Saint Bernard de Clairvaux (vitrail de Cluny)

Saint Bernard – Graduel


Graduale. Ps. 36, 30-31.
Os iusti meditábitur sapiéntiam, et lingua eius loquétur iudícium.
V/. Lex Dei eius in corde ipsíus : et non supplantabúntur gressus eius.

Saint Bernard de Clairvaux (vitrail de Cluny)
Saint Bernard de Clairvaux (vitrail de Cluny)

Écoute la bouche du saint
Car ses dents macèrent sans cesse
La plus céleste des sagesses.

Le souffle qui sort de son sein
Est une juste et douce haleine
Qui de l’Esprit est toute pleine.

Non, ce n’est pas de l’air qu’il vit,
Mais c’est de la sainte doctrine
Qui se répand dans sa poitrine.

Démon, celui que Dieu ravit,
Tu ne peux en être vainqueur,
Car c’est Dieu qui bat en son cœur.

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Saint Antoine-Marie Zaccaria

Saint Antoine-Marie Zaccaria – Communion


Ant. ad Communionem. Philipp. 8, 17.
Imitatóres mei estóte, fratres, et observáte eos, qui ita ámbulant, sicut habétis formam nostram.

Saint Antoine-Marie Zaccaria
Saint Antoine-Marie Zaccaria

Mon frère, tu me dis : « Comment devrais-je agir ?
Je ne sais pas toujours ce qui est mal, ou bien ;
Si je crains de pécher, hélas, ne faire rien
Serait peut-être encore pire. »

Nos cœurs sont l’un et l’autre une maison de Dieu,
Et nous avons en nous l’unique et vrai modèle ;
Imite-Le toujours pour demeurer fidèle
Avec un esprit humble et pieux.

Tu me réponds alors : « Si je suis bien le temple
Que l’Esprit du Seigneur consent à habiter,
Hélas, je ne puis voir cette divinité
Et ne puis suivre Son exemple ! »

Que te dire, ô mon frère ? Eh bien, imite-moi,
Prends exemple sur ceux qu’habite le Seigneur,
Enquis-toi des actions de tous ceux dont le cœur
Est le palais de notre Roy.

Saint François Carraciolo

Saint François Carraciolo – Graduel


Graduale. Ps. 41, 2. Graduel
Quemádmodum desíderat cervus ad fontes aquárum : ita desíderat ánima mea ad te, Deus.
V/. Ps. ibid., 3. Sitívit ánima mea ad Deum fortem vivum.

Saint François Carraciolo
Saint François Carraciolo

Le cerf, la gorge sèche, assoiffé, cherche à boire
Et ne trouve point d’eau tant que le soleil luit ;
Il va de tous côtés, mais ce n’est que le soir
Qu’il découvre la source, et ce n’est qu’à la nuit
Qu’il peut enfin, ô joie ! boire et se rafraîchir.

Ainsi mon âme a soif durant toute sa vie,
Mon esprit desséché brûle du seul désir
D’être à l’instant fatal par son Seigneur ravi !
Après Vous, ô mon Dieu, mon cœur blessé soupire !
Ah rien ne m’est plus cher que Votre cœur précieux,

Et mon âme languit en contemplant les Cieux.

Biographie de Saint François Caracciolo

Dans son adolescence, atteint d’une grave maladie, François résolut de se dévouer au service de Dieu et du prochain. Venu à Naples et admis au sacerdoce, il fonda en 1588 l’Ordre des Clercs réguliers mineurs, ajoutant aux trois vœux ordinaires celui de ne point rechercher les dignités. Leur spiritualité se centre sur le culte divin et la dévotion de la Très Sainte Eucharistie que François adorait chaque nuit. (Merci à mon épouse pour son aide.)

Le Christ et l'Eucharistie - Vicente Juan Masip

Lundi de la troisième semaine de Carême – Postcommunion


Postcommunio.
Præsta, quǽsumus, omnípotens et miséricors Deus : ut, quod ore contíngimus, pura mente capiámus. Per Dóminum.

Ce Dieu que sur ma langue ont déposé Vos doigts,
Daignez, ô mon Seigneur,
Mon adorable Roy,
Daignez Le conserver tout au fond de mon cœur.

Le Baptême de Notre-Seigneur - Dominique Antoine Magaud - CC Rvalette

Commémoraison du Baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ – Communion


Ant. ad Communionem. Matth. 2, 2.
Vídimus stellam eius in Oriénte, et vénimus cum munéribus adoráre Dóminum.

Des pays inconnus où le soleil se lève,
Nous avons, dans le ciel, vu l’étoile de l’Oint ;
Notre émerveillement ne venait pas d’un rêve :
Tous trois, mages puissants, en fûmes les témoins,
Et nous l’avons suivie, qui nous menait au loin.

Car nous sommes venus, chargés de beaux trésors,
D’admirables cadeaux et de présents précieux :
A Dieu, voici l’encens ; au Roy, nous offrons l’or ;
La myrrhe au Crucifié qui nous ouvre les Cieux
– Mais, plus que tout, voici nos cœurs, ô Fils de Dieu !

