Le péché originel - CC P. Poschadel

Collecte du huitième dimanche après la Pentecôte


Le péché originel - CC P. Poschadel
Le péché originel – CC P. Poschadel

Oratio.
Largíre nobis, quǽsumus,Dómine, semper spíritum cogitándi quæ recta sunt, propítius et agéndi : ut, qui sine te esse non póssumus, secúndum te vívere valeámus. Per Dóminum.

Collecte du huitième dimanche après la Pentecôte

Depuis l’abject péché qui nous mit loin de Dieu,
Qui de nous sait encor distinguer bien et mal ?
Accordez-nous Seigneur très miséricordieux
D’agir et de penser, non comme l’animal,
Mais en suivant toujours Vos préceptes précieux.

J’ai tout reçu de Vous, et d’abord l’existence ;
Qui m’a créé ? C’est Vous ; sans Vous, je disparais.
Je dois ce que je suis à Votre bienveillance.
Aussi, faites, Seigneur, que je sois toujours prêt
A diriger ma vie selon Vos exigences.

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Antiphonaire - CC ignis

Te Deum – Liturgie #9


Antiphonaire - CC ignis
Antiphonaire – CC ignis

Il était d’usage, après les grandes victoires, de célébrer un Te Deum pour remercier Dieu de l’appui qu’Il avait accordé. Bien que je ne sois pas une nation, j’ai reçu de nombreuses grâces pour obtenir un concours, la semaine dernière précisément, raison pour laquelle je n’ai pas publié de poème sur ce blogue. Rassurez-vous, toutefois, la cadence va reprendre, à un rythme plus soutenu.

Mon Seigneur, ô mon Dieu, je chante Vos louanges !
Avec toute la création,
Avec l’armée des saints et le chœur de Vos anges,
J’entonne un chant de gloire et de bénédiction.

De leur plus belle voix, les puissances du Ciel,
Derrière Vos grands séraphins,
Glorifient Votre Nom, ô Seigneur éternel,
Et tressaillant d’amour, ils répètent sans fin :

« Qui peut se dire saint, sinon Vous, ô Seigneur,
Vous dont la perfection,
La majesté, la gloire, éblouit à toute heure
Les cohortes du ciel et les mille nations ? »

Du crépuscule à l’aube et du matin au soir,
Qu’importe le lion ou le loup !
Le prophète et l’apôtre, ô Prince plein de gloire,
Et le martyr candide, à l’unisson Vous louent.

L’Église immaculée proclame Vos mérites,
Vous, ô Père radieux,
Vous, ô Fils, divin Fils, dans son plus noble rite,
Et Vous, ô Saint-Esprit, qui n’êtes pas moins Dieu !

Fils éternel du Père, ô Christ, je Vous adore !
Ô Jésus, très doux Souverain,
Qui pour revêtir l’homme et rejeter la mort
N’avez point dédaigné la Vierge pour écrin !

Sur le hideux péché, Seigneur Dieu, quel triomphe !
Tous ceux qui croient en Votre Nom
Pourront Vous voir siéger au trône chrysogomphe
Parmi tous Vos guerriers portant Vos gonfanons.

Un jour, avec le sceptre et la main de justice,
Vous reviendrez pour nous juger ;
Pitié ! Dès maintenant, extirpez tous nos vices ;
Avant le Jugement, venez nous corriger.

Conduisez Votre peuple, ô Colonne de flammes,
Jusques aux joies du Paradis ;
Faites souffrir nos chairs, mais délivrez nos âmes ;
Que l’homme soit sauvé comme il lui fut prédit.

Tous les jours, ô Seigneur, que Votre main nous donne,
Avec ma trompette fendue,
Dans le sombre du cœur, ou la foule, je sonne,
Je chante en Votre honneur, me sachant entendu.

Nous Vous en supplions, regardez en ce jour
Votre serviteur à genoux ;
A nos supplications, ne demeurez point sourd :
Loin du péché, Seigneur, par pitié, tenez-nous.

Nous avons mis en Vous une grande espérance :
Soyez-nous miséricordieux ;
Ô Seigneur, Votre amour est pour nous plus qu’immense :
Laissez-nous pour toujours Vous rejoindre, ô mon Dieu.

Statue de saint Paul au Vatican - CC AngMoKio

Saint Pierre et saint Paul – Introït et Collecte


Statue de saint Paul au Vatican - CC AngMoKio
Statue de saint Paul au Vatican – CC AngMoKio

C’est pour moi un jour tout à fait particulier puisque je fête aujourd’hui l’anniversaire de ma première communion.

