Antonio Balestra - Isaïe et le séraphin

Dix petits grains de messe – 2 – Munda cor meum


Antonio Balestra - Isaïe et le séraphin
Antonio Balestra – Isaïe et le séraphin

2 – Munda cor meum

« Munda cor meum ac labia mea, omnipotens Deus, qui labia Isaiae Prophetae calculo mundasti ignito. »

« Purifiez, ô Seigneur,
Mes lèvres et mon cœur,
Vous qui jadis avez
D’un charbon embrasé
Rendu la bouche nette
D’Isaïe le prophète. »

Nous passons par-dessus une grande partie de la messe pour nous arrêter juste avant la lecture de l’Évangile. Celui qui s’apprête à lire, soit le diacre, soit le prêtre, s’il est seul, prononce cette magnifique prière inspirée d’une des plus illustres pages de la prophétie d’Isaïe. Au sixième chapitre1, Isaïe voit le Ciel s’ouvrir, le Seigneur siégeant sur Son trône en majesté, et les Séraphins, anges les plus hauts de la hiérarchie céleste, dont le nom pourrait signifier « ceux qui brûlent2 », volent autour du trône en chantant le Sanctus, ou plutôt la première partie du Sanctus. Isaïe, terrifié, s’écrie alors :

« Malheur à moi, qui me suis tu,
Qui vis avec la lèvre impure
Au milieu d’un peuple au cœur dur,
Et qui vois le Seigneur tout de gloire vêtu ! »

C’est un fait bien connu que l’on ne peut voir Dieu sans mourir ; même les païens le savaient, eux qui représentèrent Sémélé périssant de voir le vrai visage de Zeus. La mort semble devoir frapper Isaïe, mais un Séraphin vient avec un charbon ardent qu’il a pris de l’autel et brûle les lèvres du prophète en disant :

« Touchées de ce charbon ardent,
Tes lèvres te sont rendues pures,
Et ton cœur rendu sans souillures,
Ô fils d’Adam. »

Alors Dieu demande qui Il enverra pour parler en Son nom, et Isaïe se propose spontanément, lui qui avait, avant que l’ange vienne, crié malheur. Dieu l’envoie alors annoncer à Israël que son endurcissement lui vaudra un châtiment terrible, ce qui n’est pas sans effrayer Isaïe qui ose demander quand s’arrêteront de tels malheurs.

Il est tout naturel qu’une référence à Isaïe se trouve juste avant la lecture de l’Évangile, lui qui a été plus d’une fois surnommé le cinquième évangéliste. Comme David persécuté était une préfiguration du Christ souffrant la Passion, Isaïe

« était une figure des Apôtres appelés pour être Prophètes […qui] avaient besoin d’être purgés par la divine ardeur du Saint-Esprit, qui leur donnât vigueur et force, et qui purifiât même leurs langues, pour pouvoir prononcer hautement le divin Évangile. C’est pourquoi le Saint-Esprit descendit en forme de langues de feu, pour leur donner l’ardeur au cœur et le feu en la bouche, qui pût échauffer les cœurs des plus refroidis. Ce Séraphin signifie le Saint-Esprit, et le charbon ardent qui purifie les lèvres, signifie les dons du Saint-Esprit, qui fait parler les saints Apôtres, et en fait des Séraphins par l’ardeur qu’il leur donne.3 »

J’ai voulu citer dans son intégralité, ou presque, ce passage de l’abbé Olier parce qu’il exprime beaucoup mieux que je ne ferais, et beaucoup plus sûrement, ce que je ressens, ce que m’évoque, ce à quoi je pense lorsque je lis cette prière de la messe.

