Naissance de saint Etienne de Hongrie

Saint Étienne de Hongrie – Épître


Léctio libri Sapiéntiæ.
Eccli. 31, 8-11.
Beátus vir, qui invéntus est sine mácula, et qui post au-rum non ábiit, nec sperávit in pecúnia et thesáuris. Quis est hic, et laudábimus eum ? fecit enim mirabília in vita sua. Qui probátus est in illo, et perféctus est, erit illi glória ætérna : qui potuit tránsgredi, et non est transgréssus : fácere mala, et non fecit : ídeo stabilíta sunt bona illíus in Dómino, et eleemósynis illíus enarrábit omnis ecclésia sanctórum.

Naissance de saint Etienne de Hongrie
Naissance de saint Etienne de Hongrie

Ô vous que le Seigneur a trouvé sans péché,
Vous que Dieu n’a point vu se gaver de richesses,
Que Dieu n’a point trouvé le visage penché
Devant l’or et l’argent qui tous deux disparaissent,
De vous nous pouvons dire : « Ah, cet homme est heureux ! »
Quel est son nom ? Cet homme a droit à nos louanges.
Il a suivi sans faille un chemin valeureux,
Et reçu le trophée de la main des saints anges.
Quel est le nom de l’homme éprouvé par son Roy
Et par Lui trouvé saint, sans tache et sans souillure ?
Il pouvait jeter bas le cadeau de la croix,
Piétiner son fardeau ; mais il est resté pur.
Admirez donc celui qui souffrit et pourtant
Demeura jusqu’au soir ferme autant que fidèle :
Son Seigneur le fait roi d’un royaume hors du temps
Et devant tous le vêt d’une gloire éternelle.

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Saint Louis de Gonzague - Goya

Épître – Saint Louis de Gonzague


Léctio libri Sapiéntiæ.
Eccli. 31, 8-11.
Beátus vir, qui invéntus est sine mácula, et qui post aurum non ábiit, nec sperávit in pecúnia et thesáuris. Quis est hic, et laudábimus eum ? fecit enim mirabília in vita sua. Qui probátus est in illo, et perféctus est, erit illi glória ætérna : qui potuit tránsgredi, et non est transgréssus : fácere mala, et non fecit : ídeo stabilíta sunt bona illíus in Dómino, et eleemósynis illíus enarrábit omnis ecclésia sanctórum.

Saint Louis de Gonzague - Goya
Saint Louis de Gonzague – Goya

Heureux l’homme qui monte aux Cieux
Et se présente devant Dieu
Avec un habit sans souillures ;
Heureux qui détourna les yeux
Des trésors qui sont si précieux
Pour corrompre les âmes pures.

Dites-nous qui a mérité
D’entrer dans la félicité
Dont votre cœur est plein, saints anges !
Si sur terre il a tout quitté,
C’est du Ciel qu’il a hérité,
Et nous lui ferons nos louanges !

Il put trahir la sainte loi,
Il put faire de l’or son roi
Et de son cœur un criminel ;
Mais il a conservé la foi,
Il a porté sa lourde croix
Et reçu la gloire éternelle.

Statue de saint Paul au Vatican - CC AngMoKio

Quatrième dimanche après l’Épiphanie – Épître


Léctio Epístolæ beáti Páuli Apóstoli ad Romános.
Rom. 13, 8-10.
Fratres : Némini quidquam debeátis, nisi ut ínvicem diligátis : qui enim díligit próximum, legem implévit. Nam : Non adulterábis, Non occídes, Non furáberis, Non falsum testimónium dices, Non concupísces : et si quod est áliud mandátum, in hoc verbo instaurátur : Díliges próximum tuum sicut teípsum. Diléctio próximi malum non operátur. Plenitúdo ergo legis est diléctio.

