Evangile de Saint Jean - Grandes Heures d'Anne de Bretagne

Dix petits grains de messe – 10 – Le dernier évangile


Evangile de Saint Jean - Grandes Heures d'Anne de Bretagne
Evangile de Saint Jean – Grandes Heures d’Anne de Bretagne

10 – Le dernier Évangile

Saint Jean ! aucun apôtre ne m’est plus cher que lui. Il y a cent raisons à cela : il est le disciple que Jésus aimait ; il était le seul apôtre au pied de la Croix ; c’est par lui que nous avons été faits enfants de la Sainte Vierge Marie ; il est l’un des deux apôtres à venir au tombeau ; martyr, il a été préservé de la mort miraculeusement ; plus jeune apôtre, il est aussi mort le plus vieux, et le dernier ; il est l’auteur d’un Évangile très différent des autres ; il est l’auteur de l’Apocalypse, ce qui lui donne le privilège d’être le dernier auteur de la Sainte Écriture, sans compter le fait que, prophète de l’Église, il s’y montre le digne successeur de prophètes tels qu’Ézéchiel ou Daniel, qu’il surpasse.

J’ai toujours aimé saint Jean. Il n’est pas un jour où j’omets de le prier. Souvent me vient en tête la pensée peut-être bizarre qu’il est le dernier écrivain, qu’il n’en est pas d’autre après lui, sinon des perroquets qui le répètent, lui ou ceux qui l’ont précédé, et des maudits qui aiment le mensonge. Que voulez-vous écrire après l’Apocalypse, qui raconte toute l’histoire de l’Église, la seule qui compte, au fond ? Sans doute, cette pensée a un caractère excessif que je ne saurais nier.

N’importe ; j’ai toujours eu beaucoup d’affection pour saint Jean, et rien ne me serait dès lors plus naturel que de chérir tout particulièrement la lecture du prologue de son Évangile à la fin de la messe.

Saint Jean à Patmos
Saint Jean à Patmos

C’est pour moi une grande tristesse de constater qu’en de nombreuses chapelles on se permet de lancer le chant final avant que le prêtre ait terminé, que dis-je, avant même qu’il ait commencé la lecture du dernier Évangile ! Mais ignorez-vous, malheureux, que c’est nous, les fidèles, qui avons réclamé à grands cris que le prêtre ne le lût pas tout seul dans l’intimité de la sacristie, mais le proclamât devant nous1 ?

Fort bien, me direz-vous ; les raisons historiques ne sont pas sans intérêt ; cependant, puisque plus personne ne demande la lecture de cet évangile, quelle autre raison a-t-on de le lire ?

Les commentateurs ont dégagé plusieurs explications symboliques. Il n’est peut-être pas inutile de faire remarquer que la composition de la messe, faite au cours des siècles, répond bien évidemment à un dessein divin. Des innovations ont été sanctionnées après plusieurs siècles ; d’autres n’ont pas été retenues. Dans ce long processus, il n’est pas douteux que le Seigneur Lui-même a agi et c’est donc à raison que les commentateurs ont trouvé des raisons différentes de celles qui ont poussé historiquement à ajouter tel ou tel passage. En d’autres termes, Dieu s’est servi des raisons justes mais imparfaites des hommes pour que la sainte liturgie soit perfectionnée dans un sens qui n’était encore connu que de Lui mais que nous allons nous attacher à découvrir.

Triptyque représentant Jésus crucifié entouré de Sa Mère et de saint Jean
Triptyque représentant Jésus crucifié entouré de Sa Mère et de saint Jean

Tout en faisant mes recherches sur ce dernier évangile, j’ai découvert un commentaire de la messe écrit par un certain abbé Floriot, ayant vécu au XVIIème siècle, qui fait un parallèle très intéressant entre la messe et le dernier évangile.

