Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

Nativité de Saint Jean-Baptiste – Introït


Ant. ad Introitum. Is. 49, 1 et 2.
De ventre matris meæ vocávit me Dóminus in nómine meo : et pósuit os meum ut gládium acútum : sub teguménto manus suæ protéxit me, et pósuit me quasi sagíttam eléctam.
Ps. 91, 2.
Bonum est confitéri Dómino : et psállere nómini tuo, Altíssime.
V/.Glória Patri.

Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino
Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

Dieu me prit par mon nom dans le sein de ma mère,
Il appela ma langue un glaive aigu de fer,
Prit l’ombre de Sa main pour la mettre sur moi,
Et ma vie comme un trait de Son vaste carquois.

Glorifions
Le Seigneur !
Chante, Sion,
Ton Sauveur.
Le Très-Grand
Je L’acclame,
L’adorant
De mon âme.

 

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Antonio Balestra - Isaïe et le séraphin

Dix petits grains de messe – 2 – Munda cor meum


Antonio Balestra - Isaïe et le séraphin
Antonio Balestra – Isaïe et le séraphin

2 – Munda cor meum

« Munda cor meum ac labia mea, omnipotens Deus, qui labia Isaiae Prophetae calculo mundasti ignito. »

« Purifiez, ô Seigneur,
Mes lèvres et mon cœur,
Vous qui jadis avez
D’un charbon embrasé
Rendu la bouche nette
D’Isaïe le prophète. »

Nous passons par-dessus une grande partie de la messe pour nous arrêter juste avant la lecture de l’Évangile. Celui qui s’apprête à lire, soit le diacre, soit le prêtre, s’il est seul, prononce cette magnifique prière inspirée d’une des plus illustres pages de la prophétie d’Isaïe. Au sixième chapitre1, Isaïe voit le Ciel s’ouvrir, le Seigneur siégeant sur Son trône en majesté, et les Séraphins, anges les plus hauts de la hiérarchie céleste, dont le nom pourrait signifier « ceux qui brûlent2 », volent autour du trône en chantant le Sanctus, ou plutôt la première partie du Sanctus. Isaïe, terrifié, s’écrie alors :

« Malheur à moi, qui me suis tu,
Qui vis avec la lèvre impure
Au milieu d’un peuple au cœur dur,
Et qui vois le Seigneur tout de gloire vêtu ! »

C’est un fait bien connu que l’on ne peut voir Dieu sans mourir ; même les païens le savaient, eux qui représentèrent Sémélé périssant de voir le vrai visage de Zeus. La mort semble devoir frapper Isaïe, mais un Séraphin vient avec un charbon ardent qu’il a pris de l’autel et brûle les lèvres du prophète en disant :

« Touchées de ce charbon ardent,
Tes lèvres te sont rendues pures,
Et ton cœur rendu sans souillures,
Ô fils d’Adam. »

Alors Dieu demande qui Il enverra pour parler en Son nom, et Isaïe se propose spontanément, lui qui avait, avant que l’ange vienne, crié malheur. Dieu l’envoie alors annoncer à Israël que son endurcissement lui vaudra un châtiment terrible, ce qui n’est pas sans effrayer Isaïe qui ose demander quand s’arrêteront de tels malheurs.

Il est tout naturel qu’une référence à Isaïe se trouve juste avant la lecture de l’Évangile, lui qui a été plus d’une fois surnommé le cinquième évangéliste. Comme David persécuté était une préfiguration du Christ souffrant la Passion, Isaïe

« était une figure des Apôtres appelés pour être Prophètes […qui] avaient besoin d’être purgés par la divine ardeur du Saint-Esprit, qui leur donnât vigueur et force, et qui purifiât même leurs langues, pour pouvoir prononcer hautement le divin Évangile. C’est pourquoi le Saint-Esprit descendit en forme de langues de feu, pour leur donner l’ardeur au cœur et le feu en la bouche, qui pût échauffer les cœurs des plus refroidis. Ce Séraphin signifie le Saint-Esprit, et le charbon ardent qui purifie les lèvres, signifie les dons du Saint-Esprit, qui fait parler les saints Apôtres, et en fait des Séraphins par l’ardeur qu’il leur donne.3 »

J’ai voulu citer dans son intégralité, ou presque, ce passage de l’abbé Olier parce qu’il exprime beaucoup mieux que je ne ferais, et beaucoup plus sûrement, ce que je ressens, ce que m’évoque, ce à quoi je pense lorsque je lis cette prière de la messe.

