François Fillon

Sonnet – Mathurin Régnier + Réponses à la charade d’hier


N’ayant pas eu le temps d’écrire un poème aujourd’hui, je vous offre avec les réponses à la charade d’hier, un sonnet de Mathurin Régnier. Grand poète satirique quelque peu méconnu, mais que Boileau admira fort, et cita dans son Art poétique, que Baudelaire lut beaucoup dans sa jeunesse, il écrivit des satires trop longues pour être ici présentées. Sur le tard, il se convertit, et écrivit quelques poèmes dont l’inspiration religieuse ne put se départir entièrement d’un tour d’esprit typique de l’épigramme. On pourra le constater dans ce sonnet, dont le vers contient une pointe si remarquable qu’on pourrait en déduire l’insincérité de l’auteur et, dans ce cas, un mépris profond de Dieu ; cette pointe, d’ailleurs, n’est pas sans faire penser aux quatrains bachiques d’Omar Khayyam, dont le sens licencieux ne fait pas de doute. Quant à Régnier, ses autres poèmes religieux ne conservent pas trace de cette malice, ou de cette ambiguïté.

Ô Dieu, si mes péchés irritent ta fureur,
Contrit, morne et dolent, j’espère en ta clémence.
Si mon deuil ne suffit à payer mon offense,
Que ta grâce y supplée et serve à mon erreur.

Mes esprits éperdus frissonnent de terreur,
Et, ne voyant salut que par la pénitence,
Mon cœur, comme mes yeux, s’ouvre à la repentance,
Et me hais tellement que je m’en fais horreur.

Je pleure le présent, le passé je regrette ;
Je crains à l’avenir la faute que j’ai faite ;
Dans mes rébellions je lis ton jugement.

Seigneur dont la bonté nos injures surpasse,
Comme de Père à fils uses-en doucement,
Si j’avais moins failli, moindre serait ta grâce.

Réponses à la charade d’hier.

François Fillon
François Fillon

Mon premier, étant donné que mon tout ne l’est en rien, et que ce tout est un politicien, est franc. On n’a jamais vu, ces derniers temps, une once de franchise chez ces gens-là.

Mon deuxième est fait par un vers : la soie.

Mon troisième est fille, car l’homme ne peut aimer qu’un seul type d’amazone, laquelle est une prostituée qu’on appelait aussi demi-mondaine. Le terme fille n’est plus guère employé pour désigner une prostituée, non plus qu’amazone.

Mon quatrième est on. On, en français, vient d’Homo, en latin, et ne peut exercer que la fonction de sujet. Il est très vague, étant donné qu’il peut désigner n’importe quelle autre personne, aussi bien je que tu, il, nous, vous, ou plus couramment nous, qu’il tend à supplanter.

Mon tout est un politicien : Franc-Soie-Fille-On, François Fillon.

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