Encensoir - CC John P. Workman, Jr.

Dix petits grains de messe – 5 – Dirigatur Domine


Encensoir -  CC John P. Workman, Jr.
Encensoir – CC John P. Workman, Jr.

5 – Dirigatur, Domine…

« Dirigatur, Domine, oratio mea, sicut incensum, in conspectu tuo. »

« Que monte ma prière
Devant Vous, ô mon Dieu,
Comme l’encens, que le thuriféraire
Fait monter sous Vos yeux. »

À vrai dire, je n’ai jamais trop aimé l’encens : son parfum capiteux me donne des maux de tête et sa fumée m’a souvent fait tousser, notamment lorsque je servais à l’autel ; voire, lors des grandes chaleurs, des nausées et un peu d’étourdissement. Après tout, n’est-ce pas tout à fait normal ? L’encens est destiné à Dieu ; je ne suis qu’un homme. Comment pourrais-je supporter ce qu’Il s’est réservé depuis les temps mosaïques1 ?

Jadis, l’encens était offert à Dieu sur l’autel des parfums ; les cérémonies chrétiennes n’ont pas manqué de conserver un si saint usage2. De même que les mages les premiers offrirent l’encens à Jésus, reconnaissant ainsi, ô science admirable, qu’était vraiment Dieu ce petit enfant, le prêtre offre l’encens devant le pain et le vin, voyant déjà en eux le corps et le sang sacré de Notre Seigneur. Ce n’est rien en apparence, cette petite rondelle blanche, ces quelques gouttes de vin mêlées d’eau ; ce n’est rien à notre œil, mais notre foi affirme que c’est bien Dieu qui s’y trouvera quelques instants plus tard.

En fait, il y a à la messe (du moins à la grand-messe) deux encensements ; le premier a lieu juste après l’Introït, le second pendant l’Offertoire, de même que les Hébreux offraient l’encens le matin et le soir3. C’est très à propos que l’Église a choisi ces paroles admirables tirées du psaume 140, puisque David dit ensuite : « Que l’élévation de mes mains soit comme le sacrifice du soir. » Or, à ce sacrifice avait aussi lieu l’immolation de l’agneau :

« il s’agit ici tout à la fois de l’agneau immolé chaque soir, et des offrandes d’encens […] qui accompagnaient cette oblation.4 »

Voyez quelle profondeur recèlent ces courtes paroles et la place qui leur a été accordée dans le cours de la messe ! Détail, dira-t-on, détail. Détail ? Mais si tous les détails sont aussi lourds de sens, et ma petite étude de la messe me l’a suffisamment montré, on devrait, avant d’y toucher, trembler et amonceler des piles de recherche et d’exégèse. Quelle perte, oh, quelle perte on fait en tranchant d’un coup barbare ces merveilles de raffinement ! Mais revenons à notre matière.

L'autel des parfums dans l'Ancienne Alliance
L’autel des parfums dans l’Ancienne Alliance

Si l’odeur de l’encens m’indispose, la vue de la fumée qui s’élève m’a en revanche toujours plu : il y a quelque chose de fascinant dans ces volutes aux formes uniques, un peu grises, un peu bleues, qui révèlent les rayons du soleil, s’il y en a, et qui se dissolvent peu à peu dans le ciel. J’aime à penser que la fumée que nous faisons monter ainsi ne disparaît pas tout à fait mais rejoint en réalité la colonne de fumée qui guidait les Hébreux lors de l’Exode, qu’elle monte effectivement comme nos prières vers Dieu.

Nous autres fidèles ne pouvons offrir de l’encens, mais si nous voulons reprendre ce symbole de la prière qui s’élève vers Dieu, il nous est loisible d’offrir des cierges dont la flamme monte elle aussi. Cependant, et cela explique aussi, peut-être, pourquoi nous ne présentons l’encens qu’au cours de cérémonies sacrées, l’encens a un caractère particulier, une symbolique qui lui est propre et qui dépasse ce que nous avons vu jusqu’ici.