Image : Baptême de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par Dominique Antoine Magaud (CC Rvalette)

La Sainte Famille - CC Père Igor

La Sainte Famille – Communion (Sonnet)


Ant. ad Communionem. Luc. 2, 51.
Descéndit Iesus cum eis, et venit Názareth, et erat súbditus illis.

Humilité du Christ, admirable entre toutes,
Que le Seigneur si bon accorde aux orgueilleux,
Dont la bouche et l’esprit sont si secs, une goutte
Qui puisse nous ouvrir et le cœur et les yeux !

Ô Jésus, Vos parents angoissés sur la route,
Ne Vous retrouvant plus, Vous cherchent en tous lieux ;
Quand ils Vous voient enfin, des sages Vous écoutent
Témoigner devant eux que Vous connaissez Dieu.

Car Vous manifestiez la connaissance intime
Que Vous avez du Père, et les liens si étroits
Que Vous entretenez dans Votre union sublime.

Pourtant, Vous, le Seigneur, le Monarque et le Roy,
Avez daigner vouloir, malgré Votre puissance,
A deux êtres humains prêter obéissance.

La cathédrale de Toul

Saint Alchas, évêque – Graduel (diocèse de Nancy et Toul) (avant 1955) (Pantoun)


Graduale. Eccli. 3, 2.
Iudícium patris audíte, fílii : et sic fácite, ut salvi sitis.

Si vous désirez le salut,
Mes fils, écoutez votre Père !
Rejetez la vie dissolue
Que vous suggère la vipère.

Mes fils, écoutez votre Père :
Il a pour vous tant d’affection !
Que vous suggère la vipère,
Sinon la voie de l’affliction ?

Il a pour vous tant d’affection :
Écoutez Ses conseils si sages,
Sinon la voie de l’affliction
Vous mènera aux lieux sauvages.

Écoutez Ses conseils si sages :
Sachez qu’une mauvaise vie
Vous mènera aux lieux sauvages
Où le pécheur est asservi.

Sachez qu’une mauvaise vie
Est punie au fond de l’enfer
Où le pécheur est asservi,
Et jamais il ne se libère.

Est puni au fond de l’enfer
L’oubli des préceptes divins,
Et jamais il ne se libère,
Celui qui dit : « J’écoute en vain ! »

L’oubli des préceptes divins,
Je veux le perdre dans vos cœurs.
Celui qui dit : « J’écoute en vain ! »
Il versera d’éternels pleurs.

Je veux le perdre dans vos cœurs,
Celui qui vous tient loin de Moi :
Il versera d’éternels pleurs.
Vous, Mes fils, écoutez Ma voix.

Celui qui vous tient loin de Moi,
Qui voudra l’écouter encor ?
Vous, Mes fils, écoutez Ma voix,
Et ne Me faites point de tort.

Qui voudra l’écouter encor ?
Suivez-Moi, ne l’écoutez plus,
Et ne Me faites point de tort
Si vous désirez le salut.

Une porte bien murée

Le mur d’orgueil – Stances #66


Une porte bien murée
Une porte bien murée

Voici la porte de mon âme :
Hélas, un grand mur l’obstrue tant
Qu’il n’y a guère qu’une lame
Qui puisse entrer, en insistant.

C’est un horrible mur d’orgueil,
D’ambitions, de vains appétits ;
Oui, c’est un mur qui Vous accueille,
Et c’est un mur que j’ai bâti.

Je voudrais bien le mettre à terre,
Puisque je m’en suis repenti ;
Mais je suis enfermé derrière,
Seul, sans courage et sans outils.

Dans les ténèbres de ces pierres,
Par les interstices, souvent,
Je vois s’infiltrer la lumière,
J’en suis touché, je suis vivant.

Venez, venez, mon bon Seigneur,
Armé d’un solide marteau ;
Et pour pénétrer dans mon cœur,
Abattez ce mur au plus tôt !

Les tentations de saint Antoine

Sin – Psaume #118 – Distiques #50


Les tentations de saint Antoine
Les tentations de saint Antoine

Sin

161 Principes persecuti sunt me gratis,
et a verbis tuis formidavit cor meum.
162 Lætabor ego super eloquia tua,
sicut qui invenit spolia multa.
163 Iniquitatem odio habui, et abominatus sum,
legem autem tuam dilexi.
164 Septies in die laudem dixi tibi,
super judicia justitiæ tuæ.
165 Pax multa diligentibus legem tuam,
et non est illis scandalum.
166 Exspectabam salutare tuum, Domine,
et mandata tua dilexi.
167 Custodivit anima mea testimonia tua,
et dilexit ea vehementer.
168 Servavi mandata tua et testimonia tua,
quia omnes viæ meæ in conspectu tuo.

Sin

Je ne crains nullement l’homme persécuteur,
Mais de Vous oublier, ne serait-ce qu’une heure.