Le Saint-Esprit - Le Bernin - CC Dnalor 01
Le Saint-Esprit – Le Bernin – CC Dnalor 01

Je ne me puis m’empêcher de songer, d’une part, à mon propre travail poétique. La muse qu’invoquent les poètes, n’est-elle pas plutôt un de ces anges que Dieu envoie, et Apollon, souvent associé au soleil, n’est-il pas Jésus-Christ Lui-même ? Si l’inspiration n’est pas un vain mot, et je ne crois pas que ce soit le cas, car même Valéry, artisan patient et travailleur s’il en est, croyait un peu à l’inspiration4, elle ne peut venir que de Dieu ou du diable ; il faut donc prier pour que ce soit le premier, et non l’autre, qui nous inspire. Notez, par ailleurs, que je ne crois pas qu’il y ait une différence de nature entre l’inspiration du poète et celle de n’importe quel autre homme dans n’importe quelle autre activité ; aussi cette prière sied-elle aussi bien au poète qu’au prince, au charpentier qu’au comptable, au sportif, au jardinier, à l’informaticien, et que sais-je encore, car chacun a besoin de la bénévole influence divine pour agir conformément à Ses vues.

Le supplice d'Isaïe
Le supplice d’Isaïe

D’autre part, et plus spécifiquement, c’est à l’annonce de l’Évangile autour de nous que je songe en lisant cette prière. Isaïe avait pour ordre d’annoncer à Israël d’épouvantables nouvelles5, et quelque douleur que lui causa l’idée de transmettre ces nouvelles aux Israélites plongés dans l’impiété, il ne renâcla point, allant, dit-on, jusqu’à un épouvantable martyre6 ; quant à moi, qui dois annoncer une bonne nouvelle aux incroyants, osé-je le faire ? Je reste trop souvent comme le prophète Jérémie, avant de recevoir la grâce de Dieu, à bégayer : « Ah, ah, ah !7 ». Comme j’aimerais qu’un Séraphin vienne brûler mes lèvres lorsque j’entends une de mes connaissances blasphémer ou dire du mal du christianisme (et j’en connais un certain nombre) ; si seulement j’avais la présence d’esprit de parler avec sagesse et fermeté ! Si seulement je pouvais ne pas trembler, par respect humain, comme Isaïe devant le roi Manassé8, pourtant profondément enfoncé dans toutes sortes d’impiétés ; et ce ne fut pas en vain qu’Isaïe prophétisa devant ce roi, car celui-ci se repentit9.

« Domine, labia mea aperies : et os meum annuntiabit laudem tuam.10 »

« Que ma bouche, ô Seigneur, s’ouvre au toucher de l’ange,
Et que partout ma voix proclame Vos louanges. »

Je pourrais dire alors avec le pauvre Lélian :

« Moi qui ne suis qu’un brin d’hysope dans la main
Du Seigneur tout-puissant qui m’octroya la grâce,
Je puis, si mon dessein est pur devant Sa face,
Purifier autrui passant sur mon chemin.11 »

1On le trouve notamment au premier nocturne des Matines de la fête de la Sainte Trinité.

2« Au témoignage des hébraïsants, le mot de séraphins signifie lumière et chaleur » Saint (ou pseudo) Denys l’Aréopagite, « De la hiérarchie céleste », VII, 1, in Œuvres de Saint Denys l’Aréopagite, Maison de la Bonne Presse, 1845, p. 27

3Abbé Olier, Explications des cérémonies de la Grand’messe de paroisse selon l’usage romain, Poussielgue-Rusand, 1858, p. 278-279.

4« Les dieux, gracieusement, nous donnent pour rien tel premier vers », Valéry, Variété (1924), « Au Sujet d’Adonis » (1921), p. 482, éd. Pléiade, t. I.

5Mais ces mauvaises nouvelles auraient pu devenir bonnes si Israël s’était repenti : « Dicente me ad impium : Morte morieris ut avertatur a via sua impia et vivat » « Je dis à l’impie : Tu mourras, afin qu’il se détourne de sa voix impie et qu’il vive » (Ezechiel, III, 18) ; l’exemple de Ninive le montre assez. A contrario, l’Évangile devient une mauvaise nouvelle pour ceux qui le refusent, car c’est pour eux une occasion de chute, ainsi que l’écrit très justement Corneille dans sa traduction de l’Imitation de Jésus-Christ :
« Toi qui par l’amour-propre à toi-même attaché,
l’écoutes et la lis sans en être touché,
faute de cet esprit tu n’y trouves qu’épines » (Livre I, vers 15-17).