Statue de saint Paul au Vatican - CC AngMoKio
Statue de saint Paul au Vatican – CC AngMoKio

Frère, n’aie qu’une dette, une dette d’amour,
Car tu devras aimer ton prochain chaque jour.
Tu as, fils de Moïse, appris la sainte Loi,
Et lorsqu’Il est venu, le Fils du divin Roy
N’a point jeté d’un coup ses préceptes par terre,
Mais Il est parmi nous venu pour la parfaire.
Aussi, ne vole pas, ne mens pas, ne tue point,
Ne trahis pas la femme à qui Dieu t’a conjoint,
Ne livre pas ta bouche aux jurons, aux blasphèmes,
En un mot comme en cent, en un mot, mon frère, aime.
La charité n’est pas ce pauvre sentiment
Qui fait vibrer ton cœur et qui parfois te ment,
Mais elle vient du Ciel, et non de l’animal,
Et fait toujours le bien, toujours, jamais le mal.
Au Ciel, même, que font les anges et les saints
Sinon servir l’Amour qui les tient en Son sein ?
Aime donc ton prochain, frère, comme toi-même,
Aime par-dessus tout, voilà la loi suprême.

Saint Paul apôtre

Troisième dimanche de l’Avent – Épître


Lectio Epístolæ beáti Páuli Apóstoli ad Philippénses
Philipp. 4, 4–7
Fratres : Gaudéte in Dómino semper : íterum dico, gaudéte. Modéstia vestra nota sit ómnibus homínibus : Dóminus prope est. Nihil sollíciti sitis : sed in omni oratióne et obsecratióne, cum gratiárum actióne, petitiónes vestræ innotéscant apud Deum. Et pax Dei, quæ exsúperat omnem sensum, custódiat corda vestra et intellegéntias vestras, in Christo Iesu, Dómino nostro.

Saint Paul apôtre
Saint Paul apôtre

Frères, réjouissez-vous, quittez vos mines tristes !
Que vos cœurs soient toujours pleins de la joie du Christ.
Que le païen voit dans vos yeux
Et l’impie dans votre regard :
« Le Seigneur viendra sans retard,
Il viendra bientôt, notre Dieu ! »

Surtout, ne tremblez point si les temps vous sont durs,
Mais suppliez le Christ d’une voix humble et sûre,
Et présentez avec respect
Tout ce qui vous est nécessaire :
Car, en plus de vous satisfaire,
Il vous fera don de Sa paix.

L'Assomption - Fermo Ghisoni da Caravaggio

Assomption – Épître


Léctio libri Iudith.
Iudith. 13, 22-25 ; 15, 10.
Benedíxit te Dóminus in virtúte sua, quia per te ad níhilum redégit inimícos nostros. Benedícta es tu, fília, a Dómino Deo excelso, præ ómnibus muliéribus super terram. Benedíctus Dóminus, qui creávit cælum et terram, qui te direxit in vúlnera cápitis príncipis inimicórum nostrórum ; quia hódie nomen tuum ita magnificávit, ut non recédat laus tua de ore hóminum, qui mémores fúerint virtútis Dómini in ætérnum, pro quibus non pepercísti ánimæ tuæ propter angústias et tribulatiónem géneris tui, sed subvenísti ruínæ ante conspéctum Dei nostri. Tu glória Ierúsalem, tu lætítia Israël, tu honorificéntia pópuli nostri.

L'Assomption - Fermo Ghisoni da Caravaggio
L’Assomption – Fermo Ghisoni da Caravaggio

Que de bénédictions vous sont venues de Dieu !
Il vous a revêtue de Sa sainte puissance
Et vaincu de vos mains l’ennemi séditieux.
Ô Vierge, le Très-Haut, dans Sa magnificence,
Entre les filles d’Ève habitant ici-bas
A choisi votre chair au milieu de mille autres,
Et mis dans votre main l’épée pour le combat,
Pour tuer l’adversaire et sauver tous les nôtres.
Béni soit le Seigneur qui tira du néant
La terre qui nous porte et les splendeurs du Ciel :
Par Son humble servante Il abat un géant,
Et fait briller son nom d’une gloire éternelle.
Ô Vierge, aussi longtemps que les Cieux dureront,
L’homme, de vos bienfaits gardera souvenance ;
L’un d’eux, pour vous louer, sonnera du clairon,
Pendant qu’un autre chante, et qu’un troisième danse !
Ah, quand vous avez vu dans quels profonds tourments,
Et dans quels grands malheurs, et dans quelle détresse,
Votre race s’était élancée follement,
Vous vous êtes donnée, ô Vierge, avec noblesse.
Ô bonheur d’Israël, ô gloire de Sion,
Honneur de notre peuple et notre mère à tous,
Soyez louée d’avoir sauvé notre nation
De la ruine éternelle, ô mère et forte et douce.