Que raconte ce prologue ? Que le Verbe de Dieu s’est incarné pour le salut des hommes. Qu’est-ce que la messe ? Le Verbe de Dieu qui descend parmi nous sous l’apparence du pain et du vin pour notre salut. La messe, qui renouvelle le Saint Sacrifice du Seigneur, est également un renouvellement de Son incarnation :

« Il nous est donné d’assister à cette bienheureuse naissance si nous assistons à la sainte Messe où elle est renouvelée et continuée.2 »

Ce parallèle est déjà frappant en lui-même, mais il n’est pas seul :

« il faut examiner pourquoi l’Église nous fait lire après l’oblation du saint Sacrifice, et en suite de la Communion des fidèles, ce commencement de l’Évangile de saint Jean, où il est traité de la divinité du Verbe, de sa venue dans le monde par l’Incarnation, du rebut qui a été fait de sa personne par ceux qui lui appartenaient, et de l’adoption des enfants de Dieu.3 »

Tout ce que vient de mentionner l’abbé Floriot se trouve dans la messe également. Je vous laisse lire son commentaire : vous verrez que le parallèle est frappant.

De son côté, l’abbé Olier fait remarquer l’Évangile de saint Jean se trouve inscrit sur un des trois canons de l’autel, mis à part donc d’un livre quelconque. Il y a sans doute une raison pratique à cela : puisqu’on le lit à chaque messe, mieux vaut ne pas ouvrir un livre mais lui accorder une place à part, plus commode. Cependant, cette raison est très insuffisante car on connaissait cet évangile par cœur, au témoignage de l’abbé Lebrun4.

Si le dernier évangile est lu à la toute fin de la messe, après l’Ite missa est, après la bénédiction, et si on le lit sur un carton et non dans un livre qui se ferme, c’est parce qu’il représente l’éternité, qui commencera d’une certaine manière à la fin des temps, et ne se fermera jamais. Lire l’évangile de saint Jean, c’est donc entrer symboliquement dans l’éternité. Quelle meilleure manière de terminer la messe ? Nous sommes appelés, non pas à retourner à la grisaille de notre vie terrestre, mais à avoir toujours dans la pensée le but de toute notre existence. Nous ne retombons point : nous finissons plus haut.

L’abbé Olier parle bien mieux que moi de toutes ces raisons. Cependant, comme il serait trop long à citer, je ne puis que vous suggérer de le lire5.

Saint Jean continuant à prier dans son martyre
Saint Jean continuant à prier dans son martyre

Tout en écrivant cet article, j’ai été frappé de la manière dont ce prologue correspond à une parfaite conclusion de dissertation : si l’on en croit l’abbé Floriot, il résume la messe toute entière ; si on en croit l’abbé Olier, il nous met un pied dans l’éternité. Résumé et ouverture : voilà des mots qui doivent parler à tous ceux qui sont au moins passés par le lycée !

J’aimerais parler davantage de ce passage, qui est si riche, mais au fond, il vaut mieux que vous lisiez tous ces commentateurs que j’ai longuement cités et dont je n’ai voulu que me faire le perroquet : de toute cette série d’articles, j’espère qu’il n’y a de moi que l’emballage et la présentation, et qu’aucune idée n’y est originale. Puissent ces dix petits grains de messe pousser dans le cœur de mes lecteurs comme le grain de sénevé, porter un fruit abondant et dresser de hautes branches vers le Ciel !

Terminons donc, si vous le voulez bien, par une paraphrase de cet admirable évangile. J’ai intercalé le texte latin avec ma paraphrase.

Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino
Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

« In principio erat Verbum et Verbum erat apud Deum et Deus erat Verbum. Hoc erat in principio apud Deum. Omnia per Ipsum facta sunt, et sine Ipso factum est nihil quod factum est.6 »

Dans le Père le Verbe est au commencement ;
Le Verbe est en l’Esprit ; le Verbe est Dieu Lui-même.
La Création le fut sur Son commandement,
Et rien ne fut sans Lui de l’immense poème.