Nos prières, en effet, ne peuvent être directement agréées de Dieu, à cause de notre péché. Il faut que notre prière soit portée par quelqu’un qui soit plus grand que nous : cette personne, c’est le Christ, assisté de sa sainte mère. L’abbé Olier écrit ceci :

« la sainte Vierge est bien représentée par le Thuriféraire [ c’est-à-dire le servant qui porte l’encens …] puisqu’elle est cette femme revêtue de lumière, c’est-à-dire, couverte des splendeurs de Jésus-Christ et de ses divins exemples : […] c’est une femme environnée de son Fils, pénétrée comme un cristal des brillants du soleil ; enfin, c’est elle qui répand partout la bonne odeur de Jésus-Christ, et qui comme un temple sacré a été embaumée des parfums de Notre-Seigneur, s’offrant à son Père comme un encens très-suave, qu’elle répand après dans l’Église, et dont elle parfume tous les particuliers.5 »

Étonnante comparaison : le Christ est l’encensoir, la Vierge est le thuriféraire qui répand l’encens. Que personne ne s’écrie, comme Durtal dans La Cathédrale : « C’est la démence du symbolisme ! », car cette idée n’est pas une lubie de l’abbé Olier : pour qui a l’habitude de lire ou de chanter les Vêpres, ce verset que j’ai paraphrasé est exactement le même que celui qu’on a coutume de chanter lors de cet office juste avant le Magnificat, juste avant le chant de la Vierge elle-même. Qu’on ne croie pas qu’il s’agisse d’un simple hasard : une maigre connaissance en ce domaine fait tout de suite comprendre qu’il n’y a pas de hasard ; les hommes qui ont composé la liturgie sont comme ces ouvriers qui obéissent à l’architecte, ne connaissant jamais le plan tout entier, n’ayant qu’une idée assez sommaire de l’ensemble, ignorant parfois pour quelle raison ils agissent, mais faisant consciencieusement leur travail.

Plus jeune, n’ignorant point que l’encens était réservé à Dieu, j’étais surpris de ce que les fidèles étaient eux aussi encensés. Il paraît qu’un encensement particulier était accordé aux hommes les plus importants et les plus nobles de l’assemblée, au temps jadis, à titre honorifique ; mais pour nous,

« on fait l’encensement pour représenter l’effet de la grâce, qui est la bonne odeur dont Jésus-Christ est rempli, et qui doit passer de Jésus-Christ aux Fidèles »,

dit saint Thomas6. L’image est limpide et découle de ce que nous avons vu auparavant. On peut aussi penser, comme Durand, que la fumée de l’encens représente les prières des saints qui montent vers Dieu pour nous7.

Pour que nous n’oubliions pas cette image et que nous ne nous laissions pas aller à penser que cet encens est offert en notre honneur, pourquoi ne pas dire in pectore cette prière que certains cérémoniels demandaient aux fidèles de réciter :

« Que le Seigneur allume en nous le feu de son amour, et la flamme d’une éternelle charité.8 » ?

L’abbé Barthe a de son côté une jolie image qui résume bien le tout :

« il faut brûler l’encens de la dévotion dans l’encensoir de notre cœur avec le feu de la charité afin qu’il dégage son odeur de suavité vertueuse ; il faut que notre offrande, et surtout nous-mêmes, soyons un parfum agréable devant Dieu9. »

Thuriféraire - Julius Scholtz
Thuriféraire – Julius Scholtz

Enfin, il y a quelque chose qui me plaît dans l’encens : c’est son caractère profondément charnel. L’encens est encore une marque du caractère incarné de notre religion, ou plutôt, de l’ordre parfait dans lequel elle dispose le corps et l’âme : elle ne méprise point le corps, ni la terre, bien qu’elle en constate la déchéance et nous mette en garde contre les périls qu’ils présentent, mais elle se sert de la création matérielle pour rendre honneur à son Créateur. J’ai été tout à fait frappé de constater que, au contraire, certaines doctrines qui méprisent le corps rejettent aussi l’encens : c’était par exemple le cas des Manichéens, qui estimaient la matière mauvaise en elle-même ; les doctrines hermétiques, qui me sont un peu plus connues, professaient une croyance similaire, et refusaient vigoureusement l’encens10 ; il en est de même dans la plupart des sectes protestantes, dont le mépris du corps est bien connu, et j’ai même entendu des protestants prétendre que l’offrande de l’encens était idolâtrique !

