Le Bon Pasteur (attribué à Philippe de Champaigne) - CC Yelkrokoyade

Confiance ! – Ballade


Le Bon Pasteur (attribué à Philippe de Champaigne) - CC Yelkrokoyade
Le Bon Pasteur (attribué à Philippe de Champaigne) – CC Yelkrokoyade

J’entends… Qu’entends-je ? Au loin, comme un gouffre qui rit,
Comme des rocs, des crocs, qui grincent et qui tranchent ;
Mon œil voit tous les ciels serrés sous une manche,
Et l’air à mon nez semble une haleine pourrie.
Tout croule, tout se meurt, tout se perd, tout périt,
Tout reflète à mes yeux la rougeur de l’enfer,
Mais c’est Vous, ô Seigneur, qui régnez sur la terre.

Ma demeure, inondée de rats et de souris,
Ne peut porter le poids d’une telle avalanche ;
Déjà le mur vacille et déjà le toit penche,
Mais sa sœur n’en a cure et va sourde à mes cris.
Abominable et folle, elle se croit guérie,
Et pour que je guérisse, elle me fait la guerre,
Mais c’est Vous, ô Seigneur, qui régnez sur la terre.

Hélas, sanglote encor ! Regarde, ô mon esprit,
Semblable au rouge-gorge agrippé sur sa branche,
Regarde le loup noir sous une toison blanche
Qui mâche le troupeau qui l’adore et le prie.
Ces moutons insensés sous ses ongles sont pris ;
Ils ne gémissent point, et lui disent : « Mon Père ! »,
Mais c’est Vous, ô Seigneur, qui régnez sur la terre.

Envoi.
Seigneur plein de bonté de qui je suis chéri,
Faites que mon cœur soit de confiance nourri,
Car l’orage nous bat sous une pluie de fer,
Mais c’est Vous, ô Seigneur, qui régnez sur la terre.

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Le Bon Pasteur (attribué à Philippe de Champaigne) - CC Yelkrokoyade

Samedi des Quatre-Temps d’Avent – Introït


Ant. ad Introitum. Ps. 79, 4 et 2.
Veni, et osténde nobis fáciem tuam, Dómine, qui sedes super Chérubim : et salvi érimus.
Ps. ib., 2.
Qui regis Israël, inténde : qui dedúcis, velut ovem, Ioseph.
V/.Glória Patri.

Le Bon Pasteur (attribué à Philippe de Champaigne) - CC Yelkrokoyade
Le Bon Pasteur (attribué à Philippe de Champaigne) – CC Yelkrokoyade

Venez, venez Seigneur plus ancien que les âges,
Descendez parmi nous Votre puissant visage !
Vous qui, sur un trône sans prix,
Siégez, porté par les esprits
Les plus savants et les plus sages,
Ah, sauvez-nous, je Vous en prie !

Loué, loué soit Dieu, le seul Roy d’Israël,
Louez tous le Seigneur, le Pasteur éternel !
Prêtez à nos supplications
L’oreille de la compassion,
Ô Vous qui, comme un blanc agnel,
Vous offrirez à la Passion.

Vanité - Philippe de Champaigne

Saint Silvestre – Collecte


Oratio.

[…]sǽculi huius vanitátem in apérto túmulo pie meditántem[…]

C’était un fort bel homme ; il était grand et fort,
Brillait de ses yeux verts et de ses cheveux d’or.
Chaque femme admirait son visage radieux ;
Chaque homme l’observait avec un air envieux.

Ô prestance admirable, ô trop sublime corps !
Parfois, quand il passait, on entendait des yeux
Chuchoter follement : « Il est beau comme un dieu ! »
Le monde l’admirait, l’admirait ! Il est mort.

Vous l’admiriez jadis ? Non, regardez-le mieux.
Son âme l’a quitté lorsqu’il n’était pas vieux.
Au fond de son cercueil, il parait vif encor,
Mais le vers a déjà scellé son triste sort.

Le Bon Pasteur (attribué à Philippe de Champaigne) - CC Yelkrokoyade

Saint Josaphat – Communion


Ant. ad Communionem. Ioann. 10, 14.
Ego sum pastor bonus : et cognósco oves meas et cognóscunt me meæ.

Je ne suis pas un mercenaire
Qui travaille pour un salaire
Et qui déguerpit aussitôt
Que le loup montre son museau.

C’est Moi qui suis le bon pasteur,
C’est Moi qui suis rempli d’ardeur
Et ne prends jamais de repos
Pour les brebis de Mon troupeau.

Je connais chacune d’entre elles,
De la plus grasse à la plus frêle,
Et Mes brebis n’ignorent point
Que Je leur prodigue Mes soins.