Encensoir - CC John P. Workman, Jr.

Dix petits grains de messe – 5 – Dirigatur Domine


Encensoir -  CC John P. Workman, Jr.
Encensoir – CC John P. Workman, Jr.

5 – Dirigatur, Domine…

« Dirigatur, Domine, oratio mea, sicut incensum, in conspectu tuo. »

« Que monte ma prière
Devant Vous, ô mon Dieu,
Comme l’encens, que le thuriféraire
Fait monter sous Vos yeux. »

À vrai dire, je n’ai jamais trop aimé l’encens : son parfum capiteux me donne des maux de tête et sa fumée m’a souvent fait tousser, notamment lorsque je servais à l’autel ; voire, lors des grandes chaleurs, des nausées et un peu d’étourdissement. Après tout, n’est-ce pas tout à fait normal ? L’encens est destiné à Dieu ; je ne suis qu’un homme. Comment pourrais-je supporter ce qu’Il s’est réservé depuis les temps mosaïques1 ?

Jadis, l’encens était offert à Dieu sur l’autel des parfums ; les cérémonies chrétiennes n’ont pas manqué de conserver un si saint usage2. De même que les mages les premiers offrirent l’encens à Jésus, reconnaissant ainsi, ô science admirable, qu’était vraiment Dieu ce petit enfant, le prêtre offre l’encens devant le pain et le vin, voyant déjà en eux le corps et le sang sacré de Notre Seigneur. Ce n’est rien en apparence, cette petite rondelle blanche, ces quelques gouttes de vin mêlées d’eau ; ce n’est rien à notre œil, mais notre foi affirme que c’est bien Dieu qui s’y trouvera quelques instants plus tard.

En fait, il y a à la messe (du moins à la grand-messe) deux encensements ; le premier a lieu juste après l’Introït, le second pendant l’Offertoire, de même que les Hébreux offraient l’encens le matin et le soir3. C’est très à propos que l’Église a choisi ces paroles admirables tirées du psaume 140, puisque David dit ensuite : « Que l’élévation de mes mains soit comme le sacrifice du soir. » Or, à ce sacrifice avait aussi lieu l’immolation de l’agneau :

« il s’agit ici tout à la fois de l’agneau immolé chaque soir, et des offrandes d’encens […] qui accompagnaient cette oblation.4 »

Voyez quelle profondeur recèlent ces courtes paroles et la place qui leur a été accordée dans le cours de la messe ! Détail, dira-t-on, détail. Détail ? Mais si tous les détails sont aussi lourds de sens, et ma petite étude de la messe me l’a suffisamment montré, on devrait, avant d’y toucher, trembler et amonceler des piles de recherche et d’exégèse. Quelle perte, oh, quelle perte on fait en tranchant d’un coup barbare ces merveilles de raffinement ! Mais revenons à notre matière.

L'autel des parfums dans l'Ancienne Alliance
L’autel des parfums dans l’Ancienne Alliance

Si l’odeur de l’encens m’indispose, la vue de la fumée qui s’élève m’a en revanche toujours plu : il y a quelque chose de fascinant dans ces volutes aux formes uniques, un peu grises, un peu bleues, qui révèlent les rayons du soleil, s’il y en a, et qui se dissolvent peu à peu dans le ciel. J’aime à penser que la fumée que nous faisons monter ainsi ne disparaît pas tout à fait mais rejoint en réalité la colonne de fumée qui guidait les Hébreux lors de l’Exode, qu’elle monte effectivement comme nos prières vers Dieu.

Nous autres fidèles ne pouvons offrir de l’encens, mais si nous voulons reprendre ce symbole de la prière qui s’élève vers Dieu, il nous est loisible d’offrir des cierges dont la flamme monte elle aussi. Cependant, et cela explique aussi, peut-être, pourquoi nous ne présentons l’encens qu’au cours de cérémonies sacrées, l’encens a un caractère particulier, une symbolique qui lui est propre et qui dépasse ce que nous avons vu jusqu’ici.