L’encens est donc un bon exemple de ces réalités charnelles qui doivent nous conduire à la contemplation des réalités spirituelles justement parce que son mouvement propre, cette fumée qui monte vers le ciel, représente le trajet que devraient toujours suivre nos yeux et notre cœur : il faut voir le monde, non pour lui, mais pour regarder son Créateur.

1Exode 30, 36 : « Sanctum sanctorum erit vobis thymiama. » « Ce parfum vous sera extrêmement saint. »

2Bien que, d’après Tertullien, dans l’église persécutée, on n’offrait point d’encens, parce qu’on en faisait usage dans les cérémonies païennes. (voir Apologétique, chapitre 42 : « Thura plane non emimus » « Nous n’achetons point d’encens, il est vrai. »

3Exode, XXX, 7-8.

4Abbé Fillion, La Sainte Bible commentée d’après la Vulgate et les textes originaux, tome 4, p. 400, note 1b-2, sur le psaume 140.

5Abbé Olier, op. cit., pp. 353-354.

6Cité par l’abbé Lebrun, p. 300.

7Durand de Mende, op. cit., p. 227 : « Fumus aromatum sunt orationes sanctorum, quae per ardorem charitatis ex passione Domini propagatae ad Deum ascendunt, et nos ad coronam Trinitatis provehunt. » « La fumée des aromates sont les prières des saints, qui, propagées par l’ardeur de l’amour venu de la passion du Seigneur, montent vers Dieu, et nous élèvent à la couronne de la Trinité. »

8Messe de Du Tillet, p. 271, trouvé chez l’abbé Lebrun, p. 300.

9Abbé Barthe, op. cit., p. 139.

10L’hermétisme professait qu’il n’y avait rien de bon sur terre (« οὐδὲν ἀγαθὸν ἐπὶ τῆς γῆς » (Corpus Hermeticum, t. III, Les Belles Lettres, p. 55) et réprouve très clairement l’usage de l’encens : « Hoc enim sacrilegis simile est, cum deum roges, tus ceteraque incendere. » « C’est une sorte de sacrilège, quand on prie Dieu, de brûler de l’encens et tout le reste. » (ibid., t. II, p. 352).

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Coeur Immaculé de Marie - CC Diana Ringo

Immaculée Conception – Introït


Ant. ad Introitum. Is. 61, 10.
Gaudens gaudébo in Dómino, et exsultábit ánima mea in Deo meo : quia índuit me vestiméntis salútis : et induménto iustítiæ circúmdedit me, quasi sponsam ornátam monílibus suis.
Ps. 29, 2
Exaltábo te, Dómine, quóniam suscepísti me : nec delectásti inimícos meos super me.
V/. Glória Patri.

Coeur Immaculé de Marie - CC Diana Ringo
Cœur Immaculé de Marie – CC Diana Ringo

Mon Seigneur remplira mon cœur
Du plus insondable bonheur ;
Toute mon âme exultera
Dans la tendresse de Ses bras.
Il a fait briller sur mon corps
Des ornements d’argent et d’or.
Il a jeté Son dévolu
Sur moi, m’a vêtue du Salut,
M’a revêtue de Sa justice,
Et me fera l’honneur d’un Fils.

Ô Seigneur qui m’avez
De terre relevé,
Je chanterai Votre puissance !
Seigneur, qui avez mis
Au sol mon ennemi,
Je louerai Votre bienveillance !

