La Pentecôte

Samedi des Quatre-Temps de Pentecôte – Postcommunion


Postcommunio.
Prǽbeant nobis, Dómine, divínum tua sancta fervórem : quo eórum páriter et actu delectémur et fructu. Per Dóminum.

La Pentecôte
La Pentecôte

Prosterne-toi mon cœur, jette ton front par terre
Et redis la grandeur des célestes mystères.
Rappelle-toi le jeûne avec les privations,
Rappelle-toi la mort et la résurrection,
Rappelle-toi Jésus qui monte avec Son corps
Et l’Esprit qui descend comme des langues d’or.
Ô mystère sacré qui prend fin aujourd’hui
Mais dont l’éternité goûte à jamais le fruit !
Accordez, ô Seigneur, à nos âmes boiteuses
De garder en présent ces heures bienheureuses.

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Scènes de la Passion du Christ - Albrecht Altdorfer

Vendredi de la Passion – Introït


Ant. ad Introitum. Ps. 30, 10, 16 et 18.
Miserére mihi, Dómine, quóniam tríbulor : líbera me, et éripe me de mánibus inimicórum meórum et a persequéntibus me : Dómine, non confúndar, quóniam invocávi te.
Ps. ib., 2.
In te, Dómine, sperávi, non confúndar in ætérnum : in iustítia tua libera me. Miserére mihi.

Scènes de la Passion du Christ - Albrecht Altdorfer
Scènes de la Passion du Christ – Albrecht Altdorfer

Ayez pitié de mon cœur dans la peine
Et l’affliction !
Libérez-moi des mains souillées de haine
Qui follement m’ont en exécration.

Seigneur du Ciel, j’implore Votre grâce :
N’oubliez pas !
Délivrez-moi de ceux qui me pourchassent
Et dont le cœur ne veut que mon trépas.

Ayez pitié, Seigneur, mon espérance !
Ah, évitez
À mon esprit l’éternelle souffrance,
Mais sauvez-moi dans Votre éternité.

Saint Barthélemy - CC Urek Meniashvili

Saint Barthélemy – Communion


Ant. ad Communionem. Matth. 19, 28.
Vos, qui secúti estis me, sedébitis super sedes, iudicántes duódecim tribus Israël.

Saint Barthélemy - CC Urek Meniashvili
Saint Barthélemy – CC Urek Meniashvili

Vous qui M’avez suivi dans les tribulations,
Qui M’avez confessé jusqu’au seuil de la mort,
M’avez pris pour modèle, imité Ma Passion
Et lié librement au Seigneur votre sort,
Venez ! Vous qu’en Mon nom l’épée cruelle prend,
Prenez place et siégez sur un trône éternel.
Ô témoins morts pour Moi que le Ciel voit si grands,
C’est vous qui jugerez les tribus d’Israël.

Foi, Espérance et Charité - Manuel Tolsá - CC Carmart~commonswiki

Treizième dimanche après la Pentecôte – Collecte


Oratio.
Omnípotens sempitérne Deus, da nobis fídei, spei et caritátis augméntum : et, ut mereámur asséqui quod promíttis, fac nos amáre quod prǽcipis. Per Dóminum.

Foi, Espérance et Charité - Manuel Tolsá - CC Carmart~commonswiki
Foi, Espérance et Charité – Manuel Tolsá – CC Carmart~commonswiki

Ô doux Seigneur dont l’existence
N’a ni fin ni commencement,
Ô Dieu vêtu du vêtement
De l’absolue toute-puissance,
Faites s’accroître en nous la foi,
Et grandir en nous l’espérance,
Et surtout qu’en nos cœurs trop froids
L’amour ait la prépondérance.

Hélas, Vos justes prescriptions
Font horreur à nos cœurs pervers
Et répugnent à notre chair
Qui veut la gloire sans passion ;
Pour que nos vains esprits acceptent
D’obéir, nous Vous en prions,
Faites, Seigneur, que Vos préceptes,
Nous, pauvres hommes, les aimions.

Sainte Hostie de la Chapelle de Dijon - Barthélémy d'Eyck (attribution)

Troisième dimanche après la Pentecôte – Secrète


Secreta.
Réspice, Dómine, múnera supplicántis Ecclésiæ : et salúti credéntium perpétua sanctificatióne suménda concéde. Per Dóminum.

Sainte Hostie de la Chapelle de Dijon - Barthélémy d'Eyck (attribution)
Sainte Hostie de la Chapelle de Dijon – Barthélémy d’Eyck (attribution)

Voyez les aliments où Vous allez descendre,
Et voyez, ô Seigneur, l’Église qui Vous prie ;
C’est de Vous qu’elle veut toujours être nourrie,
Mais, humble, sur sa tête elle a versé des cendres.