« In Ipso vita erat, et vita erat Lux hominum. Et Lux in tenebris lucet et tenebrae eam non comprehenderunt. »

La vie, notre lumière, avait son siège en Lui ;
La lumière du Verbe éclatait dans le noir,
La lumière brillait au milieu de la nuit,
Mais la nuit, aveuglée, ne voulait point la voir.

« Fuit homo missus a Deo cui nomen erat Iohannes. Hic venit in testimonium ut testimonium perhiberet de lumine ut omnes crederent per illum. Non erat ille lux, sed ut testimonium perhiberet de lumine. Erat lux vera quae illuminat omnem hominem venientem in mundum. »

Le Seigneur envoya dans le monde un témoin
Qui rendit témoignage à l’unique lumière ;
Puis le Verbe adorable et sublime en tous points
Descendit éclairer tout homme sur la terre.

« In mundo erat, et mundus per ipsum factus est, et mundus eum non cognovit. In propria venit et sui eum non receperunt. »

Le Créateur divin vint dans Sa création :
Sa création pour Lui n’eut pas le moindre égard.
Le Seigneur descendit au sein de sa nation,
Qui Le vit et dès lors détourna le regard.

« Quotquot autem receperunt eum dedit eis potestatem filios Dei, fieri his qui credunt in nomine Eius. Qui non ex sanguinibus, neque ex voluntate carnis, neque ex voluntate viri, sed ex Deo nati sunt. »

Mais le Verbe a voulu que tout homme qui croit
En Lui, le Fils de Dieu, le devienne à son tour,
Ô don que ni la chair, ni le sang, mais le Roy
Accorde à l’homme seul qui naît de son amour.

« ET VERBUM CARO FACTUM EST, et habitavit in nobis, et vidimus gloriam eius, gloriam quasi unigeniti a Patre, plenum gratiae et veritatis. »

Le Verbe s’est fait chair ; Il s’est fait l’un de nous,
Et nous, qui témoignons, L’avons vu dans Sa gloire,
Gloire du Fils de Dieu qu’on adore à genoux,
À qui l’on doit offrir l’holocauste du soir.

1Voir à ce sujet l’abbé Lebrun, op. cit., pp. 590 et 591. C’est à la fin du Moyen-Âge que l’usage s’est répandu, avant d’être avalisé par saint Pie V. Toutefois, Dom Guéranger donne une explication un peu différente dans la section « Dernier Évangile » de son Explication des prières de la sainte messe, selon laquelle seule la dévotion des fidèles aurait poussé les prêtres à ajouter cette lecture à la fin de la cérémonie.

2Père de Cochem, op. cit., p. 64. Tout un chapitre est consacré à ce sujet.

3Abbé Floriot, Traité de la Messe de paroisse : où l’on découvre les grands mystères cachés sous le voile des cérémonies de la Messe publique et solennelle : et les instructions admirables que Jésus-Christ nous y donne par l’unité de son sacrifice, Helie Josset, 1684, p. 686.

4Abbé Lebrun, op. cit., p. 588. De fait, il suffit de quelques années à le lire pour se rendre compte qu’on en connaît la totalité.

5Surtout à partir de la page 529.

6J’ai suivi le découpage le plus commun à l’heure actuelle. Néanmoins, anciennement, on ne découpait pas de cette manière-là le texte, et ces trois mots, « quod factum est », étaient rattachés à la suite. De plus savants que moi diront quelle est la bonne manière de faire : j’ai cru devoir m’en tenir à l’usage.