 

L'Assomption de la Vierge - Le Brun

Assomption – Introït


Ant. ad Introitum. Ap. 12, 1.
Signum magnum appáruit in cælo : múlier amicta sole, et luna sub pédibus eius, et in cápite eius coróna stellárum duódecim.
Ps. 97, 1.
Cantáte Dómino cánticum novum : quóniam mirabília fecit.
V/. Glória Patri.

L'Assomption de la Vierge - Le Brun
L’Assomption de la Vierge – Le Brun

Un grand signe soudain apparut dans le ciel,
Et le monde admira la femme la plus belle.
Dieu révélait à tous son voile étincelant,
Elle avait revêtu son esprit pur et blanc,
Elle était revêtue d’un habit sans pareil
Tissé, non de fils d’or, mais des rais du soleil.
Cornue des deux côtés, creuse comme un berceau,
La lune sous ses pieds lui servait de vaisseau
Et douze étoiles d’or, et de l’or le plus pur,
Formaient une couronne autour de sa figure.
Acclamez le Seigneur en hymnes victorieux
Car Sa main accomplit des actes prodigieux.

Vierge à l'Enfant - Basilique Sainte-Sophie de Constantinople - CC Guillaume Piolle

La Bienheureuse Vierge Marie Reine – Communion


Ant. ad Communionem.
Regina mundi digníssima, María, Virgo perpétua, intercéde pro nostra pace et salúte, quæ genuísti Christum Dóminum, Salvatórem ómnium. (T.P. Allelúia.)

Vierge à l'Enfant - Basilique Sainte-Sophie de Constantinople - CC Guillaume Piolle
Vierge à l’Enfant – Basilique Sainte-Sophie de Constantinople – CC Guillaume Piolle

Reine de l’univers seule digne de l’être,
Ô mère immaculée du Seigneur Jésus-Christ,
Ô mère bien-aimée du Sauveur, notre Maître,
Entendez ma prière, écoutez notre cri !

Suppliez votre Fils d’accorder à sa mère
Ce qu’elle Lui demande avec de tendres yeux :
La paix dans notre cœur sur ces rives amères,
Et sur l’autre rivage, un coin tout près de Dieu.

Vierge à l'Enfant - Basilique Sainte-Sophie de Constantinople - CC Guillaume Piolle

De la Sainte Vierge le samedi – Postcommunion (de Noël à la Purification)


Postcommunio.
Hæc nos commúnio, Dómine, purget a crímine : et, intercedénte beáta Vírgine Dei Genetríce María, cæléstis remédii fáciat esse consórtes. Per eúndem Dóminum nostrum.

Vierge à l'Enfant - Basilique Sainte-Sophie de Constantinople - CC Guillaume Piolle
Vierge à l’Enfant – Basilique Sainte-Sophie de Constantinople – CC Guillaume Piolle

Ô Jésus venu dans l’Hostie,
Ô Dieu très grand et tout petit,
Délivrez-moi de mes souillures
Et de mes mauvais appétits
Pour que mon cœur devienne pur.

Ô Fils de la Vierge Marie,
Créature et mère chérie,
Accordez-moi secours et aide,
Car votre mère que je prie
À mes demandes intercède.

Vierge à l'Enfant - Basilique Sainte-Sophie de Constantinople - CC Guillaume Piolle

De la Sainte-Vierge le samedi – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/. Post partum, Virgo, invioláta permansisti : Dei Génetrix, intercéde pro nobis. Allelúia.

Vierge à l'Enfant - Basilique Sainte-Sophie de Constantinople - CC Guillaume Piolle
Vierge à l’Enfant – Basilique Sainte-Sophie de Constantinople – CC Guillaume Piolle

Il était né, l’Enfant qui sauverait le monde.
Sa mère l’admirait, et ses pensées profondes
S’élevaient vers les Cieux.

Mère, elle sentait bien qu’elle était vierge encor ;
La fleur était restée dans l’âme et dans le corps
De l’épouse de Dieu.

Le couronnement de la Sainte Vierge - Velázquez

La bienheureuse Vierge Marie Reine – Alléluia


Allelúia, allelúia. V/. Salve, Regína misericórdiae, tu nos ab hoste prótege, et mortis hora súscipe. Allelúia.

