une hostie, si petite, qui contient l’infini de Dieu. Telle est l’impression qui se dégage de cette courte prière.

Que Vos œuvres sont admirables, Seigneur ! Qui ne resterait muet d’admiration devant la beauté de la création, devant l’admirable ordonnancement de toutes choses, depuis les galaxies et les planètes jusqu’aux plus infimes atomes ? Qui resterait insensible à la douceur du printemps, à la beauté des fleurs, à la majesté des arbres, à l’apparence des animaux ? Les païens ont chanté la beauté du monde ; les athées même, dans leur obscure folie, peuvent le reconnaître s’ils n’ont pas perdu tout sens commun ; le Chrétien, lui, n’ignore pas d’où viennent toutes ces choses, et loue le Créateur en admirant la créature.

Andrea Pisano - Création d'Adam
Andrea Pisano – Création d’Adam

Or, de tout l’univers visible, rien n’est comparable à l’homme. La raison nous dit qu’il a été fait roi du monde ; la foi nous enseigne qu’il fut fait à l’image de Dieu. Dieu nous donna un corps, comme aux plantes et aux bêtes, qu’Il unit à une âme, âme qui subsistera au-delà de la consommation des siècles et jamais ne disparaîtra. C’est cette admirable union du corps et de l’homme qui fait dire à l’auteur de cette oraison1 : mirabiliter, d’une manière admirable.

Rien, semble-t-il, n’est plus admirable que la création de l’homme, mais il y a plus important encore : c’est la Rédemption. Le latin exprime cette supériorité de la Rédemption avec seulement deux mots : mirabilius reformasti. On ne saurait être plus laconique et utiliser moins de mots pour dire davantage. Dom Guéranger n’est d’ailleurs pas insensible à la beauté de la langue car il écrit :

« il est facile de voir qu’à l’époque où elle fut composée, l’on savait encore parler le latin.2 »

Ce n’est pas très aimable pour les auteurs latins des siècles suivants, qui ont composé des merveilles, mais c’est aussi tout à l’honneur de cette oraison dont on ne saurait nier la grande qualité littéraire : il est clair que l’auteur a su manier le génie propre de la langue latine.

Ma paraphrase rend assez mal cette concision du latin, mais j’ai préféré expliciter ce qui était sous-entendu dans le texte original : la chute de l’homme. La rédemption, en effet, ne peut se comprendre que si l’homme est d’abord tombé.

« Cet homme est déchu de sa noblesse et de la dignité de son état par sa désobéissance, écrit l’abbé Lebrun, commentant justement ce passage. Son corps et son esprit, loin d’entretenir un accord mutuel entre eux et avec Dieu, ont été dans des soulèvements continuels.3 »

Rubens - Le péché originel
Rubens – Le péché originel

Tel était l’état de l’homme durant tout l’Ancien Testament, et l’on voit que, s’il ne s’agissait que de réparer les dégâts précédents, s’il ne s’était agi que de rendre à l’homme sa grandeur passée, la Rédemption aurait déjà été une grande chose.

Le Seigneur n’a pas voulu seulement cela : il a voulu quelque chose de différent et de plus grand4. De même qu’Il créa l’homme en unissant l’esprit à la matière, mélange admirable dont la simple pensée, si elle ne nous était pas si familière et comme usée, devrait déjà nous frapper de stupéfaction, Dieu a racheté l’homme en unissant la nature de la créature à la Sienne5, Il a lié l’infini et le fini. C’est ce qui fait dire au chant de l’Exultet, que le diacre nous fait entendre à Pâques :

« O felix culpa, quae talem ac tantum habere meruit Redemptorem. »

Heureux péché, heureux malheur,
Qui nous vaut un tel Rédempteur !

C’est cette participation à la vie divine que représente le mélange du vin, le Christ, et de la goutte d’eau, l’humanité, geste qu’accomplit le prêtre justement en disant cette prière. Le reste du texte, d’ailleurs, commente ce geste mais, au fond, tout était déjà dit dans les premiers mots : il ne fallait plus qu’expliciter.