Recevons, ô chrétiens, avec un pur esprit
Le seul Pain nourrissant, plus précieux qu’un trésor !
Puissions-nous Le manger sans encourir la mort
Et L’accueillir en nous en connaissant Son prix.

Qu’Il vienne dans nos cœurs en venant dans nos corps,
Et loin de nous valoir la juste damnation,
Qu’Il nous offre les fruits de la riche Passion
Pour conduire ici-bas nos âmes vers le port.

Saint François Xavier débarquant en Chine - Joseph-Marie Vien

Saint François Xavier – Alleluia


Allelúia, allelúia. V/. Iac. 1, 12. Beátus vir, qui suffert tentatiónem : quóniam, cum probátus fúerit, accípiet corónam vitæ. Allelúia.

Ici-bas il a souffert
De multiples tentations,
Et son chemin sur la terre
Suit celui de la Passion.

Il est demeuré fidèle
Au seul véritable Dieu,
Et si sa mort fut cruelle,
Elle lui ouvrit les Cieux.

Bienheureux celui qui meurt
Sans être au diable asservi ;
Il recevra du Seigneur
La couronne de la vie.

Le Christ en Croix

Vexilla Regis – Stances #78 – Liturgie #4 – Hymne #3


Le Christ en croix
Le Christ en croix

Il n’était pas possible d’achever ce Carême sans une adaptation du Vexilla Regis de saint Venance Fortunat, dont le vers le plus remarquable donne le titre de ce blogue. J’aurais voulu me tenir au plus près de ce texte admirable en employant la même métrique ; malheureusement, le manque de temps et la moindre concision de notre langue ne me l’a pas permis.

Note sur le texte : il existe plusieurs versions du Vexilla Regis ; je me suis fondé non sur le texte original, mais sur le texte liturgique, qui compte moins de strophes et quelques modifications notables.

Vexilla Regis prodeunt:
fulget Crucis mysterium,
qua vita mortem pertulit,
et morte vitam protulit.

Quae, vulnerata lanceae,
mucrone, diro, criminum
ut nos laveret sordibus,
manavit unda et sanguine.

Impleta sunt quae concinit
David fideli carmine,
dicendo nationibus:
regnavit a ligno Deus.

Arbor decora et fulgida,
ornata Regis purpura,
electa digno stipite
tam sancta membra tangere.

Beata, cuius brachiis
pretium pependit saeculi:
statera facta corporis,
praedam tulitque tartari.

O Crux ave, spes unica !
hoc Passionis tempore,
piis adauge gratiam,
reisque dele crimina.

Te, fons salutis Trinitas,
collaudet omnis spiritus:
quibus Crucis victoriam
largiris, adde praemium. Amen.

Voyez venir vers nous les étendards du Roy,
Et voyez resplendir la mystérieuse Croix :
C’est la Vie qui du bois est tombée dans la mort,
Et c’est de cette mort qu’à jamais la vie sort.

Percé par une lance en un dernier assaut,
Du côté du Seigneur un rouge et blanc ruisseau,
Ru pur et plein d’amour qui coule sur le monde
Qui lave nos péchés et nos fautes immondes.

Ce qui jusqu’à ce jour demeurait imprécis,
Et sous le voile saint d’antiques prophéties,
Ce que David chanta devint clair à cette heure :
« Sur un trône de bois règnera le Seigneur. »

Oh, quel arbre sans prix, quel arbre merveilleux,
Revêtu de la pourpre, et de celle de Dieu !
Lui qu’on a jugé digne entre toutes les souches
Qu’il serve cet Agneau, qu’il le porte et le touche !

Ô bienheureuse Croix dont les immenses bras
Ont porté ce que l’homme a fait, fait et fera,
Ô Croix, toi qui soutins la très sainte Victime
Qui ravit l’homme au diable et racheta nos crimes.

Ô Croix, seule espérance, ô Croix, je te salue !
Ô Croix, source de vie, servante du Salut,
En ces temps douloureux, fais croître en nous la grâce,
Et de la moindre faute, efface toute trace.

Fontaine de Salut, ô Sainte Trinité,
Que tout être Vous loue sans jamais s’arrêter ;
Vous nous avez donné par la Croix la victoire :
Accordez nous son fruit, donnez-nous de Vous voir.

Saint Venance Fortunat lisant ses poèmes à sainte Radegonde

Crux benedicta nitet – Stances #77 – Liturgie #4 – Hymne #2


Saint Venance Fortunat lisant ses poèmes à sainte Radegonde
Saint Venance Fortunat lisant ses poèmes à sainte Radegonde

En faisant quelques recherches sur ce poème, j’ai découvert que Dom Guéranger le note comme l’hymne chantée habituellement au Vêpres du dimanche de la Passion. Heureuse coïncidence ! Voici donc une hymne de saint Venance Fortunat, moins connue que le Vexilla Regis, mais non moins intéressante, consacrée au saint arbre de la Croix.