Ant. ad Introitum. Act. 12, 11.
Nunc scio vere, quia misit Dóminus Angelum suum : et erípuit me de manu Heródis et de omni exspectatióne plebis Iudæórum.
Ps. 138, 1-2.
Dómine, probásti me et cognovísti me : tu cognovísti sessiónem meam et resurrectiónem meam.
V/.Glória Patri.

Maintenant je le sais, je le sais sans conteste :
Loué soit le Seigneur, le Seigneur généreux,
Qui dépêcha vers moi Son Envoyé céleste,
Et m’ôta de la main d’Hérode et des Hébreux !

Vous m’avez éprouvé, Vous connaissez mon cœur,
Et comme un nouveau-né, devant Vous, je suis nu ;
Que je tombe ou me lève, est-il rien, ô Seigneur,
Qui demeure un instant à Votre œil inconnu ?

Oratio. (Collecte)
Deus, qui hodiérnam diem Apostolórum tuórum Petri et Pauli martýrio consecrásti : da Ecclésiæ tuæ, eórum in ómnibus sequi præcéptum ; per quos religiónis sumpsit exórdium. Per Dóminum nostrum.

Nous Vous le demandons, ô Seigneur tout-puissant,
En ce jour bienheureux où saint Pierre et saint Paul
Souffrirent le martyre et versèrent leur sang,
Que tous leurs successeurs restent à leur école,
Que, jusque dans la mort, ils imitent Vos saints ;
Faites que le Saint-Père entraîne Votre Église
A suivre leur modèle et Vos glorieux desseins,
Nous vous en supplions, par leur sainte entremise.

Saint Bonnet le Château - Chorale céleste - CC Daniel Villafruela

Gaudium erit coram Angelis – Liturgie #6


Saint Bonnet le Château - Chorale céleste - CC Daniel Villafruela
Saint Bonnet le Château – Chorale céleste – CC Daniel Villafruela

Je voulais changer de sujet après la série sur le Confiteor, mais voici que l’évangile d’hier nous proposait une conclusion parfaite :

Gaudium erit coram Angelis Dei super uno peccatore pœnitentiam agere. (Saint Luc, 15, 10)

C’est à dire : Il y aura de la joie parmi les anges de Dieu, pour un seul pécheur qui fait pénitence.

Le prince du mensonge alla parler à Dieu :
« Regardez l’univers, et du haut de Vos Cieux,
Devant Vos serviteurs, Vous devrez reconnaître
Que j’en suis désormais le seigneur et le maître.
Moi, je vois pour ma part que sept milliards d’humains
Sont, ou près d’y tomber, ou déjà dans ma main.
Oui, Votre créature admirable et si belle,
Contre Votre amitié par mes soins se rebelle.
Oui, cette créature à Votre Fils liée
Sous ma terrible loi désire se plier.
Mais pourquoi Vous réjouir ? Pour me mettre en colère ?
Enfin, expliquez-moi ce qui peut bien Vous plaire
Sur cette boule ingrate, orgueilleuse et impie
Qui devrait provoquer Votre profond dépit ?
Tout dans l’homme aujourd’hui, cette race traîtresse,
Devrait faire verser des larmes de tristesse !
Mais qu’entends-je, pourtant ? Des cantiques joyeux !
Je vois l’ange réjoui, et n’en crois pas mes yeux !
Répondez, répondez, pourquoi tant de bonheur
Quand l’intouchable Roy doit Se vider de pleurs ? »
Un ange répondit : « Ne vois-tu pas, satan,
Ces pécheurs repentis, ces nouveaux pénitents ?
Pour un seul qui revient à l’Amour éternel,
Dieu verse plus de liesse aux habitants du Ciel. »

Récitation du Confiteor par le célébrant (penché)

Défense du Confiteor – Confiteor #1 – Deo omnipotenti – Liturgie #5


Récitation du Confiteor par le célébrant (penché)
Récitation du Confiteor par le célébrant (penché)

On entend souvent que les textes traditionnels de l’Église, notamment de la messe tridentine (forme extraordinaire), sont redondants, remplis de termes inutiles, pleins de répétitions dépourvues d’intérêt. Je ne m’attarderai pas sur la prétention qu’il y a à juger aussi péremptoirement des textes écrits au cours des siècles de la part de personnes qui n’en ont jamais plus d’un. Mais puisqu’on a renversé les rôles, et que c’est à la tradition de se défendre contre l’innovation, défendons, autant qu’on le peut. Le Confiteor est un bon exemple de l’émondement qui a été opéré. On est passé ainsi de :