Notre-Dame de Paris - Tympan du Jugement dernier - CC Thomon
Notre-Dame de Paris – Tympan du Jugement dernier – CC Thomon

Enfin, cette prière est une excellente leçon d’histoire, dont il faut saluer encore une fois la précision. D’histoire ? me direz-vous ? Il s’agirait plus de mythologie, dirait un esprit taquin. Eh bien, de mythologie si l’on veut ; mais quand un mythe est vrai, il se confond avec l’histoire. Or, ce sont les trois plus importants événements de l’histoire qui se trouvent réunis ici : la création, le péché originel (en creux), et la rédemption. Ce dernier événement, troisième dans l’ordre chronologique, est aussi le premier par l’importance. Notez qu’il en manque encore un, présent devant les yeux divins, mais dont le temps n’est pas encore venu : c’est le Jugement dernier. Je tenais à montrer tout cela car, comme l’écrit le Père Calmel dans sa Théologie de l’histoire, que je vous recommande très vivement :

« Pour ce qui est de l’histoire, on nous dit de moins en moins qu’elle est dominée par trois événements […] dont aucun ne doit être laissé dans l’ombre, car chacun des trois est indispensable à une explication juste : la création ex nihilo, le péché originel, la rédemption par le Fils de Dieu né de la Vierge Marie. Si l’on considère ces événements historiques qui sont hors de commune mesure avec les autres et qui les dominent tous, on saisit alors que le péché et le diable sont à l’œuvre, mais aussi qu’ils sont désormais vaincus, que le Seigneur en triomphera par sa croix (et par la nôtre unie à la sienne). Cependant, ce triomphe se situe au cœur même de la lutte et pas encore dans sa suppression. Cette suppression est différée dans le siècle à venir après la défaite de l’Antéchrist et le jugement dernier.6 »

1D’origine illyrienne, c’est-à-dire correspondant à peu près à la côte de l’ex-Yougoslavie, d’après l’abbé Lebrun, qui pense qu’elle est du dixième siècle (p. 274).

2Dom Guéragner, op. cité, section « Offertoire ».

3Abbé Lebrun, op. cité, pp. 274-275.

4Tolkien exprime admirablement cette idée, à sa manière, dans son « Commentaire à l’Athrabeth Finrod ah Andreth », lorsqu’il écrit : « Il voit alors les Hommes comme des agents de la ‘reconstruction’ d’Arda (le monde), non seulement en réparant la destruction ou les maux forgés par Melkor (Satan), mais encore en bâtissant un troisième monde, ‘Arda rebâti’ – car Eru (Dieu) ne se contente jamais de défaire le passé, mais fait venir à l’existence quelque chose de nouveau, de plus riche que le ‘premier dessein’. » The History of Middle-Earth, volume 10, Morgoth’s ring, p. 333. La traduction et les notes entre parenthèses sont de ma main ; ce volume n’a jamais été traduit dans notre langue. Nous reparlerons sur ce blogue du dialogue admirable que commentent ces quelques lignes et qui sont en rapport direct avec la Rédemption.

5On trouve une semblable idée dans la préface de l’Épiphanie : « Quia, cum Unigénitus tuus in substántia nostræ mortalitatis appáruit, nova nos immortalitátis suæ luce reparávit. » http://www.introibo.fr/Preface-de-l-Epiphanie

6Père Calmel, Théologie de l’histoire, p. 13. Je n’ai qu’une version numérique peu fiable de cet ouvrage. Si un lecteur pouvait me fournir une référence plus sûre, je lui en saurai gré.

Le Christ en Croix

Sexagésime – Introït


Ant. ad Introitum. Ps. 43, 23-26.
Exsúrge, quare obdórmis, Dómine ? exsúrge, et ne repéllas in finem : quare fáciem tuam avértis, oblivísceris tribulatiónem nostram ? Adhǽsit in terra venter noster : exsúrge, Dómine, ádiuva nos, et líbera nos.
Ps. ibid., 2.
Deus, áuribus nostris audívimus : patres nostri annuntiavérunt nobis.
V/.Glória Patri.

Le Christ en croix
Le Christ en croix

Levez-Vous, ô Seigneur : pourquoi dormir encore ?
Abandonnerez-Vous à jamais au dehors
Tous ceux qui Vous supplient ?

Pourquoi détournez-Vous Vos regards salutaires
Quand nous voici inanimés dans la poussière
Et presque ensevelis ?

Hélas, oublierez-Vous nos nombreuses douleurs ?
Que de Votre Salut invincible, ô Seigneur,
L’univers soit rempli.

De Vos hauts faits, nos oreilles sont pleines ;
Nous avons su ce qu’a fait Votre main
Par nos aïeux : l’œuvre la plus ancienne,
Mais celle aussi que Vous ferez demain.