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Chant de l'Évangile des Rameaux - Saint Eugène-Sainte Cécile (© Schola Sainte-Cécile)

Dix petits grains de messe – 3 – Per evangelica dicta


Chant de l'Évangile des Rameaux - Saint Eugène-Sainte Cécile (© Schola Sainte-Cécile)
Chant de l’Évangile des Rameaux – Saint Eugène-Sainte Cécile (© Schola Sainte-Cécile)

3 – Per evangelica dicta

Si j’avais l’esprit et les lèvres pures comme celles d’Isaïe, je parlerais sans crainte aux petits Manassé que je connais ; mais ce n’est pas le cas : aussi répété-je toujours après l’Évangile cette remarquable petite prière, si remarquablement rythmée que je la présenterai en vers :

« Per evangelica dicta,
deleantur nostra delicta. »

C’est ce que le prêtre, ou le diacre, dit juste après avoir proclamé l’Évangile :

« Que l’Évangile et sa lecture
Nous purifient de nos souillures. »

C’est le caractère proprement poétique de cette formule, peut-être d’origine médiévale1, qui m’a conduit à la choisir. Bien que la disposition typographique de la phrase n’invite nullement à cette conclusion, il ne fait pas de doute qu’il s’agit d’un distique : on n’y trouve pas seulement une espèce de rime, mais aussi deux véritables octosyllabes :

Per-e-van-ge-li-ca-dic-ta
de-lean-tur-nos-tra-de-lic-ta.

On me reprochera peut-être les considérations qui vont suivre, un peu pédantes, sans doute ; on me dira que le lecteur n’en a cure, et que la poésie, car c’est de cela qu’il va être question, doit être sentie, non analysée et décortiquée. Hélas, comme je voudrais qu’il en soit ainsi ; malheureusement, l’honnête homme de notre temps n’a guère de sensibilité poétique, car de maudits amphigouristes ont accaparé la poésie, l’ont travestie, l’ont confisquée et en ont fait quelque chose d’étranger à n’importe quel lecteur, même de bonne volonté, qui préfère ne pas y toucher2. Ces deux paragraphes sont ici pour faire comprendre au lecteur ce qu’il ne peut plus sentir instinctivement.

Un lecteur savant et tatillon me reprochera peut-être d’avoir triché à la deuxième syllabe du deuxième vers mais, de même qu’on omet le e muet en français lorsqu’il se trouve devant une voyelle, on l’omet aussi en poésie latine liturgique, témoin le quatorzième vers du Veni Creator : « Infunde amorem cordibus », où le premier mot ne doit pas être prononcé en entier, mais lié au mot suivant : infundamorem. La poésie liturgique latine regorge d’autres exemples de ce genre, qui sont loin d’être isolés.

Un lecteur un tant soit peu habitué à la poésie ne peut pas rester insensible à l’admirable disposition des dentales, successivement sonores et sourdes : d-t-d-t-n-t-d-t, ou, pour être peut-être plus clair : dicta deleantur nostra delicta. Notez également la présence de la nasale, ‘n’, en plein milieu de cette succession, qui vient adoucir ce rythme qui pourrait être trop martelé si on avait eu encore un autre ‘d’. Notez également que deleantur et delicta se ressemblent énormément : même nombre de syllabes, même disposition des consonnes, notamment des dentales. Notez cette homophonie quasi complète entre dicta et delicta ; on dirait que l’auteur a voulu insister sur le fait que nos fautes (delicta) étaient vraiment supprimées (deleantur) par les paroles (dicta) de l’Évangile. Ces trois mots ont ensemble un lien très fort, très marqué, et cette parfaite adéquation de la forme et du fond témoigne d’un talent remarquable.

Saint moine
Saint moine

Qui sait, d’ailleurs, qui est l’auteur de cette formule ? Peut-être était-ce un humble moine dont nul n’a retenu le nom, et qui ne cherchait pas à ce qu’il fût connu, mais qui n’était soucieux que de la gloire de Dieu et qui, à notre humble degré, y est parfaitement arrivé. Peut-être aussi est-ce l’œuvre d’un premier clerc, qui a écrit quelque chose qui n’était pas mauvais, mais qu’un second est parvenu à améliorer, et, sait-on jamais, a été encore perfectionné par un troisième.