Dès les premiers temps de l’Église, les chrétiens ont cru à l’Assomption de la Sainte Vierge Marie. Comment la sainte mère de Dieu, inviolée du péché, aurait-elle pu connaître le sort des autres hommes ? Aussi croyons-nous, et devons-nous croire au moins depuis 1950, date à laquelle le vénérable Pie XII l’a défini comme un dogme, que la Sainte Vierge Marie est montée au Ciel avec son corps, et non simplement en esprit. En France, nous nous souvenons également que le roy Louis XIII consacra son royaume à la Sainte Vierge et ordonna de fêter cette consécration le 15 août de chaque année.

Saint Henri

Saint Henri – Épître (messe Os justi)


Léctio libri Sapiéntiæ.
Eccli. 31, 8-11.
Beátus vir, qui invéntus est sine mácula, et qui post aurum non ábiit, nec sperávit in pecúnia et thesáuris. Quis est hic, et laudábimus eum ? fecit enim mirabília in vita sua. Qui probátus est in illo, et perféctus est, erit illi glória ætérna : qui potuit tránsgredi, et non est transgréssus : fácere mala, et non fecit : ídeo stabilíta sunt bona illíus in Dómino, et eleemósynis illíus enarrábit omnis ecclésia sanctórum.

Saint Henri
Saint Henri

Heureux l’homme au cœur pur qui n’a point cherché l’or
Et qui n’en a point fait son idole et son dieu ;
Heureux qui méprisa l’argent et les trésors
Et n’en fit point la douceur de ses yeux.

Ah, dites-nous son nom ! Mais n’est-ce pas un ange ?
Car les hauts faits qui jalonnent sa vie
Méritent nos vivats autant que nos louanges,
Et son chemin vaut bien d’être suivi.

Pour lui, ce fut dans l’or que se cacha le diable,
Et toujours dans l’argent que fut la tentation ;
Mais il n’est pas tombé, et cet homme admirable
Était au soir brillant de perfection.

Les crimes les plus grands étaient en son pouvoir ;
Il pouvait sans péril piétiner toute loi ;
Mais il n’a point failli ; une éternelle gloire
Lui fut donnée pour ses nombreux exploits.

Oh, que de riches biens lui donna le Seigneur !
Mais au sommet du Ciel il en a de plus grands.
Ô prêtre, ô sainte Église, ô fidèles, ô chœurs,
Rendons-lui donc honneur en consacrant !

Saint Philippe - Saint Jean du Latran - CC Zavatter

Jeudi de Pentecôte – Épître


Léctio Actuum Apostolórum.
Lecture des Actes des Apôtres.Act. 8, 5-8.
In diébus illis : Philíppus descéndens in civitátem Samaríæ, prædicábat illis Christum. Intendébant autem turbæ his, quæ a Philíppo dicebántur, unanímiter audiéntes et vidéntes signa, quæ faciébat. Multi enim eórum, qui habébant spíritus immúndos, clamántes voce magna, exíbant. Multi autem paralýtici et claudi curáti sunt. Factum est ergo gáudium magnum in illa civitáte.

Saint Philippe - Saint Jean du Latran - CC Zavatter
Saint Philippe – Saint Jean du Latran – CC Zavatter

Le cœur rempli du Saint-Esprit,
Philippe vint à Samarie
Et prêcha le saint Évangile
Aux habitants de cette ville.

Une foule immense assemblée,
Entendait l’apôtre parler
Et tournait les yeux vers le Ciel
À l’écoute de la Nouvelle.

Si les mots ne suffisaient point,
Alors Philippe prenait soin
De se recueillir en lui-même
Et de prier Celui qu’il aime.

On le voyait, au nom de Dieu,
Accomplir devant tous les yeux
Extraordinaire spectacle !
Une myriade de miracles !