 

Saint Valentin devant la Vierge - David Teniers III

Saint Valentin – Offertoire


Ant. ad Offertorium. Ps. 8, 6-7.
Glória et honóre coronásti eum : et constituísti eum super ópera mánuum tuárum, Dómine.

Saint Valentin devant la Vierge - David Teniers III
Saint Valentin devant la Vierge – David Teniers III

Ô jour de gloire, ô jour de fête !
Vous avez posé sur sa tête,
Sur la tête de Votre saint,
Le plus fin, le plus beau diadème,
D’or et d’argent niellés de gemmes
Qui représentent Vos desseins.

Ô Roy, Vous avez en personne
Ceint son front pur d’une couronne,
Et Vous l’avez fait souverain,
Vous l’avez vêtu de puissance
Sur tout ce qui a pris naissance
De Vos toutes-puissantes mains.

 

La Sainte Famille - CC Père Igor

Sainte Famille – Introït


Ant. ad Introitum. Prov. 23, 24 et 25.
Exsúltat gáudio pater Iusti, gáudeat Pater tuus et Mater tua, et exsúltet quæ génuit te.
Ps. 83, 2-3.
Quam dilécta tabernácula tua, Dómine virtútum ! concupíscit et déficit ánima mea in átria Dómini.
V/.Glória Patri.

La Sainte Famille - CC Père Igor
La Sainte Famille – CC Père Igor

Que le père du Juste ait le cœur plein de joie.
Oh, qu’il est heureux, Votre père,
Qu’elle est heureuse, Votre mère,
Elle qui donna vie au plus puissant des Roys.

Ô Seigneur des Armées, que j’aime Vos demeures !
Moi qui, sur Vos parvis, durant ma vie demeure,
J’attends, dans les soupirs, les plaintes, les langueurs.

 

Coeur Immaculé de Marie - CC Diana Ringo

Immaculée Conception – Introït


Ant. ad Introitum. Is. 61, 10.
Gaudens gaudébo in Dómino, et exsultábit ánima mea in Deo meo : quia índuit me vestiméntis salútis : et induménto iustítiæ circúmdedit me, quasi sponsam ornátam monílibus suis.
Ps. 29, 2
Exaltábo te, Dómine, quóniam suscepísti me : nec delectásti inimícos meos super me.
V/. Glória Patri.

Coeur Immaculé de Marie - CC Diana Ringo
Cœur Immaculé de Marie – CC Diana Ringo

Mon Seigneur remplira mon cœur
Du plus insondable bonheur ;
Toute mon âme exultera
Dans la tendresse de Ses bras.
Il a fait briller sur mon corps
Des ornements d’argent et d’or.
Il a jeté Son dévolu
Sur moi, m’a vêtue du Salut,
M’a revêtue de Sa justice,
Et me fera l’honneur d’un Fils.

Ô Seigneur qui m’avez
De terre relevé,
Je chanterai Votre puissance !
Seigneur, qui avez mis
Au sol mon ennemi,
Je louerai Votre bienveillance !

 

Dieu - Viktor Vasnetsov

Dernier dimanche après la Pentecôte – Graduel


Graduale. Ps. 43, 8-9.
Liberásti nos, Dómine, ex affligéntibus nos : et eos, qui nos odérunt, confudísti.
V/. In Deo laudábimur tota die, et in nómine tuo confitébimur in sǽcula.

Dieu - Viktor Vasnetsov
Dieu – Viktor Vasnetsov

Vous avez libéré, Seigneur,
Nos mains de nos persécuteurs,
Et Vous avez fait le procès
De tous ceux qui nous haïssaient.

Dieu, c’est en Vous, de l’aube au soir
Que nous serons remplis de gloire !
Nous louerons Votre sainteté
Durant toute l’éternité.

 

Sixième dimanche restant après l’Épiphanie – Communion


Ant. ad Communionem. Marc. 11, 24. Amen, dico vobis, quidquid orántes pétitis, crédite, quia accipiétis, et fiet vobis.

Jésus en prison - Copyright Notice - Private Collection Digital Images (c) 2012 Cynthia A. Stevens, all rights reserved
Jésus en prison – Copyright Notice – Private Collection Digital Images (c) 2012 Cynthia A. Stevens, all rights reserved

 

Ce que demandent vos prières,
Ce que vous aurez demandé,
Vous le recevrez de Mon Père,
Oui, tout vous sera accordé.