Je confesse à Dieu Tout-Puissant,
à la Bienheureuse Marie toujours vierge,
à Saint Michel Archange,
à Saint Jean-Baptiste,
aux Saints Apôtres Pierre et Paul,
à tous les Saints,
et à vous, mon Père,
que j’ai beaucoup péché, par pensées,
par paroles et par actions.
C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute.
C’est pourquoi je supplie la Bienheureuse Marie toujours vierge,
Saint Michel Archange,
Saint Jean-Baptiste,
les Saints Apôtres Pierre et Paul,
tous les Saints et vous mon Père,
de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

à :

Je confesse à Dieu tout-puissant,
Je reconnais devant mes frères
que j’ai péché,
en pensée, en parole, par action et par omission.
Oui, j’ai vraiment péché.
C’est pourquoi, je supplie la Vierge Marie,
les anges et tous les saints,
et vous aussi, mes frères,
de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

On s’est débarrassé de la Sainte Vierge, de saint Michel, de saint Jean-Baptiste, de saint Pierre et de saint Paul. Pourquoi se confesser aussi à eux ? La raison en est simple, et cette série de poèmes ne prétendra que l’illustrer. Mais à tout Seigneur, tout honneur, bien que la mention « Deo omnipotenti » ait été conservée.

C’est à Vous, ô mon Dieu, c’est à Vous tout d’abord
Que j’ai par mes péchés fait chaque fois du tort.
Hélas, si je devais énumérer Vos dons,
Je serais sans tarder contraint à l’abandon
Avant d’en avoir pu dire le millionième,
Après avoir écrit mil vers de ce poème.
De Vous j’ai tout reçu, mon Seigneur et mon Dieu ;
Rien ne me fut offert sans descendre des Cieux.
A l’Être qui créa les splendeurs de la terre,
Qui m’accorda la vie par mon père et ma mère,
Qui par l’eau de l’Esprit fit de moi Son enfant,
Qui contre vingt démons chaque jour me défend,
Ah ! comment décider de Lui désobéir,
Comment donc ai-je pu, ai-je osé Le trahir ?
Il a créé le monde, Il est mort sur la Croix,
Et moi j’ose déplaire à cet auguste Roy,
J’ose me révolter, oui, j’ose être rebelle,
J’ose, ingrat, mépriser Ses lois saintes et belles
– Et non pas une fois, par hasard, par oubli,
Mais bien conscient, du saut au retour dans le lit,
Sept fois le jour je pèche et commets quelque faute,
Je le mûris, le veux, le fais – vanité haute,
Par quoi je me voudrais l’auteur même des lois,
Par quoi sous le péché tout aussitôt je ploie.
Je ressens aussitôt le poids de ma misère,
Mais j’aurais beau gémir, cette pointe de fer
Que j’ai plantée moi-même au fond de mon esprit,
Je ne puis l’arracher, et bientôt dépéris.
Dans mon profond malheur, vers qui me tournerai-je ?
Qui peut rendre à mon cœur sa pureté de neige ?
Il a créé le monde, Il a versé Son sang ;
Que l’impotent supplie l’unique Tout-Puissant.

Le Christ en Croix

Vexilla Regis – Stances #78 – Liturgie #4 – Hymne #3


Le Christ en croix
Le Christ en croix

Il n’était pas possible d’achever ce Carême sans une adaptation du Vexilla Regis de saint Venance Fortunat, dont le vers le plus remarquable donne le titre de ce blogue. J’aurais voulu me tenir au plus près de ce texte admirable en employant la même métrique ; malheureusement, le manque de temps et la moindre concision de notre langue ne me l’a pas permis.

Note sur le texte : il existe plusieurs versions du Vexilla Regis ; je me suis fondé non sur le texte original, mais sur le texte liturgique, qui compte moins de strophes et quelques modifications notables.

Vexilla Regis prodeunt:
fulget Crucis mysterium,
qua vita mortem pertulit,
et morte vitam protulit.

Quae, vulnerata lanceae,
mucrone, diro, criminum
ut nos laveret sordibus,
manavit unda et sanguine.

Impleta sunt quae concinit
David fideli carmine,
dicendo nationibus:
regnavit a ligno Deus.

Arbor decora et fulgida,
ornata Regis purpura,
electa digno stipite
tam sancta membra tangere.

Beata, cuius brachiis
pretium pependit saeculi:
statera facta corporis,
praedam tulitque tartari.

O Crux ave, spes unica !
hoc Passionis tempore,
piis adauge gratiam,
reisque dele crimina.