Le couronnement de la Sainte Vierge - Velázquez
Le couronnement de la Sainte Vierge – Velázquez

Salut, sainte Reine des Cieux,
Salut, cœur miséricordieux,
Salut, Vierge chérie de Dieu !

Défendez-nous de l’adversaire,
Et quand nous quitterons la terre
Présentez nos âmes au Père.

Dieu le Père trônant, entouré de la Vierge Marie et du Christ

Lundi de la quatrième semaine de Carême – Graduel


Graduale. Ps. 30, 3.
Esto mihi in Deum protectórem et in locum refúgii, ut salvum me fácias.
V/. Ps. 70, 1. Deus, in te sperávi : Dómine, non confúndar in ætérnum.

Au milieu des périls et des dangers extrêmes,
Au milieu d’assassins, d’impies et de méchants,
Daignez, daignez, ô Dieu que j’aime,
Écouter ma prière, et ma voix, et mon chant.

Seigneur aux mille noms ! Créateur, Amour, Juge,
Soyez mon protecteur dans ce désert affreux ;
Que Votre main soit mon refuge,
Ô Seigneur adoré, ô Maître généreux.

Mon Seigneur et mon Dieu, c’est en Vous que j’espère :
Ne laissez pas peser l’iniquité sur moi ;
Ouvrez l’éternel, le prospère,
Le palais du salut où siège le Grand Roy.

Saint Cyrille d'Alexandrie - CC Erud

Saint Cyrille d’Alexandrie – Collecte


Oratio. P
Deus, qui beátum Cyríllum Confessórem tuum atque Pontíficem divínæ maternitátis beatíssimæ Vírginis Maríæ assertórem invíctum effecísti : concéde, ipso intercedénte ; ut, qui vere eam Genetrícem Dei crédimus, matérna eiúsdem protectióne salvémur. Per eúndem Dóminum nostrum.

« Ce n’est pas seulement d’un homme qu’elle est mère,
Si grand que soit son fils, sans égal et sans pair :
Elle est, en vérité, la vraie mère de Dieu,
Son fils est le vrai Fils qui descendit des Cieux,
Et malheur à celui qui dira le contraire ! »

Ainsi, plein de sagesse et du divin Esprit,
Parlait le bienheureux Cyrille en ses écrits :
De Jésus vraiment Dieu il fut le défenseur,
Sous les persécutions, parla toujours sans peur,
Et rendit vraiment gloire à la Vierge Marie.

A nous qui repoussons les erreurs sacrilèges,
L’infernale hérésie, ses appas et ses pièges,
A nous qui répétons que Jésus, notre Roy,
Est Fils de Dieu, vrai Dieu, Dieu Lui-même un et trois,
Que la Mère de Dieu nous garde et nous protège.

Image : Saint Cyrille d’Alexandrie – CC Erud

Dieu le Père trônant, entouré de la Vierge Marie et du Christ

Sixième jour dans l’Octave de la Nativité – Offertoire


Ant. ad Offertorium. Ps. 88,12et 15.
Tui sunt cœli et tua est terra : orbem terrárum et plenitúdinem eius tu fundásti : iustítia et iudícium præparátio sedis tuæ.

Les Cieux disent à Dieu : nous Vous appartenons,
Et la terre obéit seulement à Son nom ;
Écoute, écoute encor la voix de l’univers :
« C’est à Dieu qui me fit que je suis asservi,
Et c’est Lui, le Très-Bon, qui fit don de la vie
A tous ces animaux dont je suis recouvert. »

Soyez loué, mon Dieu, pour Votre création !
Ô peuples, chantez-Le ! Acclamez-le, nations !
N’avez-Vous pas créé le Ciel, l’homme et la terre ?
Contemple ton Seigneur au céleste pourpris :
La justice est Son trône, et saints sont Ses rescrits ;
C’est Lui qui nous régit, c’est à Lui qu’il faut plaire.