Le Saint-Esprit - Le Bernin - CC Dnalor 01
Le Saint-Esprit – Le Bernin – CC Dnalor 01

Je ne me puis m’empêcher de songer, d’une part, à mon propre travail poétique. La muse qu’invoquent les poètes, n’est-elle pas plutôt un de ces anges que Dieu envoie, et Apollon, souvent associé au soleil, n’est-il pas Jésus-Christ Lui-même ? Si l’inspiration n’est pas un vain mot, et je ne crois pas que ce soit le cas, car même Valéry, artisan patient et travailleur s’il en est, croyait un peu à l’inspiration4, elle ne peut venir que de Dieu ou du diable ; il faut donc prier pour que ce soit le premier, et non l’autre, qui nous inspire. Notez, par ailleurs, que je ne crois pas qu’il y ait une différence de nature entre l’inspiration du poète et celle de n’importe quel autre homme dans n’importe quelle autre activité ; aussi cette prière sied-elle aussi bien au poète qu’au prince, au charpentier qu’au comptable, au sportif, au jardinier, à l’informaticien, et que sais-je encore, car chacun a besoin de la bénévole influence divine pour agir conformément à Ses vues.

Le supplice d'Isaïe
Le supplice d’Isaïe

D’autre part, et plus spécifiquement, c’est à l’annonce de l’Évangile autour de nous que je songe en lisant cette prière. Isaïe avait pour ordre d’annoncer à Israël d’épouvantables nouvelles5, et quelque douleur que lui causa l’idée de transmettre ces nouvelles aux Israélites plongés dans l’impiété, il ne renâcla point, allant, dit-on, jusqu’à un épouvantable martyre6 ; quant à moi, qui dois annoncer une bonne nouvelle aux incroyants, osé-je le faire ? Je reste trop souvent comme le prophète Jérémie, avant de recevoir la grâce de Dieu, à bégayer : « Ah, ah, ah !7 ». Comme j’aimerais qu’un Séraphin vienne brûler mes lèvres lorsque j’entends une de mes connaissances blasphémer ou dire du mal du christianisme (et j’en connais un certain nombre) ; si seulement j’avais la présence d’esprit de parler avec sagesse et fermeté ! Si seulement je pouvais ne pas trembler, par respect humain, comme Isaïe devant le roi Manassé8, pourtant profondément enfoncé dans toutes sortes d’impiétés ; et ce ne fut pas en vain qu’Isaïe prophétisa devant ce roi, car celui-ci se repentit9.

« Domine, labia mea aperies : et os meum annuntiabit laudem tuam.10 »

« Que ma bouche, ô Seigneur, s’ouvre au toucher de l’ange,
Et que partout ma voix proclame Vos louanges. »

Je pourrais dire alors avec le pauvre Lélian :

« Moi qui ne suis qu’un brin d’hysope dans la main
Du Seigneur tout-puissant qui m’octroya la grâce,
Je puis, si mon dessein est pur devant Sa face,
Purifier autrui passant sur mon chemin.11 »

1On le trouve notamment au premier nocturne des Matines de la fête de la Sainte Trinité.

2« Au témoignage des hébraïsants, le mot de séraphins signifie lumière et chaleur » Saint (ou pseudo) Denys l’Aréopagite, « De la hiérarchie céleste », VII, 1, in Œuvres de Saint Denys l’Aréopagite, Maison de la Bonne Presse, 1845, p. 27

3Abbé Olier, Explications des cérémonies de la Grand’messe de paroisse selon l’usage romain, Poussielgue-Rusand, 1858, p. 278-279.

4« Les dieux, gracieusement, nous donnent pour rien tel premier vers », Valéry, Variété (1924), « Au Sujet d’Adonis » (1921), p. 482, éd. Pléiade, t. I.

5Mais ces mauvaises nouvelles auraient pu devenir bonnes si Israël s’était repenti : « Dicente me ad impium : Morte morieris ut avertatur a via sua impia et vivat » « Je dis à l’impie : Tu mourras, afin qu’il se détourne de sa voix impie et qu’il vive » (Ezechiel, III, 18) ; l’exemple de Ninive le montre assez. A contrario, l’Évangile devient une mauvaise nouvelle pour ceux qui le refusent, car c’est pour eux une occasion de chute, ainsi que l’écrit très justement Corneille dans sa traduction de l’Imitation de Jésus-Christ :
« Toi qui par l’amour-propre à toi-même attaché,
l’écoutes et la lis sans en être touché,
faute de cet esprit tu n’y trouves qu’épines » (Livre I, vers 15-17).