6Le trépas d’Isaïe n’est pas raconté dans la Bible, mais dans un apocryphe plus ou moins hérétique appelé L’Ascension d’Isaïe dont je ne connais qu’une version en ligne et en anglais qu’on trouvera ici : http://www.earlychristianwritings.com/text/ascension.html
La mort d’Isaïe se trouve au chapitre V, verset 11 : « Et ils saisirent et scièrent pour le couper en deux Isaïe, fils d’Amos, avec une scie en bois. » (Ma traduction depuis le texte anglais). Quoiqu’il en soit de la réalité de ce martyre, une telle mort correspond bien à ce que nous savons du prophète avec certitude.

7Jérémie, I, 6. « Je répondis : Ah, ah, ah, Seigneur Dieu, je ne sais point parler, car je suis un enfant. » (traduction de l’abbé Fillion).

8Ce roi de Juda ne doit pas être confondu avec Manassé, fils de Joseph, qui a fondé une des tribus (ou une demi-tribu) d’Israël.

92 Paralipomènes (2 Chroniques), 33, 13. « et cognovit Manasses quod Dominus ipse esset Deus. », « et Manassé reconnut que le Seigneur était le seul Dieu. »

10Formule répétée trois fois au début des Matines.

11Paul Verlaine, « Asperges me », in Liturgies intimes.

Coeur Immaculé de Marie - CC Diana Ringo

Immaculée Conception – Introït


Ant. ad Introitum. Is. 61, 10.
Gaudens gaudébo in Dómino, et exsultábit ánima mea in Deo meo : quia índuit me vestiméntis salútis : et induménto iustítiæ circúmdedit me, quasi sponsam ornátam monílibus suis.
Ps. 29, 2
Exaltábo te, Dómine, quóniam suscepísti me : nec delectásti inimícos meos super me.
V/. Glória Patri.

Coeur Immaculé de Marie - CC Diana Ringo
Cœur Immaculé de Marie – CC Diana Ringo

Mon Seigneur remplira mon cœur
Du plus insondable bonheur ;
Toute mon âme exultera
Dans la tendresse de Ses bras.
Il a fait briller sur mon corps
Des ornements d’argent et d’or.
Il a jeté Son dévolu
Sur moi, m’a vêtue du Salut,
M’a revêtue de Sa justice,
Et me fera l’honneur d’un Fils.

Ô Seigneur qui m’avez
De terre relevé,
Je chanterai Votre puissance !
Seigneur, qui avez mis
Au sol mon ennemi,
Je louerai Votre bienveillance !

 

L'Agneau de Dieu

Cinquième dimanche après Pâques – Introït


Ant. ad Introitum. Is. 48, 20.
Vocem iucunditátis annuntiáte, et audiátur, allelúia : annuntiáte usque ad extrémum terræ : liberávit Dóminus pópulum suum, allelúia, allelúia.
Ps. 65, 1-2.
Iubiláte Deo, omnis terra, psalmum dícite nómini eius : date glóriam laudi eius.
V/.Glória Patri.

L'Agneau de Dieu
L’Agneau de Dieu

Portez jusqu’aux confins cette douce nouvelle :
« Le Seigneur a rouvert les portes éternelles,
Il a sauvé Son peuple et libéré les Siens.
Vous étiez affligés ? L’allégresse revient !

Ô terre, loue ton Dieu, frémis de joie, exulte,
Rends-Lui l’honneur qui Lui est dû.
Que tout homme se lève et fasse un grand tumulte
Pour honorer le nom par qui Dieu fut rendu.

 

Isaïe - Psautier de Paris

Épiphanie du Seigneur – Graduel


Graduale. Ibid., 6 et 1.
Omnes de Saba vénient, aurum et thus deferéntes, et laudem Dómino annuntiántes.
V/. Surge et illumináre, Ierúsalem : quia glória Dómini super te orta est.

Isaïe - Psautier de Paris
Isaïe – Psautier de Paris

Tous les princes de Saba viennent, s’inclinent, adorent :
Ils offrent à Dieu l’encens, ils offrent au Roy de l’or,
Et louent sans cesse le Roy-Dieu.

