Crucifix - Michael Pacher

Troisième dimanche de Carême – Trait


Tractus. Ps. 122, 1-3. Trait.
Ad te levávi óculos meos, qui hábitas in cælis.
V/. Ecce, sicut óculi servórum in mánibus dominórum suórum.
V/. Et sicut óculi ancíllæ in mánibus dóminæ suæ : ita óculi nostri ad Dóminum, Deum nostrum, donec misereátur nostri.
V/. Miserére nobis, Dómine, miserére nobis.

C’est vers Vous, ô mon Dieu,
Que j’ai tourné les yeux,
Vous, le maître des Cieux !

Car l’œil du serviteur
Sur la main du seigneur
Est fixé à toute heure.

La servante a pour loi
De regarder les doigts
De l’épouse du roi.

Écoutez les prières
De ceux qui, sur la terre,
Désirent tant Vous plaire.

Ah, voyez : à genou,
Et le cœur qui se noue…
Ayez pitié de nous !

Pitié, Seigneur si pur,
Maître de la nature,
Pour Votre créature.

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Maître-autel de l'église d'Obernai - CC RH-67

Samedi des Quatre-Temps de Carême – Deuxième Lecture


2 Mach. l, 23-26 et 27.
In diébus illis : Oratiónem faciebant omnes sacerdotes, dum consummarétur sacrifícium, Iónatha inchoánte, céteris autem respondéntibus. Et Nehemíæ erat orátio hunc habens modum : Dómine Deus, ómnium Creátor, terríbilis et fortis, iustus et miséricors, qui solus es bonus rex, solus præstans, solus iustus et omnípotens et ætérnus, qui líberas Israël de omni malo, qui fecísti patres electos et sanctificásti eos : accipe sacrifícium pro univérso pópulo tuo Israël, et custódi partem tuam et sanctífica : ut sciant gentes, quia tu es Deus noster.

En l’honneur du Seigneur, la victime à l’autel
S’élevait en fumée jusqu’au faîte du ciel,
Et les prêtres de Dieu, tout autour réunis,
Lancèrent au milieu de la cérémonie
Une oraison splendide et pleine de confiance
A laquelle aussitôt s’associa l’assistance :
Ô Dieu terrible et fort, ô Seigneur des nations,
Ô Créateur et Roy de Votre création,
Ô miséricordieux, ô sage, ô grand, ô juste,
Ô Vous, l’unique Roy que l’on peut dire auguste,
Éternel, tout puissant, impartial, généreux,
Qui de tout mal avez libéré les Hébreux,
Vous qui jadis avez élu, béni nos pères,
Les avez rendus saints et dignes de Vous plaire,
Acceptez la victime offerte en oblation,
Et de Vos serviteurs, voyez l’imploration ;
Sanctifiez, protégez et gardez d’âge en âge
Ceux qui seuls ont l’honneur d’être Votre héritage,
Afin que tout pays qui s’étend sous les Cieux
Apprenne que c’est Vous qui êtes notre Dieu.

Image : Maître-autel de l’église d’Obernai – CC RH-67

Le Christ représenté comme un soleil

Quinquagésime – Graduel


Graduale. Ps. 76, 15 et 16.
Tu es Deus qui facis mirabília solus : notam fecísti in géntibus virtútem tuam.
V/. Liberásti in bráchio tuo pópulum tuum, fílios Israël et Ioseph.

Vous seul accomplissez, ô mon Dieu, des merveilles
Aux yeux de Votre création,
Et faites connaître aux nations
De Votre majesté la force sans pareille.

De qui mes vers diront : C’est Lui qui libéra
Israël et ses fils captifs ?
Que mes vers soient affirmatifs :
C’est mon Dieu qui le fit de Son robuste bras.

Saint Polycarpe

Saint Polycarpe – Graduel


Graduale. Ps. 8, 6-7.
Glória et honóre coronásti eum.
V/. Et constituísti eum super ópera mánuum tuárum, Dómine.

Vous avez posé sur son front
Une couronne sans pareille
Où l’or glorieux de sept fleurons
Pousse sur sept grenats vermeils.

Et pour avoir porté sa croix,
Et périr pour Vous sous l’outrage,
De lui, Vous avez fait un roi
Pour qu’il règne sur Vos ouvrages.

Dieu le Père trônant, entouré de la Vierge Marie et du Christ

Sixième jour dans l’Octave de la Nativité – Offertoire


Ant. ad Offertorium. Ps. 88,12et 15.
Tui sunt cœli et tua est terra : orbem terrárum et plenitúdinem eius tu fundásti : iustítia et iudícium præparátio sedis tuæ.