Des aveugles soudain voyaient,
Et la foule aussitôt croyait ;
Il guérit des paralytiques :
La foule chanta des cantiques.

Aux muets, il rendit la voix,
À la foule, il montra la voie ;
Il soigna sans cesse le corps,
Mais c’est l’esprit qu’il rendit fort.

Il délivra les malheureux
Qu’habitaient des démons affreux,
Et chassa le péché des cœurs
De ses bienheureux auditeurs.

Et convertie à la vraie foi,
Samarie éclatant de joie
Délaissa son vêtement triste
Et rendit sans fin grâce au Christ.

Vierge à l'Enfant - Basilique Sainte-Sophie de Constantinople - CC Guillaume Piolle

Messe de la sainte Vierge le samedi – Temps pascal – Epître


Vierge à l'Enfant - Basilique Sainte-Sophie de Constantinople - CC Guillaume Piolle
Vierge à l’Enfant – Basilique Sainte-Sophie de Constantinople – CC Guillaume Piolle

Léctio libri Sapiéntiæ.
Eccli. 24, 14-16.
Ab inítio et ante sǽcula creáta sum, et usque ad futúrum sǽculum non désinam, et in habitatióne sancta coram ipso ministrávi. Et sic in Sion firmáta sum, et in civitáte sanctificáta simíliter requiévi, et in Ierúsalem potéstas mea. Et radicávi in pópulo honorificáto, et in parte Dei mei heréditas illíus, et in plenitúdine sanctórum deténtio mea.

Dieu m’avait en esprit même avant que l’aurore
Se lève sur la nuit qui précédait le temps,
Et ne périrai point lorsqu’au dernier instant,
Du monde s’éteindra le dernier rayon d’or.

Aux pieds de mon Seigneur, saison après saison,
J’ai rempli humblement, modeste et diligente,
La tâche qu’Il m’avait confiée dans Sa maison,
Et j’ai pu mériter le titre de servante.

Entourée de remparts au sommet de Sion,
Je pus me reposer comme une cité sainte ;
Pourquoi de l’ennemi craindrais-je l’agression ?
Mon Seigneur m’entoura d’une invincible enceinte.

C’est en Jérusalem, la céleste cité,
La ville de tous ceux que Dieu couvrit de gloire,
Que je mis ma puissance, et que j’ai hérité
Non de richesses mais de Dieu et de Ses hoirs.

C’est Dieu mon héritage : ô bonheur infini
Que ne comprendra point la pauvre science humaine !
C’est Dieu dont je jouirai, et parmi les bénis,
Couronnée par mon Dieu, je siégerai en reine.

Mercredi de la deuxième semaine de Carême – Epître


Esth. 13, 8-11 et 15-17.
In diébus illis : Orávit Mardochǽus ad Dóminum, dicens : Dómine, Dómine, Rex omnípotens, in dicióne enim tua cuncta sunt pósita, et non est, qui possit tuæ resístere voluntáti, si decréveris salváre Israël. Tu fecísti cælum et terram, et quidquid cæli ámbitu continétur. Dóminus ómnium es, nec est, qui resístat maiestáti tuæ. Et nunc, Dómine Rex, Deus Abraham, miserére pópuli tui, quia volunt nos inimíci nostri pérdere, et hereditátem tuam delére. Ne despícias partem tuam, quam redemísti tibi de Ægýpto. Exáudi deprecatiónem meam, et propítius esto sorti et funículo tuo, et convérte luctum nostrum in gáudium, ut vivéntes laudémus nomen tuum, Dómine, et ne claudas ora te canéntium, Dómine, Deus noster.