Lève-toi, Jérusalem, et revêts-toi de lumière,
Car le soleil du Seigneur fait briller toutes tes pierres
Et te rend semblable aux Cieux.

Annonciation - Façade de la cathédrale d'Orvieto - CC LPLT

Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie (transférée) – Communion


Annonciation - Façade de la cathédrale d'Orvieto - CC LPLT
Annonciation – Façade de la cathédrale d’Orvieto – CC LPLT

Ant. ad Communionem. Is. 7, 14.
Ecce, Virgo concípiet et páriet fílium : et vocábitur nomen eius Emmánuel. (T.P. Allelúia.)

Tu seras, ô nature, ébranlée de stupeur :
Une vierge, habitée de l’esprit du Seigneur,
Miracle ! concevra, miracle ! enfantera
Un fils de qui le Père est le Maître du Ciel,
Et cet enfant sacré qui parmi nous naîtra,
Miracle ! portera le nom d’Emmanuel.

Isaïe - Michel-Ange

Mardi de la première semaine de Carême – Epître


Is. 55, 6-11.
In diébus illis : Locútus est Isaías Prophéta, dicens : Quǽrite Dóminum, dum inveníri potest : invocáte eum, dum prope est. Derelínquat ímpius viam suam, et vir iníquus cogitatiónes suas, et revertátur ad Dóminum : et miserébitur eius, et ad Deum nostrum : quóniam multus est ad ignoscéndum. Non enim cogitationes meæ cogitatiónes vestræ : neque viæ vestræ viæ meæ, dicit Dóminus. Quia sicut exaltántur cæli a terra, sic exaltátæ sunt viæ meæ a viis vestris, et cogitatiónes meæ a cogitatiónibus vestris. Et quómodo descéndit imber et nix de cælo, et illuc ultra non revértitur, sed inébriat terram, et infúndit eam, et germináre eam facit, et dat semen serénti, et panem comedénti : sic erit verbum meum, quod egrediétur de ore meo : non revertétur ad me vácuum, sed fáciet quæcúmque volui, et prosperábitur in his, ad quæ misi illud : ait Dóminus omnípotens.

Tant qu’on peut Le trouver, recherchez le Seigneur ;
Priez, invoquez-Le, tant qu’Il est près de vous,
Et n’atermoyez pas, ne tardez point, de peur
Que, parti sans vous voir, Il ne vous désavoue.
Quitte ta route, impie, inique, tes sentences,
Et reviens au Seigneur, car Il te graciera,
Et retourne à ton Dieu, car Sa toute puissance
Peut donner Son pardon au pire scélérat.
Mes sentences ne sont en aucun cas les vôtres,
Et les routes sacrées que votre Seigneur suit
Sont, remplies de lumière, et de splendeur, tout autres
Que les voies que prend l’homme au milieu de la nuit.
Voyez comme les cieux sont plus hauts que la terre :
Mes sentences ainsi dominent vos pensées,
Et ces obscures voies, où l’homme, hélas, se perd,
Seront infiniment par Mes voies dépassées.
La pluie comme la neige ont pour source le ciel,
Descendent sur la terre et ne remontent point ;
L’eau reste dans le sol, et la terre par elle
Sera désaltérée, fécondée par ses soins,
La graine germera, et quand l’heureux semeur
Pourra, le temps venu, moissonner dans ses champs,
Il en fera du pain, le rompra de grand cœur,
Et les yeux vers le ciel, il lancera son chant.
Ainsi quand Ma parole abandonne Ma langue,
Elle ne revient pas, inutile, vers Moi,
Mais fait ce que Je veux, et sa douce harangue
Fait germer dans les cœurs la sagesse et la foi.

Isaïe - Psautier de Paris

Samedi après les Cendres – Epitre


Is. 58, 9-14.
Hæc dicit Dóminus Deus : Si abstúleris de médio tui caténam, et desíeris exténdere dígitum, et loqui quod non prodest. Cum effúderis esuriénti ánimam tuam, et ánimam afflíctam repléveris, oriétur in ténebris lux tua, et ténebræ tuæ erunt sicut merídies. Et réquiem tibi dabit Dóminus semper, et implébit splendóribus ánimam tuam, et ossa tua liberábit, et eris quasi hortus irríguus, et sicut fons aquárum, cuius non defícient aquæ. Et ædificabúntur in te desérta sæculórum : fundaménta generatiónis et generatiónis suscitábis : et vocáberis ædificátor sépium, avértens sémitas in quiétem. Si avérteris a sábbato pedem tuum, fácere voluntátem tuam in die sancto meo, et vocáveris sábbatum delicátum, et sanctum Dómini gloriósum, et glorificáveris eum, dum non facis vias tuas, et non invénitur volúntas tua, ut loquáris sermónem : tunc delectáberis super Dómino : et sustóllam te super altitúdines terræ, et cibábo te hereditáte Iacob, patris tui. Os enim Dómini locútum est.