Nos prières, en effet, ne peuvent être directement agréées de Dieu, à cause de notre péché. Il faut que notre prière soit portée par quelqu’un qui soit plus grand que nous : cette personne, c’est le Christ, assisté de sa sainte mère. L’abbé Olier écrit ceci :

« la sainte Vierge est bien représentée par le Thuriféraire [ c’est-à-dire le servant qui porte l’encens …] puisqu’elle est cette femme revêtue de lumière, c’est-à-dire, couverte des splendeurs de Jésus-Christ et de ses divins exemples : […] c’est une femme environnée de son Fils, pénétrée comme un cristal des brillants du soleil ; enfin, c’est elle qui répand partout la bonne odeur de Jésus-Christ, et qui comme un temple sacré a été embaumée des parfums de Notre-Seigneur, s’offrant à son Père comme un encens très-suave, qu’elle répand après dans l’Église, et dont elle parfume tous les particuliers.5 »

Étonnante comparaison : le Christ est l’encensoir, la Vierge est le thuriféraire qui répand l’encens. Que personne ne s’écrie, comme Durtal dans La Cathédrale : « C’est la démence du symbolisme ! », car cette idée n’est pas une lubie de l’abbé Olier : pour qui a l’habitude de lire ou de chanter les Vêpres, ce verset que j’ai paraphrasé est exactement le même que celui qu’on a coutume de chanter lors de cet office juste avant le Magnificat, juste avant le chant de la Vierge elle-même. Qu’on ne croie pas qu’il s’agisse d’un simple hasard : une maigre connaissance en ce domaine fait tout de suite comprendre qu’il n’y a pas de hasard ; les hommes qui ont composé la liturgie sont comme ces ouvriers qui obéissent à l’architecte, ne connaissant jamais le plan tout entier, n’ayant qu’une idée assez sommaire de l’ensemble, ignorant parfois pour quelle raison ils agissent, mais faisant consciencieusement leur travail.

Plus jeune, n’ignorant point que l’encens était réservé à Dieu, j’étais surpris de ce que les fidèles étaient eux aussi encensés. Il paraît qu’un encensement particulier était accordé aux hommes les plus importants et les plus nobles de l’assemblée, au temps jadis, à titre honorifique ; mais pour nous,

« on fait l’encensement pour représenter l’effet de la grâce, qui est la bonne odeur dont Jésus-Christ est rempli, et qui doit passer de Jésus-Christ aux Fidèles »,

dit saint Thomas6. L’image est limpide et découle de ce que nous avons vu auparavant. On peut aussi penser, comme Durand, que la fumée de l’encens représente les prières des saints qui montent vers Dieu pour nous7.

Pour que nous n’oubliions pas cette image et que nous ne nous laissions pas aller à penser que cet encens est offert en notre honneur, pourquoi ne pas dire in pectore cette prière que certains cérémoniels demandaient aux fidèles de réciter :

« Que le Seigneur allume en nous le feu de son amour, et la flamme d’une éternelle charité.8 » ?

L’abbé Barthe a de son côté une jolie image qui résume bien le tout :

« il faut brûler l’encens de la dévotion dans l’encensoir de notre cœur avec le feu de la charité afin qu’il dégage son odeur de suavité vertueuse ; il faut que notre offrande, et surtout nous-mêmes, soyons un parfum agréable devant Dieu9. »

Thuriféraire - Julius Scholtz
Thuriféraire – Julius Scholtz

Enfin, il y a quelque chose qui me plaît dans l’encens : c’est son caractère profondément charnel. L’encens est encore une marque du caractère incarné de notre religion, ou plutôt, de l’ordre parfait dans lequel elle dispose le corps et l’âme : elle ne méprise point le corps, ni la terre, bien qu’elle en constate la déchéance et nous mette en garde contre les périls qu’ils présentent, mais elle se sert de la création matérielle pour rendre honneur à son Créateur. J’ai été tout à fait frappé de constater que, au contraire, certaines doctrines qui méprisent le corps rejettent aussi l’encens : c’était par exemple le cas des Manichéens, qui estimaient la matière mauvaise en elle-même ; les doctrines hermétiques, qui me sont un peu plus connues, professaient une croyance similaire, et refusaient vigoureusement l’encens10 ; il en est de même dans la plupart des sectes protestantes, dont le mépris du corps est bien connu, et j’ai même entendu des protestants prétendre que l’offrande de l’encens était idolâtrique !

L’encens est donc un bon exemple de ces réalités charnelles qui doivent nous conduire à la contemplation des réalités spirituelles justement parce que son mouvement propre, cette fumée qui monte vers le ciel, représente le trajet que devraient toujours suivre nos yeux et notre cœur : il faut voir le monde, non pour lui, mais pour regarder son Créateur.