Crux benedicta nitet, Dominus qua carne pependit,
Atque cruore suo vulnera nostra lavit ;
Mitis amore pio pro nobis victima factus,
Traxit ab ore lupi qua sacer agnus oves ;
Transfixis palmis ubi mundum a clade redemit,
Atque suo clausit funere mortis iter.
Hic manus illa fuit clavis confixa cruentis,
Quae eripuit Paulum crimine, morte Petrum.
Fertilitate potens, O dulce et nobile lignum,
Quando tuis ramis tam nova poma geris ;
Cuius odore novo defuncta cadavera surgunt,
Et redeunt vitae qui caruere die ;
Nullum uret aestus sub frondibus arboris huius,
Luna nec in nocte, sol neque meridie.
Tu plantata micas, secus est ubi cursus aquarum,
Spargis et ornatas flore recente comas.
Appensa est vitis inter tua brachia, de qua
Dulcia sanguine vina rubore fluunt.

Croix sainte, Croix bénie, ô Croix, comme tu brilles,
Toi qui de Dieu portas la Chair, sainte guenille,
Toi sur qui ruissela ce Sang qui nous lava,
Toi sur qui le Seigneur, prostré, nous releva.

Par quel profond amour s’offrit-Il en victime
Pour sauver l’enfant d’Ève et racheter ses crimes !
Voici : l’Agneau divin et transpercé de clous
Arrache les brebis à la gueule du loup.

Accroché sur le bois, Il libère le monde
Qui tombait dans le gouffre où Son absence gronde,
Et trépassant pour nous, il referme le pas
Du trépas, afin que l’homme n’y passe pas.

Voyez l’illustre main, cette main innocente,
Cette main transpercée d’une pointe sanglante :
Voyez-la tirer Paul des fureurs meurtrières,
Voyez-la de la mort tirer vers elle Pierre.

Arbre sec, mais fécond, ô doux et noble bois
Qui dans l’obscurité pour les hommes flamboie,
Je loue sans me lasser tes grands et lourds rameaux
Qui portent le seul fruit qui guérit tous nos maux.

Tu répands ton parfum, et sur toute la terre
Les cadavres puants sortent du cimetière ;
Eux qui, raides, gisaient dans l’ombre de la nuit,
Ils vivent de nouveau quand tu les éblouis.

Oh, quel astre pourrait avoir assez de flammes
Pour calciner celui qui aura mis son âme
Sous cette frondaison, cette fraîche ramée
Qu’a tressée ce Seigneur qui nous a tant aimés ?

Arbre du seul salut, ô Croix universelle,
Arbre pur et sacré qui sans cesse étincelles,
Ta chevelure d’or se répand en tous lieux
Et verse mille fleurs qui fleurent le bon Dieu.

Le fruit neuf de la vie pend à tes longues branches,
Fruit si gros et si lourd qu’elles tremblent et penchent ;
Venez boire le vin, ce rouge et riche vin
Qui s’écoule, ce sang d’un Dieu qui pour nous vint.

Jésus au Golgotha par Théophane le Crétois

Virgo > recolere – Stabat Mater #8 – Stances #80


Jésus au Golgotha - Simon de Cyrène aide Jésus à porter Sa croix - par Théophane le Crétois
Jésus au Golgotha par Théophane le Crétois

Virgo virginum præclara,
mihi iam non sis amara:
fac me tecum plangere.

Fac ut portem Christi mortem,
passionis fac consortem,
et plagas recolere.

Ô Mère bien aimée, ne me laissez pas choir :
Faites que de mes yeux, Vierge pleine de gloire,
Se répande un long chapelet.

Permettez que je porte, un peu, ce faix si lourd,
Et que, cette Passion, qu’Il souffrit par amour,
J’en reçoive aussi quelques plaies.

Détail de l'arbre de Jessé

O Radix Jesse – Grande Antienne O du 19 décembre – Quatrain #95


Détail de l'arbre de Jessé
Détail de l’arbre de Jessé

La venue du Christ s’interprétant également comme celui de Son retour à la fin des temps, cette Grande Antienne y fait référence. Race de Jessé (Radix Jesse, racine de Jessé) est à entendre ici au sens métonymique, au sens de rejeton de la race de Jessé : c’est encore le Christ qui est invoqué.

O Radix Iesse, qui stas in signum populorum, super quem continebunt reges os suum, quem gentes deprecabuntur : veni ad liberandum nos, iam noli tardare.

ô Race de Jessé, signe pour les nations,
Vous devant qui les rois feront silence un jour,
Vous qu’un jour suppliera tout peuple avec passion,
Venez nous libérer et nous porter secours !