Loin s’en faut, d’ailleurs, que cette formule soit isolée. On en retrouve de très similaires à l’office de Matines, utilisées comme bénédictions après certaines lectures.

« Evangelica lectio
Sit nobis salus et protectio »

« Que l’Évangile et sa proclamation
Soit pour nous tous salut et protection. »

Ma traduction en décasyllabes ne rend pas justice au déséquilibre de la formule qui est en 7/9. Si j’étais un peu audacieux, je corrigerais volontiers cette formule pour en faire deux octosyllabes :

« Sit evangelica lectio
Nobis salus et protectio. »

En voici une autre, un peu plus éloignée, mais dans une forme semblable et dans le même esprit :

« A conctis vitiis et peccatis
Absolvat nos virtus Sanctae Trinitatis ».

« Que la puissante et Sainte Trinité
Lave en nos cœurs nos fautes répétées. »

Là encore, je n’ai pas respecté le déséquilibre dans la traduction.

On sent bien, néanmoins, que ces formules, toutes nobles et admirables qu’elles soient, le sont bien moins que celle qui a été choisie à la messe : pour l’office le plus saint, il est juste que ne soient choisies que les formules les plus parfaites.

C’est cette petite formule, que je répète systématiquement après chaque lecture de l’Évangile, du moins quand mes enfants ne m’empêchent pas d’être attentifs, qui m’a fait comprendre que l’Évangile était en mesure d’effacer nos péchés, du moins nos péchés véniels :

« Ces paroles peuvent effacer les péchés, parce qu’elles ont une force et une vertu particulière pour exciter le repentir de nos péchés, et l’amour de Dieu qui les efface.3 »

Pour le dire avec un vocabulaire plus théologique :

« L’Évangile a valeur de sacramental pour effacer les fautes vénielles.4 »

Saint Jean - Évangéliaire de Lorsch
Saint Jean – Évangéliaire de Lorsch

En fin de compte, il est presque regrettable que le prêtre ne prononce pas à voix haute cette formule : peut-être serait-on plus attentif en écoutant l’Évangile. Mais pour les lecteurs modernes, nous n’avons nul besoin de cette proclamation à voix haute, nous qui disposons de missels où nous trouvons non seulement le texte de la messe, mais aussi sa traduction.

On me dira peut-être : « Mais si l’Évangile est chanté en latin, quelle est la valeur de cette formule puisque nous n’y comprenons rien ? » La belle affaire ! D’abord, il faut apprendre un peu de latin : à notre époque, c’est loin d’être difficile ; deuxièmement, nous disposons de la traduction dans notre missel (demandez à votre voisin de banc si vous n’en avez pas) ; troisièmement, il importe surtout d’avoir l’esprit de l’Évangile et les dispositions qui l’accompagnent :

« pourvu que nous ayons l’amour de l’Évangile et son esprit, sans beaucoup le connaître, nous sommes admis au ciel, comme le témoigne le Sous-Diacre qui monte les trois marches de l’autel jusqu’à Jésus-Christ, signifié par le Prêtre, sans voir l’Évangile qu’il porte en ses mains.5 »

Que l’Épître et l’Évangile sont beaux lorsqu’ils sont chantés en latin ! Voilà une chose que je regrette de ne pas trouver partout où sont les messes traditionnelles. Et puis quoi, si nous voulons lire et méditer l’Évangile, nous n’avons qu’à le faire chez nous : est-ce que nous n’avons vraiment pas le temps, dans notre civilisation de loisirs ?

1C’est l’avis de Dom Guéranger : « Nous trouvons dans cette formule, que l’on emploie quelquefois comme bénédiction à Matines, une sorte de rime qui dénote une origine moyen âge. » Dom Guéranger, Explications des prières de la sainte messe, partie Évangile.