Les Cieux disent à Dieu : nous Vous appartenons,
Et la terre obéit seulement à Son nom ;
Écoute, écoute encor la voix de l’univers :
« C’est à Dieu qui me fit que je suis asservi,
Et c’est Lui, le Très-Bon, qui fit don de la vie
A tous ces animaux dont je suis recouvert. »

Soyez loué, mon Dieu, pour Votre création !
Ô peuples, chantez-Le ! Acclamez-le, nations !
N’avez-Vous pas créé le Ciel, l’homme et la terre ?
Contemple ton Seigneur au céleste pourpris :
La justice est Son trône, et saints sont Ses rescrits ;
C’est Lui qui nous régit, c’est à Lui qu’il faut plaire.

Gouffre de Golondrinas - free © Stubb

Vingt-quatrième dimanche après la Pentecôte – Alleluia


Allelúia, allelúia. V/.Ps, 129, 1-2.
De profúndis clamávi ad te, Dómine : Dómine, exáudi oratiónem meam. Allelúia.

Mon âme Vous adjure au fond du précipice :
Ô Maître de la création,
Écoutez mes supplications :
Transportez moi du gouffre en un lieu plus propice.

Dieu créant l'univers

Vingt-et-unième dimanche après la Pentecôte – Introit


Dieu créant l'univers
Dieu créant l’univers

Ant. ad Introitum. Esth. 13, 9 et 10-11.
In voluntáte tua, Dómine, univérsa sunt pósita, et non est, qui possit resístere voluntáti tuæ : tu enim fecísti ómnia, cælum et terram et univérsa, quæ cæli ámbitu continéntur : Dominus universórum tu es.
Ps. 118, 1.
Beáti immaculáti in via : qui ámbulant in lege Dómini.

Le sceptre du Seigneur pèse sur l’univers.
Qui pourrait résister à Votre volonté ?
Seul un fol plein d’orgueil dirait pour se vanter :
J’ai tiré du néant quelques grains de poussière.

Mais, ô Seigneur mon Dieu, tout ce que nous voyons
Et tout ce qui demeure ignoré de notre œil,
L’ange, l’homme, et la bête, et le fruit que l’on cueille,
Le rocher et l’eau, tout est Votre Création !

Devant tant de grandeur, ô mon Seigneur, nous sommes
Semblables aux cirons, débiles et petits.
Que tout le reconnaisse empreint de modestie,
Tant l’animal que l’ange, et tant l’arbre que l’homme !

L’infime créature au cœur trop ambitieux
N’est qu’une âme malade et un esprit immonde ;
Seul est digne vraiment de régner sur le monde
Dieu, le Roy de la terre, et l’empereur des Cieux.

Heureux l’homme au cœur pur soumis à son Seigneur,
Qui ne s’égare point dans de funestes voies,
Et suit sans hésiter la route de la Loi :
Cet homme, vraiment sage, aura le vrai bonheur.

Le miracle de saint Donat - Jose de Ribera

Saint Donat – Introit


Le miracle de saint Donat - Jose de Ribera
Le miracle de saint Donat – Jose de Ribera

Nous commémorons aujourd’hui saint Donat, évêque et martyr.

Ant. ad Introitum. Dan. 3, 84 et 87.
Sacerdótes Dei, benedícite Dóminum : sancti et húmiles corde, laudáte Deum.
Ibid., 57.
Benedícite, ómnia ópera Dómini, Dómino : laudáte et superexaltáte eum in sǽcula.

Prêtres de Dieu, bénissez le Seigneur !
Acclamez-Le, saints et humbles de cœur !

Bénissez-Le, créatures de Dieu !
Ô création, chante le Roy des Cieux !

Saint Bonnet le Château - Chorale céleste - CC Daniel Villafruela

Gaudium erit coram Angelis – Liturgie #6


Saint Bonnet le Château - Chorale céleste - CC Daniel Villafruela
Saint Bonnet le Château – Chorale céleste – CC Daniel Villafruela

Je voulais changer de sujet après la série sur le Confiteor, mais voici que l’évangile d’hier nous proposait une conclusion parfaite :

Gaudium erit coram Angelis Dei super uno peccatore pœnitentiam agere. (Saint Luc, 15, 10)

C’est à dire : Il y aura de la joie parmi les anges de Dieu, pour un seul pécheur qui fait pénitence.