1Exode 30, 36 : « Sanctum sanctorum erit vobis thymiama. » « Ce parfum vous sera extrêmement saint. »

2Bien que, d’après Tertullien, dans l’église persécutée, on n’offrait point d’encens, parce qu’on en faisait usage dans les cérémonies païennes. (voir Apologétique, chapitre 42 : « Thura plane non emimus » « Nous n’achetons point d’encens, il est vrai. »

3Exode, XXX, 7-8.

4Abbé Fillion, La Sainte Bible commentée d’après la Vulgate et les textes originaux, tome 4, p. 400, note 1b-2, sur le psaume 140.

5Abbé Olier, op. cit., pp. 353-354.

6Cité par l’abbé Lebrun, p. 300.

7Durand de Mende, op. cit., p. 227 : « Fumus aromatum sunt orationes sanctorum, quae per ardorem charitatis ex passione Domini propagatae ad Deum ascendunt, et nos ad coronam Trinitatis provehunt. » « La fumée des aromates sont les prières des saints, qui, propagées par l’ardeur de l’amour venu de la passion du Seigneur, montent vers Dieu, et nous élèvent à la couronne de la Trinité. »

8Messe de Du Tillet, p. 271, trouvé chez l’abbé Lebrun, p. 300.

9Abbé Barthe, op. cit., p. 139.

10L’hermétisme professait qu’il n’y avait rien de bon sur terre (« οὐδὲν ἀγαθὸν ἐπὶ τῆς γῆς » (Corpus Hermeticum, t. III, Les Belles Lettres, p. 55) et réprouve très clairement l’usage de l’encens : « Hoc enim sacrilegis simile est, cum deum roges, tus ceteraque incendere. » « C’est une sorte de sacrilège, quand on prie Dieu, de brûler de l’encens et tout le reste. » (ibid., t. II, p. 352).

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Antonio Balestra - Isaïe et le séraphin

Dix petits grains de messe – 2 – Munda cor meum


Antonio Balestra - Isaïe et le séraphin
Antonio Balestra – Isaïe et le séraphin

2 – Munda cor meum

« Munda cor meum ac labia mea, omnipotens Deus, qui labia Isaiae Prophetae calculo mundasti ignito. »

« Purifiez, ô Seigneur,
Mes lèvres et mon cœur,
Vous qui jadis avez
D’un charbon embrasé
Rendu la bouche nette
D’Isaïe le prophète. »

Nous passons par-dessus une grande partie de la messe pour nous arrêter juste avant la lecture de l’Évangile. Celui qui s’apprête à lire, soit le diacre, soit le prêtre, s’il est seul, prononce cette magnifique prière inspirée d’une des plus illustres pages de la prophétie d’Isaïe. Au sixième chapitre1, Isaïe voit le Ciel s’ouvrir, le Seigneur siégeant sur Son trône en majesté, et les Séraphins, anges les plus hauts de la hiérarchie céleste, dont le nom pourrait signifier « ceux qui brûlent2 », volent autour du trône en chantant le Sanctus, ou plutôt la première partie du Sanctus. Isaïe, terrifié, s’écrie alors :

« Malheur à moi, qui me suis tu,
Qui vis avec la lèvre impure
Au milieu d’un peuple au cœur dur,
Et qui vois le Seigneur tout de gloire vêtu ! »

C’est un fait bien connu que l’on ne peut voir Dieu sans mourir ; même les païens le savaient, eux qui représentèrent Sémélé périssant de voir le vrai visage de Zeus. La mort semble devoir frapper Isaïe, mais un Séraphin vient avec un charbon ardent qu’il a pris de l’autel et brûle les lèvres du prophète en disant :

« Touchées de ce charbon ardent,
Tes lèvres te sont rendues pures,
Et ton cœur rendu sans souillures,
Ô fils d’Adam. »

Alors Dieu demande qui Il enverra pour parler en Son nom, et Isaïe se propose spontanément, lui qui avait, avant que l’ange vienne, crié malheur. Dieu l’envoie alors annoncer à Israël que son endurcissement lui vaudra un châtiment terrible, ce qui n’est pas sans effrayer Isaïe qui ose demander quand s’arrêteront de tels malheurs.