Seigneur, Seigneur, Roy tout puissant,
Seul prince digne de l’encens,
La création Vous est soumise,
Et seuls les insensés s’épuisent
Et pensent pouvoir affronter
Votre éternelle volonté :
Qui peut écraser Israël
Si Vous nous prenez sous Votre aile ?
Ciel et terre sont grâce à Vous,
Et l’ennemi même l’avoue.
Mon Dieu, sous la voûte céleste,
Du nord au sud et d’est en ouest,
Véritablement, je ne vois
Rien qui ne fut fait par mon Roy !
Vous seul régnez sur l’univers
Et seul un fou pourrait se plaire
A chercher à Vous contester
Votre sublime Majesté.
Et maintenant, Dieu d’Abraham,
Éloignez les terribles flammes
Auxquelles nos durs ennemis
Veulent que nous soyons remis !
Pour Votre peuple en son malheur,
Ayez pitié, pitié, Seigneur !
Ô Vous qui fûtes assez bon
Pour libérer de Pharaon
Et pour protéger d’âge en âge
Votre peuple, Votre héritage,
Ne le secourrez-Vous donc point
Quand l’adversaire est sur le point
De le perdre et l’anéantir
Malgré nos pleurs et nos soupirs ?
Par plus de mille sacrés liens,
Cette nation Vous appartient ;
Soyez propice à ma prière,
Et n’ayez pas un cœur de pierre.
Ô mon Dieu, mon Seigneur, mon Roy,
Transformez notre deuil en joie,
Pour que, vivants, matin et soir,
Nous puissions chanter Votre gloire
Et magnifier d’un cœur constant
Votre saint nom à tout instant.
Par les mains d’un bourreau farouche,
Mon Dieu, fermerez-Vous les bouches
De ceux qui, du milieu des loups,
Vous rendent honneur et Vous louent ?

Elie et la veuve de Sarepta - Bernardo Strozzi (CC Yelkrokoyade)

Mardi de la deuxième semaine de Carême – Epître


3 Reg. 17, 8-16.
In diébus illis : Factus est sermo Dómini ad Elíam Thesbíten, dicens : Surge et vade in Saréphta Sidoniórum, et manébis ibi : præcépi enim ibi mulíeri víduæ, ut pascat te. Surréxit et ábiit in Saréphta. Cumque venísset ad portam civitátis, appáruit ei múlier vídua cólligens ligna, et vocávit eam, dixítque ei : Da mihi páululum aquæ in vase, ut bibam. Cumque illa pérgeret, ut afférret, clamávit post tergum eius, dicens : Affer mihi, óbsecro, et buccéllam panis in manu tua. Quæ respóndit : Vivit Dóminus, Deus tuus, quia non habeo panem, nisi quantum pugíllus cápere potest farínæ in hýdria, et páululum ólei in lécytho : en, collige duo ligna, ut ingrédiar, et fáciam illum mihi et fílio meo, ut comedámus et moriámur. Ad quam Elías ait : Noli timére, sed vade, et fac, sicut dixísti : verúmtamen mihi primum fac de ipsa farínula subcinerícium panem párvulum, et affer ad me : tibi autem et fílio tuo fácies póstea. Hæc autem dicit Dóminus, Deus Israël : Hýdria farínæ non defíciet, nec lécythus ólei minuétur, usque ad diem, in qua Dóminus datúrus est plúviam super fáciem terræ. Quæ ábiit, et fecit iuxta verbum Elíæ : et comédit ipse et illa et domus eius : et ex illa die hýdria farínæ non defécit, et lécythus ólei non est imminútus, iuxta verbum Dómini, quod locútus fúerat in manu Elíæ.

La parole de Dieu descendit sur Élie,
Et comme un vase ouvert, aussitôt le remplit :
« Ô toi que J’ai choisi, que J’aime et qui M’écoute,
Lève-toi, quitte tout, et marche sur la route
Jusques à Sarepta, du pays de Sidon,
Où tu demeureras, et tu vivras des dons
D’une veuve affligée d’une grande misère,
A qui J’ai, Moi, son Dieu, demandé de le faire. »
Élie se leva donc, il vint à Sarepta,
Et tout près de sa porte, assoiffé, s’arrêta.
Une veuve, penchée, peinait sous son regard,
Augmentant son fagot de bouts de bois épars.
« J’ai soif ! Sers-moi, dit-il, dans un vase un peu d’eau. »
Elle allait en puiser, quand il dit, dans son dos :
« Que ta main, je te prie, daigne m’offrir encor
Une bouchée de pain pour sustenter mon corps.
– Hélas, je n’en ai point, je n’en ai pas, mon Dieu !
J’ai deux doigts de farine, et ne puis t’offrir mieux
Pour les accompagner qu’un peu d’huile en un vase
Qui est aussi étroit du col jusqu’à la base.
Hélas, je viens ici pour ramasser du bois,
Et pour faire à manger une dernière fois :
Si grande est la misère où je me vois réduite,
Que nous devrons, mon fils, et moi, mourir ensuite.
– Ne tremble pas et fais tout comme tu le veux,
Néanmoins, tout d’abord, agis selon mes vœux :
Fais cuire un petit pain du reste de farine,
Pour qu’il éteigne en moi le feu de la famine,
Puis sers ton fils et toi, car Dieu te le promet :
La farine du pot ne manquera jamais,
Et tu pourras toujours te servir de cette huile
Tant qu’il ne pleuvra pas sur la terre stérile. »
Ainsi fit cette femme, et tout fut accompli
Selon la prédiction du grand prophète Élie.