Te, fons salutis Trinitas,
collaudet omnis spiritus:
quibus Crucis victoriam
largiris, adde praemium. Amen.

Voyez venir vers nous les étendards du Roy,
Et voyez resplendir la mystérieuse Croix :
C’est la Vie qui du bois est tombée dans la mort,
Et c’est de cette mort qu’à jamais la vie sort.

Percé par une lance en un dernier assaut,
Du côté du Seigneur un rouge et blanc ruisseau,
Ru pur et plein d’amour qui coule sur le monde
Qui lave nos péchés et nos fautes immondes.

Ce qui jusqu’à ce jour demeurait imprécis,
Et sous le voile saint d’antiques prophéties,
Ce que David chanta devint clair à cette heure :
« Sur un trône de bois règnera le Seigneur. »

Oh, quel arbre sans prix, quel arbre merveilleux,
Revêtu de la pourpre, et de celle de Dieu !
Lui qu’on a jugé digne entre toutes les souches
Qu’il serve cet Agneau, qu’il le porte et le touche !

Ô bienheureuse Croix dont les immenses bras
Ont porté ce que l’homme a fait, fait et fera,
Ô Croix, toi qui soutins la très sainte Victime
Qui ravit l’homme au diable et racheta nos crimes.

Ô Croix, seule espérance, ô Croix, je te salue !
Ô Croix, source de vie, servante du Salut,
En ces temps douloureux, fais croître en nous la grâce,
Et de la moindre faute, efface toute trace.

Fontaine de Salut, ô Sainte Trinité,
Que tout être Vous loue sans jamais s’arrêter ;
Vous nous avez donné par la Croix la victoire :
Accordez nous son fruit, donnez-nous de Vous voir.

Saint Venance Fortunat lisant ses poèmes à sainte Radegonde

Crux benedicta nitet – Stances #77 – Liturgie #4 – Hymne #2


Saint Venance Fortunat lisant ses poèmes à sainte Radegonde
Saint Venance Fortunat lisant ses poèmes à sainte Radegonde

En faisant quelques recherches sur ce poème, j’ai découvert que Dom Guéranger le note comme l’hymne chantée habituellement au Vêpres du dimanche de la Passion. Heureuse coïncidence ! Voici donc une hymne de saint Venance Fortunat, moins connue que le Vexilla Regis, mais non moins intéressante, consacrée au saint arbre de la Croix.

Crux benedicta nitet, Dominus qua carne pependit,
Atque cruore suo vulnera nostra lavit ;
Mitis amore pio pro nobis victima factus,
Traxit ab ore lupi qua sacer agnus oves ;
Transfixis palmis ubi mundum a clade redemit,
Atque suo clausit funere mortis iter.
Hic manus illa fuit clavis confixa cruentis,
Quae eripuit Paulum crimine, morte Petrum.
Fertilitate potens, O dulce et nobile lignum,
Quando tuis ramis tam nova poma geris ;
Cuius odore novo defuncta cadavera surgunt,
Et redeunt vitae qui caruere die ;
Nullum uret aestus sub frondibus arboris huius,
Luna nec in nocte, sol neque meridie.
Tu plantata micas, secus est ubi cursus aquarum,
Spargis et ornatas flore recente comas.
Appensa est vitis inter tua brachia, de qua
Dulcia sanguine vina rubore fluunt.

Croix sainte, Croix bénie, ô Croix, comme tu brilles,
Toi qui de Dieu portas la Chair, sainte guenille,
Toi sur qui ruissela ce Sang qui nous lava,
Toi sur qui le Seigneur, prostré, nous releva.

Par quel profond amour s’offrit-Il en victime
Pour sauver l’enfant d’Ève et racheter ses crimes !
Voici : l’Agneau divin et transpercé de clous
Arrache les brebis à la gueule du loup.

Accroché sur le bois, Il libère le monde
Qui tombait dans le gouffre où Son absence gronde,
Et trépassant pour nous, il referme le pas
Du trépas, afin que l’homme n’y passe pas.

Voyez l’illustre main, cette main innocente,
Cette main transpercée d’une pointe sanglante :
Voyez-la tirer Paul des fureurs meurtrières,
Voyez-la de la mort tirer vers elle Pierre.

Arbre sec, mais fécond, ô doux et noble bois
Qui dans l’obscurité pour les hommes flamboie,
Je loue sans me lasser tes grands et lourds rameaux
Qui portent le seul fruit qui guérit tous nos maux.