Le prince du mensonge alla parler à Dieu :
« Regardez l’univers, et du haut de Vos Cieux,
Devant Vos serviteurs, Vous devrez reconnaître
Que j’en suis désormais le seigneur et le maître.
Moi, je vois pour ma part que sept milliards d’humains
Sont, ou près d’y tomber, ou déjà dans ma main.
Oui, Votre créature admirable et si belle,
Contre Votre amitié par mes soins se rebelle.
Oui, cette créature à Votre Fils liée
Sous ma terrible loi désire se plier.
Mais pourquoi Vous réjouir ? Pour me mettre en colère ?
Enfin, expliquez-moi ce qui peut bien Vous plaire
Sur cette boule ingrate, orgueilleuse et impie
Qui devrait provoquer Votre profond dépit ?
Tout dans l’homme aujourd’hui, cette race traîtresse,
Devrait faire verser des larmes de tristesse !
Mais qu’entends-je, pourtant ? Des cantiques joyeux !
Je vois l’ange réjoui, et n’en crois pas mes yeux !
Répondez, répondez, pourquoi tant de bonheur
Quand l’intouchable Roy doit Se vider de pleurs ? »
Un ange répondit : « Ne vois-tu pas, satan,
Ces pécheurs repentis, ces nouveaux pénitents ?
Pour un seul qui revient à l’Amour éternel,
Dieu verse plus de liesse aux habitants du Ciel. »

Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

Beato Ioanni Baptistæ – Confiteor #4 – Stances #80


Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino
Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

Quatrième volet de notre série sur le Confiteor : l’invocation à saint Jean-Baptiste.

Le monde était dans l’ombre et l’homme avait rompu
Le lien qui l’unissait à son divin Auteur ;
Le diable triomphait, ou le croyait, repu
De larmes, de péchés, de crimes et de pleurs.

Mais Dieu ne laissa point l’homme dans l’abandon ;
Le Créateur aimait l’ingrate créature,
Il désirait déjà dispenser Son pardon
Et retourner vers Lui cette âme folle et dure.

Avec quelle patience Il restaura ce lien !
Voici, de siècle en siècle, en dépit des tempêtes,
Supérieurs aux guerriers, aux rois, aux magiciens,
La longue chaîne d’or des bienheureux prophètes.

D’Abraham à Moïse, Isaïe, Jérémie,
Et jusqu’au Précurseur, envoyés par le Père,
Ils proclamaient tout haut sous des yeux ennemis :
« Redressez vos chemins car voici la Lumière. »

Menaces et mépris, coups, trahisons, tourments,
Mais toujours habités par le Consolateur,
Rien ne les arrêta, et toujours, lentement,
Ils bâtirent le pont qui nous lient au Seigneur.

Et nous pécheurs, ce pont, nous le fragilisons,
Ou même, fous, ô fous ! le mettons en poussière ;
Un instant y suffit, et notre déraison
Fait voler en éclat l’ouvrage millénaire.

Au suprême prophète aussitôt demandons,
Parce que nos péchés lui font aussi du tort,
Qu’il veuille, à nous pécheurs, accorder le pardon,
Et nous guider toujours vers Celui qu’il adore.

Récitation du Confiteor par le célébrant (penché)

Défense du Confiteor – Confiteor #1 – Deo omnipotenti – Liturgie #5


Récitation du Confiteor par le célébrant (penché)
Récitation du Confiteor par le célébrant (penché)

On entend souvent que les textes traditionnels de l’Église, notamment de la messe tridentine (forme extraordinaire), sont redondants, remplis de termes inutiles, pleins de répétitions dépourvues d’intérêt. Je ne m’attarderai pas sur la prétention qu’il y a à juger aussi péremptoirement des textes écrits au cours des siècles de la part de personnes qui n’en ont jamais plus d’un. Mais puisqu’on a renversé les rôles, et que c’est à la tradition de se défendre contre l’innovation, défendons, autant qu’on le peut. Le Confiteor est un bon exemple de l’émondement qui a été opéré. On est passé ainsi de :

Je confesse à Dieu Tout-Puissant,
à la Bienheureuse Marie toujours vierge,
à Saint Michel Archange,
à Saint Jean-Baptiste,
aux Saints Apôtres Pierre et Paul,
à tous les Saints,
et à vous, mon Père,
que j’ai beaucoup péché, par pensées,
par paroles et par actions.
C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute.
C’est pourquoi je supplie la Bienheureuse Marie toujours vierge,
Saint Michel Archange,
Saint Jean-Baptiste,
les Saints Apôtres Pierre et Paul,
tous les Saints et vous mon Père,
de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

