Saint Cyprien de Carthage - Meister von Meßkirch

Saint Corneille et saint Cyprien – Sixième leçon des matines (avant 1960)


Saint Cyprien de Carthage - Meister von Meßkirch
Saint Cyprien de Carthage – Meister von Meßkirch

Du Livre de saint Jérôme, Prêtre : Des écrivains ecclésiastiques.
Sixième leçon. Cyprien, africain d’origine, enseigna d’abord la rhétorique avec beaucoup d’éclat. Puis, s’étant fait chrétien, à la persuasion de Cécilius, dont il choisit le nom pour l’ajouter au sien, il donna aux pauvres toute sa fortune. Peu de temps après, il fut élevé au sacerdoce, et enfin nommé Évêque de Carthage. Il serait superflu de parler de son génie, puisque ses œuvres sont plus brillantes que le soleil. Il endura le martyre sous le règne de Valérien et de Gallien, dans la huitième persécution, le même jour que Corneille souffrit à Rome, mais non la même année.

Que valent les beautés de l’art de l’orateur
Si l’on ne les fait pas esclaves du Seigneur ?
C’est ainsi que, savant en cet art, Cyprien
Aux pauvres indigents abandonna ses biens,
Et reçut sans tarder l’eau pure du Baptême.
Le voici prêtre, évêque, et de ce Dieu Qu’il aime,
Il répand plein d’ardeur la doctrine sacrée,
Prononce des discours aussi saints qu’admirés,
Et donne aux rudes mots qui cachent des merveilles1
La splendeur et l’éclat des rayons du soleil.
Mais ce n’est rien encor que d’être un écrivain
Qui parle sagement des mystères divins :
Quand les persécutions secouèrent l’empire,
Dieu remit à Son saint la palme du martyre.

1 Du temps de saint Cyprien, la Bible paraissait aux oreilles latines et grecques quelque peu barbare, stylistiquement parlant. Les canons stylistiques hébraïques n’étant pas du tout les mêmes que ceux des Gréco-Romains, le texte biblique avait pour ces lettrés habitués à la rhétorique cicéronienne quelque chose de déplaisant. Les païens ne manquaient pas de se moquer de la pauvreté (à leurs yeux aveugles) du texte biblique, mais les chrétiens cultivés étaient, de leur côté, gênés. Les Pères latins n’ont pas manqué de répondre aux attaques par des arguments divers et parfois contradictoires, mais non sans intérêt.

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Job - Léon Bonnat

Sit nomen Domini benedictum. – Stances #81


Job - Léon Bonnat
Job – Léon Bonnat

Bien loin de moi l’idée de me prendre pour Job ; n’empêche, se faire pirater son compte bancaire n’est jamais une chose agréable. En revanche, cela fait toujours une bonne leçon. C’est comme cela que je crois devoir voir la chose.

Dominus dedit, Dominus abstulit ; sicut Domino placuit, ita factum est. Sit nomen Domini benedictum.

Job, I, 21

Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris,
Béni soit le nom du Seigneur.

J’étais, voilà dix jours, un orgueilleux vainqueur,
Fier de m’être emparé d’un bien de peu de prix.
La sagesse du ciel, me voulant voir meilleur,
Décida sans tarder d’abaisser mon esprit.

Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris,
Béni soit le nom du Seigneur.

Au triomphe risible ont succédé les pleurs ;
Voilà des cris de joie, voici de tristes cris.
Ainsi l’homme toujours passe-t-il d’heure en heure,
Ainsi l’homme, fragile, en ce monde varie.

Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris,
Béni soit le nom du Seigneur.

Orgueil, infâme orgueil, abandonne mon cœur,
Ce cœur qui s’est bercé de tes sorcelleries ;
Que ton voile arraché m’apporte la lueur,
Et que le châtiment soit justement compris.

Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris,
Béni soit le nom du Seigneur.

Aleph – Psaume #118 – Distiques #30


Moïse recevant les Tables de la Loi
Moïse recevant les Tables de la Loi

Je vous propose à partir d’aujourd’hui une paraphrase du psaume 118 (dans la Vulgate et la Septante, les éditions modernes lui attribuant souvent le numéro 119). Ce psaume, le plus long, est un superbe éloge de la Loi divine. Il a la particularité d’être classé en 22 strophes de 8 distiques correspondant aux 22 lettres de l’alphabet hébraïque. La première strophe est donc Aleph (on reconnaît le alpha grec, l’alphabet grec comme l’hébraïque étant issus de celui qu’avaient élaborés les Phéniciens).

Aleph

1 Beati immaculati in via,
qui ambulant in lege Domini.
2 Beati qui scrutantur testimonia ejus ;
in toto corde exquirunt eum.
3 Non enim qui operantur iniquitatem
in viis ejus ambulaverunt.
4 Tu mandasti mandata tua
custodiri nimis.
5 Utinam dirigantur viæ meæ
ad custodiendas justificationes tuas.
6 Tunc non confundar,
cum perspexero in omnibus mandatis tuis.
7 Confitebor tibi in directione cordis,
in eo quod didici judicia justitiæ tuæ.
8 Justificationes tuas custodiam ;
non me derelinquas usquequaque.

Aleph

Heureux l’homme au cœur pur qui marche dans la voie ;
Heureux qui, du Seigneur, suit sans cesse la loi !

Heureux qui étudie ses saintes ordonnances ;
Heureux qui cherche Dieu rempli de véhémence !

Homme d’iniquité, de qui rouge est la main,
Comment pourrais-tu donc marcher sur Son chemin ?

Divin législateur, tel fut Votre saint ordre :
Gardez toutes mes lois sans jamais les distordre.

Conduisez-moi, pour que je n’erre pas en vain
Et conserve à jamais Vos préceptes divins.

Oh, si j’ai sous les yeux Vos règles immuables,
Puis-je être confondu, Potentat adorable ?

Je vous louerai, Seigneur, d’un pur et droit esprit,
De m’avoir enseigné Vos sentences sans prix.

A Vos édits sacrés, je resterai fidèle :
Ne m’abandonnez point, prenez-moi sous Votre aile.

Jérémie tiré de sa cuve

Paraphrase de Jérémie


Jérémie tiré de sa cuve
Jérémie tiré de sa cuve

Après Isaïe, une nouvelle paraphrase de l’Écriture avec le prophète Jérémie (11,18-20).

Le Seigneur dit à Son prophète :
 » Plonge dans les pensées de tes noirs ennemis,
Dans leurs cervelles contrefaites,
Leurs crânes desséchés comme ceux des momies. « 

Descendu dans ces sépultures,
En des couloirs étroits, tortueux, décrépits,
Et couverts d’affreuses peintures,
J’ai connu leurs desseins et leurs œuvres impies.

Je les vis, aux heures obscures,
Machiner en secret et tramer des complots.
Ils préparaient leurs forfaitures
Et me voulaient jeter tout au fond d’un silo.

On me menait à l’abattoir,
Moi, l’innocent agneau qu’on avait sustenté.
 » Que son nom quitte nos mémoires,
Afin que son esprit ne puisse nous hanter ! « 

Le Seigneur est plein de justice :
Il sondera mon cœur, mes entrailles, mes reins.
Je boirai la lie du calice.
Alors Il tirera vengeance avec l’airain.