Quel bonheur, ô mon Dieu, quand je revêts Vos lois,
Comme un guerrier qui prend les dépouilles d’un Roi !

Qu’il est affreux, Seigneur, de Vous être rebelle ;
Votre législation, en revanche, est si belle !

Sept fois le jour, Seigneur, pour elle, je Vous loue,
Du lever du soleil jusqu’entre chien et loup.

L’amoureux de Vos lois a la paix pour salaire ;
Rien ne peut le séduire, à qui Dieu seul peut plaire !

J’attendais, Dieu très bon, la venue du salut,
Et j’ai, sur Vos décrets, jeté mon dévolu.

Voyez ! Ils sont gravés tout au fond de mon âme,
Et chaque lettre semble une lettre de flamme.

Oui, je leur obéis avec scrupule et soin :
De mon cœur Vous voyez les plus petits recoins.

Le Christ et le jeune homme riche

Teth – Psaume #118 – Distiques #38


Le Christ et le jeune homme riche
Le Christ et le jeune homme riche

Teth

65 Bonitatem fecisti cum servo tuo, Domine,
secundum verbum tuum.
66 Bonitatem, et disciplinam, et scientiam doce me,
quia mandatis tuis credidi.
67 Priusquam humiliarer ego deliqui :
propterea eloquium tuum custodivi.
68 Bonus es tu, et in bonitate tua
doce me justificationes tuas.
69 Multiplicata est super me iniquitas superborum ;
ego autem in toto corde meo scrutabor mandata tua.
70 Coagulatum est sicut lac cor eorum ;
ego vero legem tuam meditatus sum.
71 Bonum mihi quia humiliasti me,
ut discam justificationes tuas.
72 Bonum mihi lex oris tui,
super millia auri et argenti.

Teth

Vous avez été bon pour Votre serviteur :
Oh, qui pourra jamais Vous traiter de menteur ?

Doux Maître, rendez-moi bon, docile et savant,
Car Vos ordres jamais ne furent décevants.

Avant mon châtiment, que j’ai commis de fautes !
Mais je garde à présent Votre loi sous mes côtes.

Soyez loué, Seigneur, ô Bonté infinie :
Instruisez-moi pour que je ne sois plus puni.

Or j’étudie Vos lois, mais les démons me traquent
Et veulent me jeter dans quelque affreux cloaque.

Leurs cœurs se sont figés comme caille le lait,
Mais méditer Vos lois, voilà ce qui me plait.

Il me fut bon, Seigneur, de souffrir maintes peines,
Pour graver dans mon cœur Vos préceptes pérennes.

L’or et l’argent, pour moi, n’ont aucun intérêt :
Seules Vos lois, Seigneur, ont pour moi de l’attrait.

Enseignez à tous que je suis le chemin, la vérité, la vie

Daleth – Psaume #118 – Distiques #33


Enseignez à tous que je suis le chemin, la vérité, la vie
Enseignez à tous que je suis le chemin, la vérité, la vie

Daleth

25 Adhæsit pavimento anima mea :
vivifica me secundum verbum tuum.
26 Vias meas enuntiavi, et exaudisti me ;
doce me justificationes tuas.
27 Viam justificationum tuarum instrue me,
et exercebor in mirabilibus tuis.
28 Dormitavit anima mea præ tædio :
confirma me in verbis tuis.
29 Viam iniquitatis amove a me,
et de lege tua miserere mei.
30 Viam veritatis elegi ;
judicia tua non sum oblitus.
31 Adhæsi testimoniis tuis, Domine ;
noli me confundere.
32 Viam mandatorum tuorum cucurri,
cum dilatasti cor meum.

Daleth

Mon âme douloureuse adhère à la poussière :
Ô Seigneur, animez cette âme toute entière.

J’ai dénudé mon cœur, et Vous l’avez béni ;
Ô Maître, abreuvez-moi de Vos lois infinies.

Ô loi, loi merveilleuse ! Oh, faites-en mon guide,
Car elle est un soutien plus encor qu’une bride.

Affermissez mon âme engourdie de chagrin :
Déposez le fardeau de la loi sur mes reins.

Des voies de l’injustice, arrachez-moi, grand Juge !
Pitié selon la loi ! Dieu, soyez mon refuge.

C’est Vous que j’ai choisi1, Ô Voie, Vérité, Vie.
Je n’ai rien oublié de Vos très saints avis.

Comme le lierre au mur, je grimpe à Vos préceptes :
Ne me confondez pas, moi qui suis Votre adepte.

Mon cœur sec et fermé, Vous l’ouvrez largement,
Et je cours dans la voie de Vos commandements.

1 J’hésite à accorder le participe passé au féminin pluriel. En effet, Vous se rapporte grammaticalement à Voie, Vérité, Vie ; laquelle expression se rapporte à Jésus. De surcroît, les trois adjectifs sont vus comme ne faisant qu’un, puisque le Ô est en facteur commun. Donc, on pourrait accorder au féminin singulier. Ce qui laisse trois possibilités entre lesquelles je ne puis choisir.