Saint Cyprien de Carthage - Meister von Meßkirch

Saints Corneille et Cyprien – Graduel (messe Intret) (Rondeau)


Graduale. Exodi 15,11.
Gloriósus Deus in Sanctis suis : mirábilis in maiestáte, fáciens prodígia.
V/. Ibid., 6. Déxtera tua, Dómine, glorificáta est in virtúte : déxtera manus tua confrégit inimícos.

Saint Cyprien de Carthage - Meister von Meßkirch
Saint Cyprien de Carthage – Meister von Meßkirch

Vous êtes plein de gloire en Vos saints, ô mon Dieu,
Et Votre majesté resplendit à nos yeux
Réfléchie par Vos saints comme dans un miroir ;
Car ils ont remporté pour Vous mainte victoire
Contre Vos ennemis qui font la guerre aux Cieux.

Oui, c’est en Votre nom qu’ils ont en mille lieux
Rendu Votre ennemi sans force et silencieux ;
Et puisque c’est de Vous que vient tout leur pouvoir,
Vous êtes plein de gloire !

L’horrible magicien les épie, envieux,
Car ils font grâce à Vous des gestes merveilleux,
Et rejeter de tous l’infâme magie noire ;
Oui, Vos saints sont pour vous des offrandes du soir,
Et dans tous leurs hauts faits et leurs exploits glorieux
Vous êtes plein de gloire.

Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

Beato Ioanni Baptistæ – Confiteor #4 – Stances #80


Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino
Saint Jean-Baptiste par Jacopo del Casentino

Quatrième volet de notre série sur le Confiteor : l’invocation à saint Jean-Baptiste.

Le monde était dans l’ombre et l’homme avait rompu
Le lien qui l’unissait à son divin Auteur ;
Le diable triomphait, ou le croyait, repu
De larmes, de péchés, de crimes et de pleurs.

Mais Dieu ne laissa point l’homme dans l’abandon ;
Le Créateur aimait l’ingrate créature,
Il désirait déjà dispenser Son pardon
Et retourner vers Lui cette âme folle et dure.

Avec quelle patience Il restaura ce lien !
Voici, de siècle en siècle, en dépit des tempêtes,
Supérieurs aux guerriers, aux rois, aux magiciens,
La longue chaîne d’or des bienheureux prophètes.

D’Abraham à Moïse, Isaïe, Jérémie,
Et jusqu’au Précurseur, envoyés par le Père,
Ils proclamaient tout haut sous des yeux ennemis :
« Redressez vos chemins car voici la Lumière. »

Menaces et mépris, coups, trahisons, tourments,
Mais toujours habités par le Consolateur,
Rien ne les arrêta, et toujours, lentement,
Ils bâtirent le pont qui nous lient au Seigneur.

Et nous pécheurs, ce pont, nous le fragilisons,
Ou même, fous, ô fous ! le mettons en poussière ;
Un instant y suffit, et notre déraison
Fait voler en éclat l’ouvrage millénaire.

Au suprême prophète aussitôt demandons,
Parce que nos péchés lui font aussi du tort,
Qu’il veuille, à nous pécheurs, accorder le pardon,
Et nous guider toujours vers Celui qu’il adore.