2À ce sujet, on lira avec intérêt Chaunes et Sylvoisal, Contre la démission des poètes, L’Âge d’homme, tout particulièrement le « Premier entretien – Le projet des Amphigouristes », p. 11.

3Abbé Lebrun, op. cité, p. 211.

4Abbé Barthe, La Messe, une forêt de symboles, Via Romana, p. 103. Sur l’effacement des péchés véniels par l’assistance à la sainte Messe, on pourra consulter le livre du père de Cochem, notamment aux pages 154-157, « §2 – De quelle manière la sainte Messe opère la rémission des péchés véniels ». Sur les effets purificateurs de la lecture de l’Évangile, il écrit ceci : « Le prêtre baise le livre en signe de respect pour la parole de Dieu et pour exprimer qu’elle nous apporte la grâce de la réconciliation. C’est la signification des paroles : « Que nos péchés soient effacés par les paroles du saint Évangile.«  » (p. 291)

5Abbé Olier, op. cité, pp. 290-291.

Le Saint-Esprit souffle où Il veut - CC Penitentsblancs

Mardi de Pentecôte – Communion


Ant. ad Communionem. Ioann. 15, 26 ; 16, 14 ; 17, 1 et 5.
Spíritus qui a Patre procédit, allelúia : ille me clarificábit, allelúia, allelúia.

Le Saint-Esprit souffle où Il veut - CC Penitentsblancs
Le Saint-Esprit souffle où Il veut – CC Penitentsblancs

Le Saint-Esprit qui procède du Père
Me rendra gloire, au Ciel et sur la terre.

 

Sacré-Cœur de Jésus - CC The Photographer

Mercredi des Quatre-Temps de Pentecôte – Communion


Ant. ad Communionem. Ioann. 14, 27.
Pacem relínquo vobis, allelúia : pacem meam do vobis, allelúia, allelúia.

Sacré-Cœur de Jésus - CC The PhotographerJe pars, et vous laisse Ma paix :
Non la paix dont on jouit sur terre,
Car vous serez à tous suspects,
Et comme ils Me persécutèrent
Et Me mirent sur une croix,
Ainsi vous tourmenteront-ils.
Que votre cœur sans crainte croie,
Qu’il soit fécond, qu’il soit fertile,
Et c’est Moi qui lui donnerai
La paix même qui vient du Ciel,
Et qui soufflera : « Tu es près
D’entrer dans la gloire éternelle. »

Saint Marcellin - CC Agridecumantes

Saints Marcellin, Pierre et Erasme – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/. Ioann. 15, 16. Ego vos elégi de mundo, ut eátis et fructum afferátis : et fructus vester maneat. Allelúia.

Saint Marcellin - CC Agridecumantes
Saint Marcellin – CC Agridecumantes

La main qui fit la poudre et l’onde
Vous désigna parmi le monde
Ô nobles saints !

Quittez sans tarder vos demeures,
Suivez pleins de zèle et d’ardeur
Ses hauts desseins.

Dans le verger de l’univers
Étendez vos grands bras couverts
De nombreux fruits.

Ils tomberont un jour au sol
Et l’oiseau prendra son envol
Sur leur appui.

Le Martyre de saint Josaphat - Józef Simmler

Saint Josaphat – Offertoire


Ant. ad Offertorium. Ioann. 15, 13.
Maiórem caritátem nemo habet, ut ánimam suam ponat quis pro amícis suis.

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Le Martyre de saint Josaphat – Józef Simmler

« Seigneur, Seigneur, je t’aime, et le dis chaque jour !
Mon cœur vibre à ton nom, et mon cœur est brûlant,
Je suis pris à te voir d’invincibles élans,
Tant mon cœur a pour toi d’affection et d’amour. »

Vain cœur qui croit aimer parce qu’il n’est pas froid,
Ô fou qui croit aimer lorsque son cœur frissonne !
Le véritable ami jour après jour se donne,
Donne jusqu’à sa vie sur l’arbre de la croix.