Il est tout naturel qu’une référence à Isaïe se trouve juste avant la lecture de l’Évangile, lui qui a été plus d’une fois surnommé le cinquième évangéliste. Comme David persécuté était une préfiguration du Christ souffrant la Passion, Isaïe

« était une figure des Apôtres appelés pour être Prophètes […qui] avaient besoin d’être purgés par la divine ardeur du Saint-Esprit, qui leur donnât vigueur et force, et qui purifiât même leurs langues, pour pouvoir prononcer hautement le divin Évangile. C’est pourquoi le Saint-Esprit descendit en forme de langues de feu, pour leur donner l’ardeur au cœur et le feu en la bouche, qui pût échauffer les cœurs des plus refroidis. Ce Séraphin signifie le Saint-Esprit, et le charbon ardent qui purifie les lèvres, signifie les dons du Saint-Esprit, qui fait parler les saints Apôtres, et en fait des Séraphins par l’ardeur qu’il leur donne.3 »

J’ai voulu citer dans son intégralité, ou presque, ce passage de l’abbé Olier parce qu’il exprime beaucoup mieux que je ne ferais, et beaucoup plus sûrement, ce que je ressens, ce que m’évoque, ce à quoi je pense lorsque je lis cette prière de la messe.

Le Saint-Esprit - Le Bernin - CC Dnalor 01
Le Saint-Esprit – Le Bernin – CC Dnalor 01

Je ne me puis m’empêcher de songer, d’une part, à mon propre travail poétique. La muse qu’invoquent les poètes, n’est-elle pas plutôt un de ces anges que Dieu envoie, et Apollon, souvent associé au soleil, n’est-il pas Jésus-Christ Lui-même ? Si l’inspiration n’est pas un vain mot, et je ne crois pas que ce soit le cas, car même Valéry, artisan patient et travailleur s’il en est, croyait un peu à l’inspiration4, elle ne peut venir que de Dieu ou du diable ; il faut donc prier pour que ce soit le premier, et non l’autre, qui nous inspire. Notez, par ailleurs, que je ne crois pas qu’il y ait une différence de nature entre l’inspiration du poète et celle de n’importe quel autre homme dans n’importe quelle autre activité ; aussi cette prière sied-elle aussi bien au poète qu’au prince, au charpentier qu’au comptable, au sportif, au jardinier, à l’informaticien, et que sais-je encore, car chacun a besoin de la bénévole influence divine pour agir conformément à Ses vues.

Le supplice d'Isaïe
Le supplice d’Isaïe

D’autre part, et plus spécifiquement, c’est à l’annonce de l’Évangile autour de nous que je songe en lisant cette prière. Isaïe avait pour ordre d’annoncer à Israël d’épouvantables nouvelles5, et quelque douleur que lui causa l’idée de transmettre ces nouvelles aux Israélites plongés dans l’impiété, il ne renâcla point, allant, dit-on, jusqu’à un épouvantable martyre6 ; quant à moi, qui dois annoncer une bonne nouvelle aux incroyants, osé-je le faire ? Je reste trop souvent comme le prophète Jérémie, avant de recevoir la grâce de Dieu, à bégayer : « Ah, ah, ah !7 ». Comme j’aimerais qu’un Séraphin vienne brûler mes lèvres lorsque j’entends une de mes connaissances blasphémer ou dire du mal du christianisme (et j’en connais un certain nombre) ; si seulement j’avais la présence d’esprit de parler avec sagesse et fermeté ! Si seulement je pouvais ne pas trembler, par respect humain, comme Isaïe devant le roi Manassé8, pourtant profondément enfoncé dans toutes sortes d’impiétés ; et ce ne fut pas en vain qu’Isaïe prophétisa devant ce roi, car celui-ci se repentit9.

« Domine, labia mea aperies : et os meum annuntiabit laudem tuam.10 »

« Que ma bouche, ô Seigneur, s’ouvre au toucher de l’ange,
Et que partout ma voix proclame Vos louanges. »

Je pourrais dire alors avec le pauvre Lélian :

« Moi qui ne suis qu’un brin d’hysope dans la main
Du Seigneur tout-puissant qui m’octroya la grâce,
Je puis, si mon dessein est pur devant Sa face,
Purifier autrui passant sur mon chemin.11 »

1On le trouve notamment au premier nocturne des Matines de la fête de la Sainte Trinité.