Élie et la veuve de Sarepta – Bernardo Strozzi (CC Yelkrokoyade)

Ézéchiel - Michel Ange

Jeudi de la première semaine de Carême – Epître


Ezech. 18, 1-9.
In diébus illis : Factus est sermo Dómini ad me, dicens : Quid est, quod inter vos parábolam vértitis in provérbium istud in terra Israël, dicéntes : Patres comedérunt uvam acérbam, et dentes filiórum obstupéscunt ? Vivo ego, dicit Dóminus Deus, si erit ultra vobis parábola hæc in provérbium in Israël. Ecce, omnes ánimæ meæ sunt : ut ánima patris, ita et ánima fílii mea est : ánima, quæ peccáverit, ipsa moriétur. Et vir si fúerit iustus, et fécerit iudícium et iustítiam, in móntibus non coméderit, et óculos suos non leváverit ad idóla domus Israël : et uxórem próximi sui non violáverit, et ad mulíerem menstruátam non accésserit : et hóminem non contristáverit : pignus debitóri reddíderit, per vim nihil rapúerit : panem suum esuriénti déderit, et nudum operúerit vestiménto : ad usúram non commodáverit, et ámplius non accéperit : ab iniquitáte avértent manum suam, et iudícium verum fécerit inter virum et virum : in præcéptis meis ambuláverit, et iudícia mea custodíerit, ut fáciat veritátem : hic iustus est, vita vivet, ait Dóminus omnípotens.

La parole de Dieu vint au fond de mon cœur :
Ô ma bouche, redis ce que dit le Seigneur !
J’entends parmi Mon peuple un proverbe insensé,
Que si le père a bu quelque suc trop acide,
Les dents de ses enfants en seront agacées :
Cela n’est-il pas faux, détestable et stupide ?
Moi, J’en fais le serment : vous n’aurez désormais
Plus la moindre raison de répéter encor
Ces mots selon lesquels Dieu Lui-même permet
Que l’on doive d’un autre assumer tous les torts.
Toute âme que Je fis est en Ma possession,
L’âme du père autant que l’âme de son fils ;
Je n’ai point, Moi, le Roy, donné la permission
Qu’en dehors du pécheur aucun homme périsse.
Ne pèche point, sois juste, agis selon le droit ;
Ne va pas adorer les infâmes idoles ;
Le péché de la chair, garde-le loin de toi,
Et souviens-toi toujours de suivre Mes paroles.
N’agresse pas ton frère, et ne l’opprime point ;
Rends ce qui t’est prêté mais, loin d’être un voleur,
Accorde aux malheureux les plus suaves soins,
Ton pain à l’affamé, ta compassion aux pleurs,
Ton habit à celui qui dans le froid, gît nu,
Ton aide à l’homme qui demande ton secours,
Ton pardon à l’ingrat qui sera revenu,
Enfin, à celui-là que l’on hait, ton amour.
L’homme de qui la main chasse l’iniquité,
L’homme qui fait toujours ce qu’ordonne le Ciel,
Qui juge à bon escient selon la vérité,
S’attache à la sagesse et demeure fidèle,
Cet homme,souviens-t’en, est un juste à mes yeux,
Et vivra pour toujours, car ainsi parle Dieu.

