Saint Simon et saint Jude

Vigile des saints Jude et Simon – Graduel (avant 1955)


Graduale. Ps. 78, 10 et 2.
Vindíca, Dómine, sánguinem Sanctórum tuórum, qui effúsus est.
V/. Posuérunt mortália servórum tuórum, Dómine, escas volatílibus cæli : carnes Sanctórum tuórum béstiis terræ.

Venez venger, Seigneur, le sang de Vos martyrs !
Frappez d’un juste châtiment
Les meurtriers cruels qui les ont fait périr
Et montent à l’assaut des murs du Firmament.

Voyez ! Ils ont jeté leurs dépouilles sanglantes
En pâture aux sombres corbeaux.
Ils ont même arraché, dans leur haine démente,
Les membres de Vos saints déjà mis au tombeau.

Seigneur, venez venger l’abominable outrage
Que l’impie fait à Vos enfants !
Que les Cieux et l’enfer même, grinçant de rage,
Clament : « Que le Très-Haut les aime et les défend ! »

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Job - Léon Bonnat

Sit nomen Domini benedictum. – Stances #81


Job - Léon Bonnat
Job – Léon Bonnat

Bien loin de moi l’idée de me prendre pour Job ; n’empêche, se faire pirater son compte bancaire n’est jamais une chose agréable. En revanche, cela fait toujours une bonne leçon. C’est comme cela que je crois devoir voir la chose.

Dominus dedit, Dominus abstulit ; sicut Domino placuit, ita factum est. Sit nomen Domini benedictum.

Job, I, 21

Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris,
Béni soit le nom du Seigneur.

J’étais, voilà dix jours, un orgueilleux vainqueur,
Fier de m’être emparé d’un bien de peu de prix.
La sagesse du ciel, me voulant voir meilleur,
Décida sans tarder d’abaisser mon esprit.

Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris,
Béni soit le nom du Seigneur.

Au triomphe risible ont succédé les pleurs ;
Voilà des cris de joie, voici de tristes cris.
Ainsi l’homme toujours passe-t-il d’heure en heure,
Ainsi l’homme, fragile, en ce monde varie.

Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris,
Béni soit le nom du Seigneur.

Orgueil, infâme orgueil, abandonne mon cœur,
Ce cœur qui s’est bercé de tes sorcelleries ;
Que ton voile arraché m’apporte la lueur,
Et que le châtiment soit justement compris.

Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris,
Béni soit le nom du Seigneur.

Les murailles de Ninive

Repens-toi, Ninive ! – Stances #71


Les murailles de Ninive
Les murailles de Ninive

Dans l’Évangile du jour, Jésus rappelle le sort de Jonas et des Ninivites, que nous devons imiter en ce temps de Carême.

Plie le genou, Ninive, et couvre-toi de cendres ;
Jeûne et fais pénitence, et surtout repens-toi :
Pécheresse, bientôt sur tes tours et tes toits
Le juste châtiment du Seigneur va descendre.

Tremble, ingrate cité remplie d’ignominie,
Ô ville de renom, et grande aux yeux des hommes ;
De tes nombreux péchés, trop énorme est la somme :
Oui, ton mal est trop grand, et ton temps est fini.

Que ton roi, contre un sac irritant, dur et rêche,
Troque ses beaux habits d’or, de pourpre et de soie
Et que chacun répète au plus profond de soi :
« Mon Dieu, j’ai fait le mal, et mon cœur se dessèche. »

Or, si ton repentir est profond et vrai, Dieu
Aura pitié de toi et te laissera vivre.
Celui qui se repend, le Seigneur le délivre
Car Il est juste, bon, et miséricordieux.

Le Jugement

Samech – Psaume #118 – Distiques #44


Le Jugement
Le Jugement

Samech

113 Iniquos odio habui,
et legem tuam dilexi.
114 Adjutor et susceptor meus es tu,
et in verbum tuum supersperavi.
115 Declinate a me, maligni,
et scrutabor mandata Dei mei.
116 Suscipe me secundum eloquium tuum, et vivam,
et non confundas me ab exspectatione mea.
117 Adjuva me, et salvus ero,
et meditabor in justificationibus tuis semper.
118 Sprevisti omnes discedentes a judiciis tuis,
quia injusta cogitatio eorum.
119 Prævaricantes reputavi omnes peccatores terræ ;
ideo dilexi testimonia tua.
120 Confige timore tuo carnes meas ;
a judiciis enim tuis timui.

Samech

Péché, que je te hais ! Que tu me fais horreur !
Mais je loue Votre loi, je Vous aime Seigneur.

Vous êtes, Tout Puissant, mon glaive et mon écu :
Si je suis avec Vous, je me sais invaincu.

Déguerpissez, maudits, et laissez-moi, pervers,
M’imprégner de la règle et la tourner en vers.

Dieu, sans Votre soutien, puis-je me dire en vie ?
Ah, ne permettez pas, Seigneur, que je dévie.

Si Vous me voulez sauf, accordez-moi Votre aide :
Je lirai Votre loi, mon unique remède.

Accumulant sur lui le plus juste mépris,
Sur la balance, enfin, l’inique a peu de prix.

Heureux l’homme de foi ! Mais tous les incrédules
Et tous les pécheurs sont du monde les pustules.

Brisez ma chair, Seigneur, brisez-la durement,
Car j’ai peur qu’à ma mort vienne le châtiment.

Le Christ et le jeune homme riche

Teth – Psaume #118 – Distiques #38


Le Christ et le jeune homme riche
Le Christ et le jeune homme riche

Teth

65 Bonitatem fecisti cum servo tuo, Domine,
secundum verbum tuum.
66 Bonitatem, et disciplinam, et scientiam doce me,
quia mandatis tuis credidi.
67 Priusquam humiliarer ego deliqui :
propterea eloquium tuum custodivi.
68 Bonus es tu, et in bonitate tua
doce me justificationes tuas.
69 Multiplicata est super me iniquitas superborum ;
ego autem in toto corde meo scrutabor mandata tua.
70 Coagulatum est sicut lac cor eorum ;
ego vero legem tuam meditatus sum.
71 Bonum mihi quia humiliasti me,
ut discam justificationes tuas.
72 Bonum mihi lex oris tui,
super millia auri et argenti.

Teth

Vous avez été bon pour Votre serviteur :
Oh, qui pourra jamais Vous traiter de menteur ?

Doux Maître, rendez-moi bon, docile et savant,
Car Vos ordres jamais ne furent décevants.

Avant mon châtiment, que j’ai commis de fautes !
Mais je garde à présent Votre loi sous mes côtes.

Soyez loué, Seigneur, ô Bonté infinie :
Instruisez-moi pour que je ne sois plus puni.

Or j’étudie Vos lois, mais les démons me traquent
Et veulent me jeter dans quelque affreux cloaque.

Leurs cœurs se sont figés comme caille le lait,
Mais méditer Vos lois, voilà ce qui me plait.

Il me fut bon, Seigneur, de souffrir maintes peines,
Pour graver dans mon cœur Vos préceptes pérennes.

L’or et l’argent, pour moi, n’ont aucun intérêt :
Seules Vos lois, Seigneur, ont pour moi de l’attrait.