Peuple ! Prête l’oreille aux lèvres du Seigneur !
Brise sans plus tarder les chaînes de ton cœur,
N’ose plus menacer en étendant le doigt
Ou verser du venin par ta langue et ta voix.
Mais regarde ton frère : il vacille, il se pâme,
Il est près d’expirer : répands en lui ton âme,
Et quand l’aura laissé sa profonde affliction,
Ta lampe versera son illumination
Sur l’obscure ténèbre où ton esprit se perd
Et brillera plus fort que l’astre sur la terre.
Alors, toi, le pécheur qui n’as point de repos,
Et dont frisonne, et tremble, et grelotte la peau,
Le Seigneur t’offrira la paix venue du Ciel,
Le vase de ton cœur sera rempli de miel,
Tes os comme ta chair seront libres enfin,
Et ton ventre jamais ne gémira de faim.
Voici que tu seras comme un jardin en fleurs,
Que le bon jardinier arrose à la bonne heure,
Et comme un fontaine où l’eau ne tarit pas,
Où quelque voyageur arrêtera ses pas.
Porte à présent ton œil où rôde la famine,
Et l’aride désert où le vent bat des ruines :
Tu les relèveras, avec l’aide de Dieu
Ces villes que jadis ont bâties tes aïeux !
On te louera d’avoir relevé ces murailles,
Et frayé des sentiers libres de la canaille.
Ne foule pas aux pieds, ne jette pas à bas
Le jour saint du Seigneur, le saint jour du Sabbat,
Mais fais Ma volonté ! Que ton cœur, sans malice,
L’appelle : Jour de joie, Jour d’infinies délices !
En ce jour, loue ton Dieu, glorifie Son saint Nom,
Chante sans fin Sa gloire, et plus doux qu’un ânon,
Laisse ta volonté, abandonne ta route,
Fuis tes vaines pensées, mais que ton âme toute
S’abandonne à ton Maître, à Sa voix, à Sa main,
Qui guideront tes pas sur le plus sûr chemin.
Alors dans ton esprit coulera le bonheur,
Et tu te réjouiras dans la joie du Seigneur ;
Alors, toi que Je fis de boue et de limon,
Moi, Je t’emmènerai sur les sommets des monts,
Et t’offrirai le legs de ton père Israël,
Car ainsi parle aux Siens la Voix venue du Ciel.

Isaïe - Psautier de Paris

Vigile de la Nativité – Communion


Ant. ad Communionem. Is. 40, 5.
Revelábitur glória Dómini : et vidébit omnis caro salutáre Dei nostri.

Le voile est tout près de choir
Et le Seigneur plein de gloire
De splendeur et d’apparat
Aux hommes se montrera.
Alors, ô joie ! toute chair,
Tout homme qui vit sur terre,
Verra le don merveilleux
Du Salut offert par Dieu.

Isaïe - Michel-Ange

Quatrième dimanche de l’Avent – Communion


Ant. ad Communionem. Is. 7, 14.
Ecce, Virgo concípiet et páriet fílium : et vocábitur nomen eius Emmánuel.

Ecoutez ce miracle, ô peuples de la terre,
Vous n’avez jamais rien entendu de si grand :
Vierge, demeurée vierge, elle devenue mère,
Et son Fils, dans le monde, aura le plus haut rang.

Mais prêtez donc l’oreille : aucun de vous n’ignore
Qu’il faut adorer Dieu humblement, à genoux
Et rempli de terreur ; mais, ô miracle encore !
Cet Enfant qui va naître est Dieu même, avec nous.

Isaïe - Psautier de Paris

Rorate, caeli, desuper… – Mercredi des Quatre-Temps de l’Avent


Ant. ad Introitum. Is. 45, 8.
Roráte, cæli, désuper, et nubes pluant iustum : aperiátur terra, et gérminet Salvatórem.
Ps. 18, 2.
Cæli enárrant glóriam Dei : et ópera mánuum eius annúntiat firmaméntum.