La Sainte Vierge et saint Jean au pied de la Croix - Rogier van der Weyden

De la Sainte Vierge le samedi (après la Trinité) – Secrète


Secreta.
Tua, Dómine, propitiatióne, et beátæ Maríæ semper Vírginis intercessióne, ad perpétuam atque præséntem hæc oblátio nobis profíciat prosperitátem et pacem. Per Dóminum.

La Sainte Vierge et saint Jean au pied de la Croix - Rogier van der Weyden
La Sainte Vierge et saint Jean au pied de la Croix – Rogier van der Weyden

Seigneur Jésus, regardez tendrement
Les fils confiés à Votre sainte mère,
Cette Marie qui sut si bien Vous plaire
Qu’elle devint reine du Firmament.

Voyez ces fils, donnés à Votre mère
Par Votre bouche au sommet de la Croix ;
N’oubliez point, ô le plus grand des Roys,
Ce qui, mourant, a su jadis Vous plaire.

De Votre lèvre, au faîte de la Croix
Sont descendus des mots pleins de douceur ;
Que tous nos vœux montent vers Vous, Seigneur,
Et dans les Cieux touchent le plus grand Roy.

Des Cieux bénis, descend sainte douceur !
Viens habiter nos cœurs bien tendrement ;
Fais, je t’en prie, qu’un jour au Firmament,
Ils montent voir la Vierge et le Seigneur.

Un calice, vase qui contient le Précieux Sang de Notre-Seigneur - CC Sailko

Fête du Précieux Sang – Graduel


Graduale. 1. Ioann. 5, 6 et 7-8.
Hic est, qui venit per aquam et sánguinem, Iesus Christus : non in aqua solum, sed in aqua et sánguine.
V/. Tres sunt, qui testimónium dant in cælo : Pater, Verbum et Spíritus Sanctus ; et hi tres unum sunt. Et tres sunt, qui testimónium dant in terra : Spíritus, aqua et sanguis : et hi tres unum sunt.

Un calice, vase qui contient le Précieux Sang de Notre-Seigneur - CC Sailko
Un calice, vase qui contient le Précieux Sang de Notre-Seigneur – CC Sailko

Voici que vient Celui qui par le sang et l’eau
A sauvé les pécheurs !
Non par l’eau seulement, mais aussi par les flots
De Son sang rédempteur.

Ils sont trois dans le Ciel à rendre témoignage :
Père, Verbe, Esprit-Saint.
Ils témoignent tous trois, hors du monde et des âges,
Et tous trois ne font qu’Un.

Mais ils sont aussi trois à témoigner sur terre :
L’eau, le sang et l’esprit ;
Et tous trois sont Un seul envoyé par le Père
Qui L’aime et Le chérit.

Saint Silvère

Saint Silvère – Introït (messe Si diligis)


Ant. ad Introitum. Ioann. 21, 15, 16 et 17.
Si díligis me, Simon Petre, pasce agnos meos, pasce oves meas. (T.P. Allelúia, allelúia.)
Ps. 29, 2.
Exaltábo te, Dómine, quóniam suscepísti me, nec delectásti inimícos.
V/.Glória Patri.

Saint Silvère
Saint Silvère

Si tu M’aimes, Simon, laisse ici tes filets
Et dans ce pré dont Dieu te confie la tutelle,
Fais paître Mon troupeau de brebis et d’agnels,
Et du terrible loup, Pierre, protège-les.

Vers Vous Seigneur, mon chant s’élève !
Vous m’avez trouvé terrassé
Et sous la menace d’un glaive.

Mais Vous avez daigné chasser
Celui qui m’avait mis à terre,
Et ma honte s’est effacée.

Il ne rit plus, mon adversaire,
Il se lamente dans la nuit !
Soyez béni, ô divin Père,

Secourable et céleste appui !