6Le trépas d’Isaïe n’est pas raconté dans la Bible, mais dans un apocryphe plus ou moins hérétique appelé L’Ascension d’Isaïe dont je ne connais qu’une version en ligne et en anglais qu’on trouvera ici : http://www.earlychristianwritings.com/text/ascension.html
La mort d’Isaïe se trouve au chapitre V, verset 11 : « Et ils saisirent et scièrent pour le couper en deux Isaïe, fils d’Amos, avec une scie en bois. » (Ma traduction depuis le texte anglais). Quoiqu’il en soit de la réalité de ce martyre, une telle mort correspond bien à ce que nous savons du prophète avec certitude.

7Jérémie, I, 6. « Je répondis : Ah, ah, ah, Seigneur Dieu, je ne sais point parler, car je suis un enfant. » (traduction de l’abbé Fillion).

8Ce roi de Juda ne doit pas être confondu avec Manassé, fils de Joseph, qui a fondé une des tribus (ou une demi-tribu) d’Israël.

92 Paralipomènes (2 Chroniques), 33, 13. « et cognovit Manasses quod Dominus ipse esset Deus. », « et Manassé reconnut que le Seigneur était le seul Dieu. »

10Formule répétée trois fois au début des Matines.

11Paul Verlaine, « Asperges me », in Liturgies intimes.

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Saint Jean Baptiste

Nativité de Saint Jean-Baptiste – Graduel (extrait) et Alléluia


Graduale. Ier. 1, 5 et 9.
[…]
V/. Misit Dóminus manum suam, et tétigit os meum, et dixit mihi.
Allelúia, allelúia. V/. Luc. 1, 76 Tu, puer, Prophéta Altíssimi vocáberis : præíbis ante Dóminum paráre vias eius. Allelúia.

Saint Jean Baptiste
Saint Jean Baptiste

J’étais dans le sein de ma mère
Lorsque le doigt mystérieux,
Le doigt puissant, le doigt de Dieu,
Le doigt qui gouverne la terre,
Ouvrit mes lèvres et mes dents.
Alors j’entendis au-dedans :
« Enfant, ô suprême prophète,
Ouvre la marche par ta voix
Au Seigneur qui vient après toi :
Qu’Il trouve toutes choses prêtes. »

Le prêtre imposant les cendres

Mercredi des Cendres – Graduel


Graduale. Ps. 56, 2 et 4.
Miserére mei, Deus, miserére mei : quóniam in te confídit ánima mea.
V/. Misit de cælo, et liberávit me, dedit in oppróbrium conculcántes me.

Le prêtre imposant les cendres
Le prêtre imposant les cendres

Ayez pitié, mon Dieu, mon Père,
Ayez pitié de ma misère !
Car mon âme ne se confie
Ni dans la pauvre force humaine,
Ni dans le diable plein de haine,
Mais aux seuls bras du Crucifix.

Car sous les assauts de la bête,
Les saints, les martyrs, les prophètes,
Vous ont à raison supplié :
Vous n’êtes pas demeuré sourd,
Et Votre céleste secours
A mis l’adversaire à leurs pieds.

Le Baptême de Notre-Seigneur - Dominique Antoine Magaud - CC Rvalette

Commémoraison du Baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Introït)


Ant. ad Introitum. Malach. 3, 1 ; 1 Par. 29, 12.
Ecce, advénit dominátor Dóminus : et regnum in manu eius et potéstas et impérium.
Ps. 71, 1.
Deus, iudícium tuum Regi da : et iustítiam tuam Fílio Regis.
V/.Glória Patri.

Le Baptême de Notre-Seigneur - Dominique Antoine Magaud - CC Rvalette
Le Baptême de Notre-Seigneur – Dominique Antoine Magaud – CC Rvalette

Voici que vient le Maître et le puissant Seigneur,
Celui qui régit tout, la matière et les cœurs !
Donnez au Roy, mon Dieu, le pouvoir de juger !
Déposez, Tout-Puissant, l’empire dans Sa paume !
Il vient, il vient le temps, le temps de l’apogée,
Les temps qu’ont tant chantés le prophète et le psaume !

Tête de saint Jean-Baptiste

Décollation de saint Jean-Baptiste – Secrète


Secreta
Múnera, quæ tibi, Dómine, pro sancti Mártyris tui Ioánnis Baptístæ passióne deférimus : quǽsumus ; ut eius obténtu nobis profíciant ad salútem. Per Dóminum.