2« Au témoignage des hébraïsants, le mot de séraphins signifie lumière et chaleur » Saint (ou pseudo) Denys l’Aréopagite, « De la hiérarchie céleste », VII, 1, in Œuvres de Saint Denys l’Aréopagite, Maison de la Bonne Presse, 1845, p. 27

3Abbé Olier, Explications des cérémonies de la Grand’messe de paroisse selon l’usage romain, Poussielgue-Rusand, 1858, p. 278-279.

4« Les dieux, gracieusement, nous donnent pour rien tel premier vers », Valéry, Variété (1924), « Au Sujet d’Adonis » (1921), p. 482, éd. Pléiade, t. I.

5Mais ces mauvaises nouvelles auraient pu devenir bonnes si Israël s’était repenti : « Dicente me ad impium : Morte morieris ut avertatur a via sua impia et vivat » « Je dis à l’impie : Tu mourras, afin qu’il se détourne de sa voix impie et qu’il vive » (Ezechiel, III, 18) ; l’exemple de Ninive le montre assez. A contrario, l’Évangile devient une mauvaise nouvelle pour ceux qui le refusent, car c’est pour eux une occasion de chute, ainsi que l’écrit très justement Corneille dans sa traduction de l’Imitation de Jésus-Christ :
« Toi qui par l’amour-propre à toi-même attaché,
l’écoutes et la lis sans en être touché,
faute de cet esprit tu n’y trouves qu’épines » (Livre I, vers 15-17).

6Le trépas d’Isaïe n’est pas raconté dans la Bible, mais dans un apocryphe plus ou moins hérétique appelé L’Ascension d’Isaïe dont je ne connais qu’une version en ligne et en anglais qu’on trouvera ici : http://www.earlychristianwritings.com/text/ascension.html
La mort d’Isaïe se trouve au chapitre V, verset 11 : « Et ils saisirent et scièrent pour le couper en deux Isaïe, fils d’Amos, avec une scie en bois. » (Ma traduction depuis le texte anglais). Quoiqu’il en soit de la réalité de ce martyre, une telle mort correspond bien à ce que nous savons du prophète avec certitude.

7Jérémie, I, 6. « Je répondis : Ah, ah, ah, Seigneur Dieu, je ne sais point parler, car je suis un enfant. » (traduction de l’abbé Fillion).

8Ce roi de Juda ne doit pas être confondu avec Manassé, fils de Joseph, qui a fondé une des tribus (ou une demi-tribu) d’Israël.

92 Paralipomènes (2 Chroniques), 33, 13. « et cognovit Manasses quod Dominus ipse esset Deus. », « et Manassé reconnut que le Seigneur était le seul Dieu. »

10Formule répétée trois fois au début des Matines.

11Paul Verlaine, « Asperges me », in Liturgies intimes.

Saint Valentin devant la Vierge - David Teniers III

Saint Valentin – Offertoire


Ant. ad Offertorium. Ps. 8, 6-7.
Glória et honóre coronásti eum : et constituísti eum super ópera mánuum tuárum, Dómine.

Saint Valentin devant la Vierge - David Teniers III
Saint Valentin devant la Vierge – David Teniers III

Ô jour de gloire, ô jour de fête !
Vous avez posé sur sa tête,
Sur la tête de Votre saint,
Le plus fin, le plus beau diadème,
D’or et d’argent niellés de gemmes
Qui représentent Vos desseins.

Ô Roy, Vous avez en personne
Ceint son front pur d’une couronne,
Et Vous l’avez fait souverain,
Vous l’avez vêtu de puissance
Sur tout ce qui a pris naissance
De Vos toutes-puissantes mains.

 

Bartolo di Fredi - L'annonciation à saint Joachim

Saint Joachim – Offertoire


Ant. ad Offertorium. Ps. 8, 6-7.
Glória et honore coronásti eum : et constituísti eum super ópera mánuum tuárum, Dómine.

Bartolo di Fredi - L'annonciation à saint Joachim
Bartolo di Fredi – L’annonciation à saint Joachim

De gloire et d’honneur,
Ô Seigneur,
Vous l’avez couronné.

Vous l’avez fait prince
De provinces
Qui de Vos mains sont nées.

 

Dieu le Père trônant, entouré de la Vierge Marie et du Christ

Visitation de la Vierge Marie – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/. Felix es, sacra Virgo María, et omni laude digníssima : quia ex te ortus est sol iustítiæ, Christus, Deus noster. Allelúia.