La Vierge l'Enfant entourée des Saints Innocents - Pierre-Paul Rubens

Saints Innocents – Collecte


Oratio.
Deus, cuius hodierna die præcónium Innocéntes Mártyres non loquéndo, sed moriéndo conféssi sunt : ómnia in nobis vitiórum mala mortífica ; ut fidem tuam, quam lingua nostra lóquitur, étiam móribus vita fateátur. Per Dóminum.

Ils ont glorifié Dieu, ces martyrs innocents,
Non par leurs faibles voix, mais en versant leur sang.
Et nous qui Vous louons, ô Seigneur, en paroles,
Saurons-nous humblement nous mettre à leur école ?
Que ces enfants muets nous indiquent la voie,
Que notre vie témoigne aussi de notre foi.

Isaïe - Michel-Ange

Quatrième dimanche de l’Avent – Communion


Ant. ad Communionem. Is. 7, 14.
Ecce, Virgo concípiet et páriet fílium : et vocábitur nomen eius Emmánuel.

Ecoutez ce miracle, ô peuples de la terre,
Vous n’avez jamais rien entendu de si grand :
Vierge, demeurée vierge, elle devenue mère,
Et son Fils, dans le monde, aura le plus haut rang.

Mais prêtez donc l’oreille : aucun de vous n’ignore
Qu’il faut adorer Dieu humblement, à genoux
Et rempli de terreur ; mais, ô miracle encore !
Cet Enfant qui va naître est Dieu même, avec nous.

Coeur Immaculé de Marie - CC Diana Ringo

Coeur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie – Evangile


Coeur Immaculé de Marie - CC Diana Ringo
Cœur Immaculé de Marie – CC Diana Ringo

+ Sequéntia sancti Evangélii secúndum Ioánnem.
Ioann. 19, 25-27.
In illo témpore : Stabant iuxta Crucem Iesu Mater eius, et soror Matris eius, María Cléophæ, et María Magdaléne. Cum vidísset ergo Iesus Matrem, et discípulum stantem, quem diligébat, dicit Matri suæ : Múlier, ecce fílius tuus. Deinde dicit discípulo : Ecce Mater tua. Et ex illa hora accépit eam discípulus in sua.

Parmi les railleries des Juifs et des Romains,
Et sous les quolibets de l’un des criminels,
Sous les yeux triomphants du chérubin1 rebelle,
Des femmes sanglotaient, la tête dans les mains.

Tout autour de Jésus pleuraient Marie, sa mère,
Marie de Cleophas, Marie de Magdala,
Trois femmes près du Christ, dans l’ombre et dans l’éclat,
Et le dernier apôtre en ces heures amères.

Alors, le Roy des rois, les voyant près de lui,
Dit à sa mère et Jean, au milieu du supplice :
« Voici ta mère, ô Jean ; Mère, voici ton fils. »
Et la Vierge habita chez l’apôtre depuis.

1 Cf. Ezechiel 28,14 sqq.

14 Tu cherub extentus, et protegens,
et posui te in monte sancto Dei :
in medio lapidum ignitorum ambulasti,
15 perfectus in viis tuis a die conditionis tuæ,
donec inventa est iniquitas in te.
16 In multitudine negotiationis tuæ
repleta sunt interiora tua iniquitate, et peccasti :
et ejeci te de monte Dei,
et perdidi te, o cherub protegens, de medio lapidum ignitorum.

L'Assomption de la Vierge - Le Brun

Assomption – Graduel


L'Assomption de la Vierge - Le Brun
L’Assomption de la Vierge – Le Brun

Graduale. Ps. 44, 11-12 et 14.
Audi, fília, et vide, et inclína aurem tuam, et concupíscet rex pulchritúdinem tuam.
V/. Tota decóra ingréditur fília Regis, textúræ áureæ sunt amíctus eius.

Tends l’oreille, ô ma fille, écoute, écoute, et vois,
Car ta beauté ravit ton Seigneur et ton Roy.
Avance, ô toute belle, ô fille du Seigneur !
L’or de ton vêtement rehausse ta splendeur.