Embryon baby pro life

Supplique d’un embryon mort à un prince qui aura la chance de naître- Chant Royal #1


Embryon baby pro life
Embryo is a gift

Comme l’astre du jour sur son brillant vaisseau
Que l’aurore rosée précède dans le ciel,
Les peuples de la terre attendent tes faisceaux,
Et te salue déjà, bambin providentiel !
Tu n’es pas encor né que toute ta patrie
T’a recouvert d’honneurs, d’or et de gâteries !
Par ta seule existence, on peut te reconnaître
Digne de figurer au pied de tes ancêtres ;
Tu n’as pas de mérite, et pourtant c’est ton droit,
Et ton devoir aussi, de devenir leur maître,
Enfant tant désiré, petit enfant de Roy…

Nous, comme un charcutier retire les cuisseaux
Du bas-ventre d’un veau pour remplir sa gamelle,
Un médecin-bourreau nous a mis en morceaux
Pour nous abandonner au fond d’une poubelle ;
Ou bien pour nous livrer à l’abjecte industrie
Qui, dans le tas visqueux dont elle a fait le tri,
Tente d’améliorer l’insatiable bien-être
De riches malheureux qui brûlent d’apparaître
Plus beaux et plus heureux encore qu’on ne croit
Avec les bouts de chair d’innocents petits êtres,
Enfant tant désiré, petit enfant de Roy…

Nous ne sommes pas nés qu’on nous donne l’assaut.
On attaque à la pince, un à un, nos corps grêles ;
Pêle-mêle on entasse à l’intérieur d’un seau
Nos membres consumés par le soufre et le sel.
On dit à notre mère, écœurée et meurtrie,
Que son giron portait de la charognerie,
Un amas de matière, un amas vil et piètre,
Et que seul son désir l’aurait pu faire admettre
Au milieu des humains. Sans cela, qu’on le broie !
A leurs yeux, dans le ventre, on existe sans être,
Enfant tant désiré, petit enfant de Roy…

Nous ne dormirons point dans de petits berceaux,
Nous ne courrons jamais sur nos pieds un peu frêles,
Nous ne serons jamais de charmants jouvenceaux,
Jamais nous ne ferons la cour aux demoiselles,
Jamais nous ne serons ni pères ni maris,
Ainsi que des boutons, morts sans avoir fleuri.
Devant le tribunal, il faudra comparaître,
Criminels inhumains, à votre espèce traîtres !
Vous devrez justifier, couards aveuglés d’effroi,
Ces crimes monstrueux que vous laissez commettre,
Enfant tant désiré, petit enfant de Roy…

Nous allons, ça et là, sous de tristes arceaux,
Sinistre compagnie d’ombres incorporelles ;
Nous sommes assoiffés des célestes ruisseaux,
Qui coulent au-dessus de ce morne tunnel.
Ainsi dans le séjour de nos pauvres esprits
Nous méditons sans cesse, et sans cesse, le prix
De la vie ! L’amertume, en ce lieu, nous pénètre.
Ah, que nous regrettons de n’avoir pu connaître
Un peu de cette vie pour qui Dieu prit la croix,
Et qui nous eût permis de rencontrer un prêtre,
Enfant tant désiré, petit enfant de Roy…

Prince que tout un peuple attend de voir paraître,
N’oublie pas ces enfants de quelques centimètres.
Dieu t’a donné pouvoir de promulguer Ses lois ;
Un signe de ta main leur permettrait de naître,
Enfant tant désiré, petit enfant de Roy…

 

Ce poème a été écrit avant la naissance de l’héritier de la couronne d’Angleterre.

Précédemment publié le 23 juillet 2013 à cette adresse : http://vdvrvf.over-blog.com/supplique-d-un-embryon-mort-%C3%A0-un-prince-qui-aura-la-chance-de-na%C3%AEtre-chant-royal-1

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