à :

Je confesse à Dieu tout-puissant,
Je reconnais devant mes frères
que j’ai péché,
en pensée, en parole, par action et par omission.
Oui, j’ai vraiment péché.
C’est pourquoi, je supplie la Vierge Marie,
les anges et tous les saints,
et vous aussi, mes frères,
de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

On s’est débarrassé de la Sainte Vierge, de saint Michel, de saint Jean-Baptiste, de saint Pierre et de saint Paul. Pourquoi se confesser aussi à eux ? La raison en est simple, et cette série de poèmes ne prétendra que l’illustrer. Mais à tout Seigneur, tout honneur, bien que la mention « Deo omnipotenti » ait été conservée.

C’est à Vous, ô mon Dieu, c’est à Vous tout d’abord
Que j’ai par mes péchés fait chaque fois du tort.
Hélas, si je devais énumérer Vos dons,
Je serais sans tarder contraint à l’abandon
Avant d’en avoir pu dire le millionième,
Après avoir écrit mil vers de ce poème.
De Vous j’ai tout reçu, mon Seigneur et mon Dieu ;
Rien ne me fut offert sans descendre des Cieux.
A l’Être qui créa les splendeurs de la terre,
Qui m’accorda la vie par mon père et ma mère,
Qui par l’eau de l’Esprit fit de moi Son enfant,
Qui contre vingt démons chaque jour me défend,
Ah ! comment décider de Lui désobéir,
Comment donc ai-je pu, ai-je osé Le trahir ?
Il a créé le monde, Il est mort sur la Croix,
Et moi j’ose déplaire à cet auguste Roy,
J’ose me révolter, oui, j’ose être rebelle,
J’ose, ingrat, mépriser Ses lois saintes et belles
– Et non pas une fois, par hasard, par oubli,
Mais bien conscient, du saut au retour dans le lit,
Sept fois le jour je pèche et commets quelque faute,
Je le mûris, le veux, le fais – vanité haute,
Par quoi je me voudrais l’auteur même des lois,
Par quoi sous le péché tout aussitôt je ploie.
Je ressens aussitôt le poids de ma misère,
Mais j’aurais beau gémir, cette pointe de fer
Que j’ai plantée moi-même au fond de mon esprit,
Je ne puis l’arracher, et bientôt dépéris.
Dans mon profond malheur, vers qui me tournerai-je ?
Qui peut rendre à mon cœur sa pureté de neige ?
Il a créé le monde, Il a versé Son sang ;
Que l’impotent supplie l’unique Tout-Puissant.

Création d'Adam

Jod – Psaume #118 – Distiques #39


Création d'Adam
Création d’Adam

Jod

73 Manus tuæ fecerunt me, et plasmaverunt me :
da mihi intellectum, et discam mandata tua.
74 Qui timent te videbunt me et lætabuntur,
quia in verba tua supersperavi.
75 Cognovi, Domine, quia æquitas judicia tua,
et in veritate tua humiliasti me.
76 Fiat misericordia tua ut consoletur me,
secundum eloquium tuum servo tuo.
77 Veniant mihi miserationes tuæ, et vivam,
quia lex tua meditatio mea est.
78 Confundantur superbi, quia injuste iniquitatem fecerunt in me ;
ego autem exercebor in mandatis tuis.
79 Convertantur mihi timentes te,
et qui noverunt testimonia tua.
80 Fiat cor meum immaculatum in justificationibus tuis,
ut non confundar.

Jod

Ne m’abandonnez pas, mains qui m’ont fait d’argile !
Donnez-moi, pour comprendre, une âme ailée, agile.

Que contemplent mon sort tous ceux qui craignent Dieu
Car ce n’est pas en vain que je suis juste et pieux.

Si Vous m’avez châtié, c’était avec justice :
Vos jugements sont droits et, quoique durs, propices.

Ayez pitié de moi, contemplez mes sanglots :
Selon Votre serment, épongez-en les flots.

Consolez-moi, Seigneur, que je puisse survivre,
Et seule Votre loi, si sage ! me délivre.

Il m’a fait tant de mal : confondez le méchant
Qui me hait quand je loue Votre loi dans mes chants.

Oh, qu’ils viennent à moi, les hommes qui Vous craignent,
Qui, respectant Vos lois, attendent Votre règne !

Rendez mon esprit blanc, qu’avec l’esprit perdu,
Esprit noir, je ne sois, ô Seigneur, confondu.