Saint Thomas reconnaissant le Christ

Saint Thomas, apôtre – Communion


Ant. ad Communionem. Ioann. 20, 27.
Mitte manum tuam, et cognósce loca clavórum : et noli esse incrédulus, sed fidélis.

Ce n’est pas un sosie que contemplent tes yeux,
Ce n’est pas non plus un fantôme ;
Reconnais le Fils de ton Dieu
Qui revient parmi vous annoncer Son Royaume.

Thomas, glisse ton doigt dans les plaies de Mes mains,
Et dans celui de Ma poitrine ;
N’est-ce pas Moi que les Romains
Ont cloué sur la Croix en haut de la colline ?

« Mon Seigneur et mon Dieu ! » dis-tu, puisque tu vois.
A présent, demeure fidèle
A ce que put toucher ton doigt
Et ne balance plus sur ce qui vient du Ciel.

Saint Jean continuant à prier dans son martyre

Res – Psaume #118 – Distiques #49


Saint Jean continuant à prier dans son martyre
Saint Jean continuant à prier dans son martyre

Res

153 Vide humilitatem meam, et eripe me,
quia legem tuam non sum oblitus.
154 Judica judicium meum, et redime me :
propter eloquium tuum vivifica me.
155 Longe a peccatoribus salus,
quia justificationes tuas non exquisierunt.
156 Misericordiæ tuæ multæ, Domine ;
secundum judicium tuum vivifica me.
157 Multi qui persequuntur me, et tribulant me ;
a testimoniis tuis non declinavi.
158 Vidi prævaricantes et tabescebam,
quia eloquia tua non custodierunt.
159 Vide quoniam mandata tua dilexi, Domine :
in misericordia tua vivifica me.
160 Principium verborum tuorum veritas ;
in æternum omnia judicia justitiæ tuæ.

Res

Voyez mon affliction, délivrez Votre esclave :
Mon cœur est une table où Votre loi se grave.

Rachetez-moi, Seigneur, au jour de mon procès,
Et rendez-moi la vie quand viendra le décès.

Il est loin du salut, le pécheur qui s’obstine,
Qui veut poser ses pas loin de la voie divine.

Votre miséricorde, on ne peut la sonder :
Que Votre vie, Seigneur, veuille bien m’inonder !

Voyez ! Qu’ils sont nombreux, ceux qui me persécutent !
Mais je Vous loue encor sous les coups de ces brutes.

J’ai chu lorsque j’ai vu le cœur des apostats,
Qui combattent, haineux, le très doux Potentat.

Voyez plutôt, Dieu bon, à quel point je Vous aime :
Pénétrez en mon cœur et soyez ma Vie même !

C’est sur la vérité que s’assied Votre voix,
Sur un trône éternel que siège Votre loi !

Saint Jean à Patmos

Le dernier écrivain – Stances #63


Saint Jean à Patmos
Saint Jean à Patmos

Nous fêtons aujourd’hui saint Jean l’évangéliste, pour lequel j’ai une vénération particulière.

Poëtes, écrivains, tous nous nous répétons,
Et tout ce que j’écris fut déjà dit hier.
Oh, nous pouvons changer ou la forme ou le ton,
Varier le point de vue, passer de prose en vers,
Mais nous ne ferons rien de franchement nouveau.
Parler plus ou moins vrai, chanter plus ou moins juste,
Voilà ce qui seul peut distinguer des rivaux,
Qui nous peut mériter, oh tout au plus, un buste.

Ô vous seul méritez d’avoir une statue,
Un colosse à Patmos, ô saint évangéliste !
Depuis, chéri de Dieu, que vous vous êtes tu,
Avez tout dévoilé de l’Église et du Christ,
Tous ceux qui ont cherché ailleurs qu’en vos écrits,
De toute vérité sont toujours restés veufs.
Vous seul, ô grand saint Jean, que chaque jour je prie,
Avez dit le dernier quelque chose de neuf.