Elie et la veuve de Sarepta - Bernardo Strozzi (CC Yelkrokoyade)

Mardi de la deuxième semaine de Carême – Epître


3 Reg. 17, 8-16.
In diébus illis : Factus est sermo Dómini ad Elíam Thesbíten, dicens : Surge et vade in Saréphta Sidoniórum, et manébis ibi : præcépi enim ibi mulíeri víduæ, ut pascat te. Surréxit et ábiit in Saréphta. Cumque venísset ad portam civitátis, appáruit ei múlier vídua cólligens ligna, et vocávit eam, dixítque ei : Da mihi páululum aquæ in vase, ut bibam. Cumque illa pérgeret, ut afférret, clamávit post tergum eius, dicens : Affer mihi, óbsecro, et buccéllam panis in manu tua. Quæ respóndit : Vivit Dóminus, Deus tuus, quia non habeo panem, nisi quantum pugíllus cápere potest farínæ in hýdria, et páululum ólei in lécytho : en, collige duo ligna, ut ingrédiar, et fáciam illum mihi et fílio meo, ut comedámus et moriámur. Ad quam Elías ait : Noli timére, sed vade, et fac, sicut dixísti : verúmtamen mihi primum fac de ipsa farínula subcinerícium panem párvulum, et affer ad me : tibi autem et fílio tuo fácies póstea. Hæc autem dicit Dóminus, Deus Israël : Hýdria farínæ non defíciet, nec lécythus ólei minuétur, usque ad diem, in qua Dóminus datúrus est plúviam super fáciem terræ. Quæ ábiit, et fecit iuxta verbum Elíæ : et comédit ipse et illa et domus eius : et ex illa die hýdria farínæ non defécit, et lécythus ólei non est imminútus, iuxta verbum Dómini, quod locútus fúerat in manu Elíæ.

La parole de Dieu descendit sur Élie,
Et comme un vase ouvert, aussitôt le remplit :
« Ô toi que J’ai choisi, que J’aime et qui M’écoute,
Lève-toi, quitte tout, et marche sur la route
Jusques à Sarepta, du pays de Sidon,
Où tu demeureras, et tu vivras des dons
D’une veuve affligée d’une grande misère,
A qui J’ai, Moi, son Dieu, demandé de le faire. »
Élie se leva donc, il vint à Sarepta,
Et tout près de sa porte, assoiffé, s’arrêta.
Une veuve, penchée, peinait sous son regard,
Augmentant son fagot de bouts de bois épars.
« J’ai soif ! Sers-moi, dit-il, dans un vase un peu d’eau. »
Elle allait en puiser, quand il dit, dans son dos :
« Que ta main, je te prie, daigne m’offrir encor
Une bouchée de pain pour sustenter mon corps.
– Hélas, je n’en ai point, je n’en ai pas, mon Dieu !
J’ai deux doigts de farine, et ne puis t’offrir mieux
Pour les accompagner qu’un peu d’huile en un vase
Qui est aussi étroit du col jusqu’à la base.
Hélas, je viens ici pour ramasser du bois,
Et pour faire à manger une dernière fois :
Si grande est la misère où je me vois réduite,
Que nous devrons, mon fils, et moi, mourir ensuite.
– Ne tremble pas et fais tout comme tu le veux,
Néanmoins, tout d’abord, agis selon mes vœux :
Fais cuire un petit pain du reste de farine,
Pour qu’il éteigne en moi le feu de la famine,
Puis sers ton fils et toi, car Dieu te le promet :
La farine du pot ne manquera jamais,
Et tu pourras toujours te servir de cette huile
Tant qu’il ne pleuvra pas sur la terre stérile. »
Ainsi fit cette femme, et tout fut accompli
Selon la prédiction du grand prophète Élie.

Élie et la veuve de Sarepta – Bernardo Strozzi (CC Yelkrokoyade)

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