Sur ce sol si sec, ô Cieux déposez
La douceur de votre rosée !
Et vous, ô nuées, sur l’ombre et les cendres,
Faites pleuvoir, faites descendre
Le Juste attendu comme l’alme pluie
Dans la sécheresse et la nuit.
Ô terre, ouvre-toi, et que ton Sauveur
Sorte et germe comme une fleur.
Sonnez et sonnez, trompettes des Cieux,
La gloire éternelle de Dieu,
Et vous, firmament, dites à la terre
Quelle œuvre accomplira son Père.

Une crèche

Troisième dimanche de l’Avent – Communion


Ant. ad Communionem. Is. 35, 4.
Dícite : pusillánimes, confortámini et nolíte timére : ecce, Deus noster véniet et salvábit nos.

Pourquoi trembler, mon coeur ? Ne crains pas l’ennemi !
S’il rôde autour de toi avec des cris sauvages,
S’il laisse libre cours à sa force et sa rage,
Tu sais que d’ici peu Dieu t’aura raffermi.

Ne tremble pas, mon coeur ! Le Seigneur va venir.
Devant Ses pieds chacun devra poser son front,
L’adorer ou Le fuir, car les diables fuiront
Et perdront sans retour leur effroyable empire.

Ô mon coeur, réjouis-toi, car ils sont révolus
Les temps où tu passais de longues nuits en pleurs !
Réjouis-toi, réjouis-toi, car voici venue l’heure
Où notre Dieu si bon apporte le Salut.

Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

Beato Ioanni Baptistæ – Confiteor #4 – Stances #80


Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino
Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

Quatrième volet de notre série sur le Confiteor : l’invocation à saint Jean-Baptiste.

Le monde était dans l’ombre et l’homme avait rompu
Le lien qui l’unissait à son divin Auteur ;
Le diable triomphait, ou le croyait, repu
De larmes, de péchés, de crimes et de pleurs.

Mais Dieu ne laissa point l’homme dans l’abandon ;
Le Créateur aimait l’ingrate créature,
Il désirait déjà dispenser Son pardon
Et retourner vers Lui cette âme folle et dure.

Avec quelle patience Il restaura ce lien !
Voici, de siècle en siècle, en dépit des tempêtes,
Supérieurs aux guerriers, aux rois, aux magiciens,
La longue chaîne d’or des bienheureux prophètes.

D’Abraham à Moïse, Isaïe, Jérémie,
Et jusqu’au Précurseur, envoyés par le Père,
Ils proclamaient tout haut sous des yeux ennemis :
« Redressez vos chemins car voici la Lumière. »

Menaces et mépris, coups, trahisons, tourments,
Mais toujours habités par le Consolateur,
Rien ne les arrêta, et toujours, lentement,
Ils bâtirent le pont qui nous lient au Seigneur.

Et nous pécheurs, ce pont, nous le fragilisons,
Ou même, fous, ô fous ! le mettons en poussière ;
Un instant y suffit, et notre déraison
Fait voler en éclat l’ouvrage millénaire.

Au suprême prophète aussitôt demandons,
Parce que nos péchés lui font aussi du tort,
Qu’il veuille, à nous pécheurs, accorder le pardon,
Et nous guider toujours vers Celui qu’il adore.

O Clavis David - Grande Antienne O

O Clavis David – Grande Antienne O du 20 décembre – Quatrain #96


O Clavis David - Grande Antienne O
O Clavis David – Grande Antienne O

L’antienne O du 20 décembre fait elle aussi référence à l’Apocalypse (voir 3,7 : Hæc dicit Sanctus et Verus, qui habet clavem David : qui aperit, et nemo claudit : claudit, et nemo aperit) mais également à Isaïe (22,22 : Et dabo clavem domus David super humerum ejus ; et aperiet, et non erit qui claudat ; et claudet, et non erit qui aperiat).

O Clavis David, et sceptrum domus Israel ; qui aperis, et nemo claudit ; claudis, et nemo aperit : veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris et umbra mortis.

Ô Clef du roi David, sceptre du peuple élu ;
Fermez : qui peut ouvrir ? ouvrez, qui pourra clore ?
Venez, et du cachot d’où le jour est exclu,
Libérez le captif de l’ombre de la mort.