Isaïe - Michel-Ange

Mardi de la première semaine de Carême – Epître


Is. 55, 6-11.
In diébus illis : Locútus est Isaías Prophéta, dicens : Quǽrite Dóminum, dum inveníri potest : invocáte eum, dum prope est. Derelínquat ímpius viam suam, et vir iníquus cogitatiónes suas, et revertátur ad Dóminum : et miserébitur eius, et ad Deum nostrum : quóniam multus est ad ignoscéndum. Non enim cogitationes meæ cogitatiónes vestræ : neque viæ vestræ viæ meæ, dicit Dóminus. Quia sicut exaltántur cæli a terra, sic exaltátæ sunt viæ meæ a viis vestris, et cogitatiónes meæ a cogitatiónibus vestris. Et quómodo descéndit imber et nix de cælo, et illuc ultra non revértitur, sed inébriat terram, et infúndit eam, et germináre eam facit, et dat semen serénti, et panem comedénti : sic erit verbum meum, quod egrediétur de ore meo : non revertétur ad me vácuum, sed fáciet quæcúmque volui, et prosperábitur in his, ad quæ misi illud : ait Dóminus omnípotens.

Tant qu’on peut Le trouver, recherchez le Seigneur ;
Priez, invoquez-Le, tant qu’Il est près de vous,
Et n’atermoyez pas, ne tardez point, de peur
Que, parti sans vous voir, Il ne vous désavoue.
Quitte ta route, impie, inique, tes sentences,
Et reviens au Seigneur, car Il te graciera,
Et retourne à ton Dieu, car Sa toute puissance
Peut donner Son pardon au pire scélérat.
Mes sentences ne sont en aucun cas les vôtres,
Et les routes sacrées que votre Seigneur suit
Sont, remplies de lumière, et de splendeur, tout autres
Que les voies que prend l’homme au milieu de la nuit.
Voyez comme les cieux sont plus hauts que la terre :
Mes sentences ainsi dominent vos pensées,
Et ces obscures voies, où l’homme, hélas, se perd,
Seront infiniment par Mes voies dépassées.
La pluie comme la neige ont pour source le ciel,
Descendent sur la terre et ne remontent point ;
L’eau reste dans le sol, et la terre par elle
Sera désaltérée, fécondée par ses soins,
La graine germera, et quand l’heureux semeur
Pourra, le temps venu, moissonner dans ses champs,
Il en fera du pain, le rompra de grand cœur,
Et les yeux vers le ciel, il lancera son chant.
Ainsi quand Ma parole abandonne Ma langue,
Elle ne revient pas, inutile, vers Moi,
Mais fait ce que Je veux, et sa douce harangue
Fait germer dans les cœurs la sagesse et la foi.

Isaïe - Psautier de Paris

Samedi après les Cendres – Epitre


Is. 58, 9-14.
Hæc dicit Dóminus Deus : Si abstúleris de médio tui caténam, et desíeris exténdere dígitum, et loqui quod non prodest. Cum effúderis esuriénti ánimam tuam, et ánimam afflíctam repléveris, oriétur in ténebris lux tua, et ténebræ tuæ erunt sicut merídies. Et réquiem tibi dabit Dóminus semper, et implébit splendóribus ánimam tuam, et ossa tua liberábit, et eris quasi hortus irríguus, et sicut fons aquárum, cuius non defícient aquæ. Et ædificabúntur in te desérta sæculórum : fundaménta generatiónis et generatiónis suscitábis : et vocáberis ædificátor sépium, avértens sémitas in quiétem. Si avérteris a sábbato pedem tuum, fácere voluntátem tuam in die sancto meo, et vocáveris sábbatum delicátum, et sanctum Dómini gloriósum, et glorificáveris eum, dum non facis vias tuas, et non invénitur volúntas tua, ut loquáris sermónem : tunc delectáberis super Dómino : et sustóllam te super altitúdines terræ, et cibábo te hereditáte Iacob, patris tui. Os enim Dómini locútum est.