Tête de saint Jean-Baptiste
Tête de saint Jean-Baptiste

Nous voici devant Vous, porteurs de ces bassins
Où Vous seront offerts
Le Sang après la Chair
Du seul qui mérita le grand titre de Saint.

Ainsi Jean le Baptiste offrit jadis sa tête
Au véritable Roy ;
Pour la première fois,
Dans ce grand plat d’argent elle resta muette.

Offrons-nous au Seigneur aujourd’hui en esprit
Pour imiter le Précurseur
Qui sut, lorsque vint l’heure,
Offrir aussi sa vie lorsque son corps fut pris.

La Transfiguration - Giovanni Bellini

Transfiguration – Hymne aux Vêpres


La Transfiguration - Giovanni Bellini
La Transfiguration – Giovanni Bellini

En cette fête de la Transfiguration, voici une hymne du grand poète Prudence.

Hymnus

Quicúmque Christum quǽritis,
Oculos in altum tóllite :
Illic licébit vísere
Signum perénnis glóriæ.

Illústre quiddam cérnimus,
Quod nésciat finem pati,
Sublíme, celsum, intérminum,
Antíquius cælo et chao.

Hic ille Rex est Géntium
Populíque Rex iudáici,
Promíssus Abrahæ patri
Eiúsque in ævum sémini.

Hunc, et prophétis téstibus
Iisdémque signatóribus,
Testátor et Pater iubet
Audíre nos et crédere.

Iesu, tibi sit glória,
Qui te revélas párvulis,
Cum Patre, et almo Spíritu,
In sempitérna sǽcula.
Amen.

Est-ce Jésus que vous cherchez ?
Alors levez les yeux au ciel :
C’est un signe où Dieu s’est caché,
Signe de Sa gloire éternelle.

Point de limite à cet éclat,
A ces rayons qui nous inondent,
Car la lumière que voilà
Est celle qui créa le monde.

Contemplez le Roy des nations,
Le Roy du peuple d’Israël.
Abraham et sa filiation
L’auront en legs perpétuel.

Tous les prophètes, dans la nuit,
Nous L’ont dépeint à mots couverts ;
Le Père témoigne pour Lui,
Et nous ordonne de Lui plaire.

Vous qui Vous montrez aux petits,
A Vous, Jésus, soit toute gloire,
A Votre Père, au Saint-Esprit,
Jusqu’après la fin de l’histoire.
Amen.

Antiphonaire - CC ignis

Te Deum – Liturgie #9


Antiphonaire - CC ignis
Antiphonaire – CC ignis

Il était d’usage, après les grandes victoires, de célébrer un Te Deum pour remercier Dieu de l’appui qu’Il avait accordé. Bien que je ne sois pas une nation, j’ai reçu de nombreuses grâces pour obtenir un concours, la semaine dernière précisément, raison pour laquelle je n’ai pas publié de poème sur ce blogue. Rassurez-vous, toutefois, la cadence va reprendre, à un rythme plus soutenu.

Mon Seigneur, ô mon Dieu, je chante Vos louanges !
Avec toute la création,
Avec l’armée des saints et le chœur de Vos anges,
J’entonne un chant de gloire et de bénédiction.

De leur plus belle voix, les puissances du Ciel,
Derrière Vos grands séraphins,
Glorifient Votre Nom, ô Seigneur éternel,
Et tressaillant d’amour, ils répètent sans fin :

« Qui peut se dire saint, sinon Vous, ô Seigneur,
Vous dont la perfection,
La majesté, la gloire, éblouit à toute heure
Les cohortes du ciel et les mille nations ? »

Du crépuscule à l’aube et du matin au soir,
Qu’importe le lion ou le loup !
Le prophète et l’apôtre, ô Prince plein de gloire,
Et le martyr candide, à l’unisson Vous louent.

L’Église immaculée proclame Vos mérites,
Vous, ô Père radieux,
Vous, ô Fils, divin Fils, dans son plus noble rite,
Et Vous, ô Saint-Esprit, qui n’êtes pas moins Dieu !