Tu répands ton parfum, et sur toute la terre
Les cadavres puants sortent du cimetière ;
Eux qui, raides, gisaient dans l’ombre de la nuit,
Ils vivent de nouveau quand tu les éblouis.

Oh, quel astre pourrait avoir assez de flammes
Pour calciner celui qui aura mis son âme
Sous cette frondaison, cette fraîche ramée
Qu’a tressée ce Seigneur qui nous a tant aimés ?

Arbre du seul salut, ô Croix universelle,
Arbre pur et sacré qui sans cesse étincelles,
Ta chevelure d’or se répand en tous lieux
Et verse mille fleurs qui fleurent le bon Dieu.

Le fruit neuf de la vie pend à tes longues branches,
Fruit si gros et si lourd qu’elles tremblent et penchent ;
Venez boire le vin, ce rouge et riche vin
Qui s’écoule, ce sang d’un Dieu qui pour nous vint.

Ad te reversis exhibe remissionis gratiam

Audi benigne Conditor – Hymne #1 – Stances #76 – Liturgie #3


Ad te reversis exhibe remissionis gratiam
Ad te reversis exhibe remissionis gratiam

On chante aux Vêpres, tout au long du Carême, une hymne de saint Grégoire le Grand dont je vous propose ici une adaptation en vers français. J’en profite pour vous annoncer qu’à partir de cette semaine, et ce jusque vers début juillet, pour des raisons personnelles, je ne pourrai pas tenir le blogue quotidiennement. La parution sera désormais hebdomadaire jusqu’à cette date. Je me confie également à vos prières : si vous pouviez dire un Ave Maria pour moi, j’en serais déjà très heureux. Merci d’avance.

Audi benigne Conditor,
nostras preces cum fletibus,
sacrata in abstinentia
fusas quadragenaria.

Scrutator alme cordium,
infirma tu scis virium;
ad te reversis exhibe
remissionis gratiam.

Multum quidem peccavimus,
sed parce confitentibus,
tuique laude nominis
confer medelam languidis.

Sic corpus extra conteri
dona per abstinentiam,
ieiunet ut mens sobria
a labe prorsus criminum.

Praesta, beata Trinitas,
concede, simplex Unitas,
ut fructuosa sint tuis
haec parcitatis munera. Amen.

Ô Créateur plein de bonté,
Voyez Vos enfants sangloter
Et, dans le jeûne du Carême,
Implorer leur Juge suprême.

Doux érudit du cœur humain,
Vous le savez faible en chemin ;
Malgré son manque de mérite,
Pardonnez à l’âme contrite.

Nous avons péché contre Vous,
Mais à tout homme qui l’avoue,
Veuillez remettre en Votre honneur
Le médicament salvateur.

Si brisé par la privation,
Notre corps fait sa soumission,
Qu’à son tour se prive notre âme
De la faute et de Votre blâme.

Veuillez, très sainte Trinité,
Daignez, seule Divinité,
Donner des fruits perpétuels
Pour le jeûne de Vos fidèles.
Amen.

Ave Regina Caelorum

Ave Regina coelorum – Liturgie #2


Ave Regina Caelorum
Ave Regina Caelorum

Depuis la semaine dernière, l’antienne liturgique à la sainte Vierge Marie est l’Ave Regina coelorum. Je vous propose ici une manière de traduction.

Je Vous salue Marie, ô vous, Reine des cieux,
Ô vous qui commandez aux saints anges de Dieu,
Racine du salut, Porte du ciel, ô Mère,
Vous par qui dans le monde est entrée la lumière,
Vierge pleine de gloire, ayez le cœur en joie
Ô des filles de Dieu la plus belle qui soit !
Soyez encor bénie, admirable calice,
Intercédez pour nous auprès de votre Fils.

Et Verbum caro factum est

Speciosus forma prae filius hominum – Liturgie #1


Et Verbum caro factum est
Et Verbum caro factum est

Ce poème est inspiré du Graduel de la messe d’hier :

Graduel / Psaume 44. 3,2

Speciosus forma prae filius hominum : diffusa est gratia in labiis tuis. V. Eructavit cor meum verbum bonum, dico ego opera mea regi : lingua mea calamus scribae, velociter scribentis.

De tous les fils d’Adam, nul n’est plus beau que vous,
Et la grâce de Dieu s’échappe de vos lèvres.
Mon cœur, à votre vue, tremble comme de fièvre :
Mes rimes et mes vers, au Roy seul je les voue.
Oh, que ma langue soit le pinceau de mon âme !
Seigneur, guidez toujours mon rapide calame.