Peuple ! Prête l’oreille aux lèvres du Seigneur !
Brise sans plus tarder les chaînes de ton cœur,
N’ose plus menacer en étendant le doigt
Ou verser du venin par ta langue et ta voix.
Mais regarde ton frère : il vacille, il se pâme,
Il est près d’expirer : répands en lui ton âme,
Et quand l’aura laissé sa profonde affliction,
Ta lampe versera son illumination
Sur l’obscure ténèbre où ton esprit se perd
Et brillera plus fort que l’astre sur la terre.
Alors, toi, le pécheur qui n’as point de repos,
Et dont frisonne, et tremble, et grelotte la peau,
Le Seigneur t’offrira la paix venue du Ciel,
Le vase de ton cœur sera rempli de miel,
Tes os comme ta chair seront libres enfin,
Et ton ventre jamais ne gémira de faim.
Voici que tu seras comme un jardin en fleurs,
Que le bon jardinier arrose à la bonne heure,
Et comme un fontaine où l’eau ne tarit pas,
Où quelque voyageur arrêtera ses pas.
Porte à présent ton œil où rôde la famine,
Et l’aride désert où le vent bat des ruines :
Tu les relèveras, avec l’aide de Dieu
Ces villes que jadis ont bâties tes aïeux !
On te louera d’avoir relevé ces murailles,
Et frayé des sentiers libres de la canaille.
Ne foule pas aux pieds, ne jette pas à bas
Le jour saint du Seigneur, le saint jour du Sabbat,
Mais fais Ma volonté ! Que ton cœur, sans malice,
L’appelle : Jour de joie, Jour d’infinies délices !
En ce jour, loue ton Dieu, glorifie Son saint Nom,
Chante sans fin Sa gloire, et plus doux qu’un ânon,
Laisse ta volonté, abandonne ta route,
Fuis tes vaines pensées, mais que ton âme toute
S’abandonne à ton Maître, à Sa voix, à Sa main,
Qui guideront tes pas sur le plus sûr chemin.
Alors dans ton esprit coulera le bonheur,
Et tu te réjouiras dans la joie du Seigneur ;
Alors, toi que Je fis de boue et de limon,
Moi, Je t’emmènerai sur les sommets des monts,
Et t’offrirai le legs de ton père Israël,
Car ainsi parle aux Siens la Voix venue du Ciel.

Enterrement de sainte Agathe - Giulio Campi

Sainte Agathe – Epitre


Léctio Epístolæ beáti Pauli Apóstoli ad Corinthios.
1. Cor. 1, 26-31.
Fratres : Vidéte vocatiónem vestram : quia non multi sapiéntes secúndum carnem, non multi poténtes, non multi nóbiles : sed quæ stulta sunt mundi elégit Deus, ut confúndat sapiéntes : et infírma mundi elégit Deus, ut confúndat fórtia : et ignobília mundi et contemptibília elégit Deus, et ea quæ non sunt, ut ea quæ sunt destrúeret : ut non gloriétur omnis caro in conspéctu eius. Ex ipso autem vos estis in Christo Iesu, qui factus est nobis sapiéntia a Deo, et iustítia, et sanctificátio, et redémptio : ut, quemádmodum scriptum est : Qui gloriátur, in Dómino gloriétur.

Ignorez-vous pourquoi le Christ vous appela ?
De qui de vous le monde a-t-il dit : Quel grand sage !
De qui : Quelle puissance !, et de qui : Quel éclat ! ?
Frères, c’est pourtant vous qui, seuls, rendez l’hommage
Que tout homme doit rendre au Seigneur des nations.
Êtes-vous forts ? Que non ! Dieu choisit la faiblesse
Pour confondre à jamais la vaine prétention
De ceux qui se croient pleins de force ou de sagesse.
Dieu désigne celui qui pour la chair n’est rien,
Verse au fond de son coeur Son infini pouvoir,
L’élève aux yeux de tous, l’exalte et le fait Sien,
Et la chair ne peut pas supporter Son regard.
Nous sommes dans le Christ en qui nous avons foi ;
C’est Lui notre Salut, c’est Lui notre grandeur,
Lui notre Rédemption ! Frère, glorifie-toi,
Mais cherche seulement la gloire en ton Seigneur.