Fils éternel du Père, ô Christ, je Vous adore !
Ô Jésus, très doux Souverain,
Qui pour revêtir l’homme et rejeter la mort
N’avez point dédaigné la Vierge pour écrin !

Sur le hideux péché, Seigneur Dieu, quel triomphe !
Tous ceux qui croient en Votre Nom
Pourront Vous voir siéger au trône chrysogomphe
Parmi tous Vos guerriers portant Vos gonfanons.

Un jour, avec le sceptre et la main de justice,
Vous reviendrez pour nous juger ;
Pitié ! Dès maintenant, extirpez tous nos vices ;
Avant le Jugement, venez nous corriger.

Conduisez Votre peuple, ô Colonne de flammes,
Jusques aux joies du Paradis ;
Faites souffrir nos chairs, mais délivrez nos âmes ;
Que l’homme soit sauvé comme il lui fut prédit.

Tous les jours, ô Seigneur, que Votre main nous donne,
Avec ma trompette fendue,
Dans le sombre du cœur, ou la foule, je sonne,
Je chante en Votre honneur, me sachant entendu.

Nous Vous en supplions, regardez en ce jour
Votre serviteur à genoux ;
A nos supplications, ne demeurez point sourd :
Loin du péché, Seigneur, par pitié, tenez-nous.

Nous avons mis en Vous une grande espérance :
Soyez-nous miséricordieux ;
Ô Seigneur, Votre amour est pour nous plus qu’immense :
Laissez-nous pour toujours Vous rejoindre, ô mon Dieu.

Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

Beato Ioanni Baptistæ – Confiteor #4 – Stances #80


Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino
Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

Quatrième volet de notre série sur le Confiteor : l’invocation à saint Jean-Baptiste.

Le monde était dans l’ombre et l’homme avait rompu
Le lien qui l’unissait à son divin Auteur ;
Le diable triomphait, ou le croyait, repu
De larmes, de péchés, de crimes et de pleurs.

Mais Dieu ne laissa point l’homme dans l’abandon ;
Le Créateur aimait l’ingrate créature,
Il désirait déjà dispenser Son pardon
Et retourner vers Lui cette âme folle et dure.

Avec quelle patience Il restaura ce lien !
Voici, de siècle en siècle, en dépit des tempêtes,
Supérieurs aux guerriers, aux rois, aux magiciens,
La longue chaîne d’or des bienheureux prophètes.

D’Abraham à Moïse, Isaïe, Jérémie,
Et jusqu’au Précurseur, envoyés par le Père,
Ils proclamaient tout haut sous des yeux ennemis :
« Redressez vos chemins car voici la Lumière. »

Menaces et mépris, coups, trahisons, tourments,
Mais toujours habités par le Consolateur,
Rien ne les arrêta, et toujours, lentement,
Ils bâtirent le pont qui nous lient au Seigneur.

Et nous pécheurs, ce pont, nous le fragilisons,
Ou même, fous, ô fous ! le mettons en poussière ;
Un instant y suffit, et notre déraison
Fait voler en éclat l’ouvrage millénaire.

Au suprême prophète aussitôt demandons,
Parce que nos péchés lui font aussi du tort,
Qu’il veuille, à nous pécheurs, accorder le pardon,
Et nous guider toujours vers Celui qu’il adore.

Antienne O - O Adonaï

O Adonaï – Grande Antienne O du 18 décembre – Quatrain #94


Antienne O - O Adonaï
Antienne O – O Adonaï

Aujourd’hui, 18 décembre, deuxième Grande Antienne O : O Adonaï. Les Grandes Antiennes, écrivait l’abbé Migne, expriment les vœux des prophètes et des patriarches de l’Ancien Testament pour la venue du Messie. Rien n’est plus clair que dans celle-ci, où Dieu est appelé Adonaï, où il est fait référence à Israël, à Moïse, etc.

O Adonai, et Dux domus Israel, qui Moysi in igne flammæ rubi apparuisti, et ei in Sina legem dedisti : veni ad redimendum nos in bracchio extento.

Ô Adonaï Seigneur du peuple d’Israël !
Vous, la ronce de feu que Moïse adora,
Vous qui lui fîtes don de Vos lois éternelles,
Venez nous secourir en étendant le bras.