Dieu le Père trônant, entouré de la Vierge Marie et du Christ
Dieu le Père trônant, entouré de la Vierge Marie et du Christ

Vierge sainte, ô Vierge Marie,
Ô Reine du Ciel et des anges,
Ô digne de toute louange,
Votre joie pour toujours fleurit.

De votre sein vient Jésus-Christ,
Le Dieu que Ses fidèles mangent,
Et l’astre éclatant qui se venge
Du crime et qui nous en guérit.

 

Saint François Caracciolo devant le Saint Sacrement

Saint François Caracciolo – Communion


Ant. ad Communionem. Ps. 30, 20.
Quam magna multitúdo dulcédinis tuæ, Dómine, quam abscondísti timéntibus te. (T.P. Allelúia.)

Saint François Caracciolo devant le Saint Sacrement
Saint François Caracciolo devant le Saint Sacrement

Qu’elle est grande, Cette douceur,
Seigneur,
Que Vous cachez dans Votre sein
Pour ceux qui Vous craignent, Vos saints !

 

Les Saintes Femmes au Saint Sépulcre - Benjamin West

Lundi de Pâques – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/. Matth. 28, 2.
Angelus Dómini descéndit de cælo : et accédens revólvit lápidem, et sedébat super eum.

Les Saintes Femmes au Saint Sépulcre - Benjamin West
Les Saintes Femmes au Saint Sépulcre – Benjamin West

L’ange de Dieu descendit sur la terre,
Près du Tombeau dont il ouvrit l’issue ;
Comme un orage, il fit rouler la pierre
Et s’assit au-dessus.

 

Flagellation des Quatre Saints Couronnés - Niccolo di Pietro Gerini - CC Sailko

Les Quatre Saints Couronnés – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/. Eccli. 44, 14. Córpora Sanctórum in pace sepúlta sunt, et nómina eórum vivent in generatiónem et generatiónem. Allelúia.

Flagellation des Quatre Saints Couronnés - Niccolo di Pietro Gerini - CC Sailko
Flagellation des Quatre Saints Couronnés – Niccolo di Pietro Gerini – CC Sailko

Les corps des saints martyrs, brisés par les souffrances,
Reposent dans la paix.
L’Esprit qui les drapait
Les a mis dans les Cieux où, plein de déférence,
L’ange leur rend sans fin des honneurs mérités
Par une mort fidèle.
Les noms de ces modèles
Ne passeront jamais : ils ont l’éternité.

Le Purgatoire - Très Riches Heures du Duc de Berry

Défunts – Trait (Troisième messe)


Tractus.
Absólve, Dómine, ánimas ómnium fidelium defunctórum ab omni vínculo delictórum.
V/. Et grátia tua illis succurrénte mereántur evádere iudícium ultiónis.
V/. Et lucis ætérnæ beatitúdine pérfrui.

Le Purgatoire - Très Riches Heures du Duc de Berry
Le Purgatoire – Très Riches Heures du Duc de Berry

Déchirez les liens qui retiennent
L’âme du fidèle attaché
Au roc ténébreux du péché,
À l’arbre tordu de la haine.

Ô Juge terrible des Cieux,
Épargnez-leur Votre vengeance ;
Donnez-leur un mérite immense,
Ô Père bon, doux et gracieux.

Seigneur, si Vos portes se ferment,
Accueillez dans l’éternité
Et l’infinie félicité
Tous ceux qui sont demeurés fermes.

Les Saints du Ciel - Bienheureux Fra Angelico

Toussaint – Graduel


Graduale. Ps. 33, 10 et 11.
Timéte Dóminum, omnes Sancti eius : quóniam nihil deest timéntibus eum.
V/. Inquiréntes autem Dóminum, non defícient omni bono.

Les Saints du Ciel - Bienheureux Fra Angelico
Les Saints du Ciel – Bienheureux Fra Angelico

Que manque-t-il, Seigneur, à celui qui Vous craint ?
Il a plus qu’aucun roi n’aura sur cette terre ;
Vous lui donnez les biens qui jamais ne s’altèrent
Et les anges forment son train.

Chaque jour, cherche Dieu ; chante Dieu chaque jour ;
Chaque jour, Dieu t’octroie des bienfaits plus nombreux,
Et Dieu te comptera parmi les bienheureux
Qui peuplent l’éternelle cour.

