Marie de Médicis accueillie à Marseille (Rubens)

Le triomphe de la nullité – Récréation – Sonnet #7


Marie de Médicis accueillie à Marseille (Rubens)
Marie de Médicis accueillie à Marseille (Rubens)

Pour ceux qui se demandent pourquoi, malgré la nullité de mes vers, je m’obstine à en écrire.

Alors que par hasard j’avais l’esprit lucide
Ma plate nullité m’apparut clairement :
« J’existe ! Me voici. Regarde donc, stupide,
La reine de tes vers comme de tes romans.

Tu te croyais génial et la tête gravide ?
Fi ! L’imbu de lui-même ! Il le pensait vraiment !
Contemple ta pauvre œuvre où paresse un grand vide :
Sur chacun de tes mots je règne fermement.

Même un mauvais lecteur apercevrait sans peine
Qui dans tous tes écrits est la vraie souveraine,
Et dirait : « c’est si nul que ça tient du génie. »

Mais puisque par tes soins mon triomphe est immense,
Reçois sans plus tarder ta juste récompense :
Entre dans la prison de l’aveugle déni.

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Veil, Staline, Hitler, Mao Zedong

Cent ans plus tard – Stances #57


Veil, Staline, Hitler, Mao Zedong
Veil, Staline, Hitler, Mao Zedong

Nous « fêtons » aujourd’hui les quarante ans de la loi Veil. Huit millions d’enfants ont été tués. Dans cent ans, combien seront-ils ?

De Biarritz à Mâcon, de Nantes jusqu’à Nice,
Sous les coups d’un fléau échappé des abysses,
Tous les hommes ont disparu.

Lyon ? Désert ! Bordeaux ? Mort ! Silence dans Marseille ;
Montpellier ne dit mot ; Poitiers ? Mortel sommeil !
Hélas ! Pas un chat dans les rues.

La campagne n’a pas échappé à l’horreur :
Chaque petit village a vu passer son heure
Et chaque hameau s’est éteint.

Ainsi, trente millions, la moitié de la France,
Sont passés à trépas par de longues souffrances :
Qui s’est soucieux de leur destin ?