Tobie et l'archange saint Raphaël - Pieter Lastman

Saint Raphaël – Introït


Ant. ad Introitum. Ps. 102, 20.
Benedícite Dóminum, omnes Angeli eius : poténtes virtúte, qui fácitis verbum eius, ad audiéndam vocem sermónum eius.
Ps. ibid., 1.
Benedic, ánima mea. Dómino : et ómnia, quæ intra me sunt, nómini sancto eius.
V/. Glória Patri.

Tobie et l'archange saint Raphaël - Pieter Lastman
Tobie et l’archange saint Raphaël – Pieter Lastman

Anges de Dieu, qui contemplez Sa face,
Bénissez-Le !
Anges puissants qui répandez Sa grâce
Et sur Son ordre allez du Ciel si bleu
Jusqu’à la terre et nos âmes si noires,
Bénissez Dieu de l’aube au soir.

Et toi, mon cœur, bénis le Roy des Cieux !
Prie-Le qu’Il fasse
Que tout en toi Le chante de son mieux,
Et que jamais, jamais tu ne te lasses
De glorifier le seul, l’unique Roy,
Et Son saint nom en qui tu crois.

Sainte Agnès - Le Dominiquin

Sainte Agnès – Postcommunion


Postcommunio.
Refécti cibo potúque cælésti, Deus noster, te súpplices exorámus : ut, in cuius hæc commemoratióne percépimus, eius muniámur et précibus. Per Dóminum.

Sainte Agnès - Le Dominiquin
Sainte Agnès – Le Dominiquin

Ô Corps si cher,
Ô Sang si saint,
Qui vins sur terre
Et dans mon sein !

Ô Chair d’Amour,
Ô divin mets,
Fais-moi secours
À tout jamais !

Ô jour d’Agnès,
Supplie pour moi
La tendre nièce
Du tendre Roy !

Saint Silvestre - CC Rmeyen

Saint Silvestre – Postcommunion


Postcommunio P.
Divína dape reféctis tríbue, quǽsumus, Dómine : sancti Silvéstri Abbátis vestígiis ita inhærére ; ut copiósam mercédem in regno glóriæ tuæ cum Sanctis habeámus. Per Dóminum.

Saint Silvestre - CC Rmeyen
Saint Silvestre – CC Rmeyen

Mon œil soudain s’ouvre et voit un chemin,
Mais que l’air, autour, me paraît obscur !
À peine puis-je voir ma main
Si j’ose l’éloigner un peu de ma figure.

Mais que vois-je ? Au sol, des traces de pas.
À qui sont, mon ange, à qui ces vestiges ?
Ange, ne le savez-vous pas ?
Faut-il, ô mon gardien, que ces pas me dirigent ?

– Suis sans hésiter les traces du saint :
Voilà la sagesse et la vraie prudence ;
Dieu t’accueillera dans Son sein
Et chargera ton bras d’infinies récompenses.

Sainte Gertrude (tenant un lys) entourée de sainte Marie Alacoque (avec le reliquaire), sainte Catherine d'Alexandrie (avec l'épée) et sainte Julienne du Mont-Cornillon - CC Ralph Hammann

Sainte Gertrude – Alléluia (Messe Dilexisti)


Allelúia, allelúia. V/. Ibid., 15 et 16. Adducéntur Regi Vírgines post eam : próximæ eius afferéntur tibi in lætítia. Allelúia.

Sainte Gertrude (tenant un lys) entourée de sainte Marie Alacoque (avec le reliquaire), sainte Catherine d'Alexandrie (avec l'épée) et sainte Julienne du Mont-Cornillon - CC Ralph Hammann
Sainte Gertrude (tenant un lys) entourée de sainte Marie Alacoque (avec le reliquaire), sainte Catherine d’Alexandrie (avec l’épée) et sainte Julienne du Mont-Cornillon – CC Ralph Hammann

Non, vous n’êtes pas venue seule
Pour vous offrir au Roy des rois,
Car après vous, mille filleules
Sont venues, suivant votre voie.

Mille vierges, à votre exemple,
Ont fait le don de leur esprit
Et de leur corps au très-saint temple,
Et le Seigneur les a tous pris.

On les mène, dans l’allégresse,
Dans la joie, tandis que leur pouls
Tremble plus fort et les oppresse
Car elles vont voir leur époux.