Vision du pape Clément Ier - Giovanni Battista Tiepolo

Saint Clément Ier – Secrète


Secreta

Oblátis munéribus, quǽsumus, Dómine, Ecclésiam tuam benígnus illúmina : ut, et gregis tui profíciat ubique succéssus, et grati fiant nómini tuo, te gubernánte, pastóres. Per Dóminum.

Vision du pape Clément Ier - Giovanni Battista Tiepolo
Vision du pape Clément Ier – Giovanni Battista Tiepolo

L’ombre avait recouvert les flancs de la montagne,
Et le pauvre troupeau d’agneaux et de brebis
Tremblant de voir le ciel ténébreux et subit,
Allait se dispersant : quelques uns dans la fagne,
D’autres vers la vallée, ou au fond d’un ravin,
Certains dans la forêt, sous l’obscure ramure
S’offraient au loup, à l’ours, à la dent la plus dure,
Et qui pourra nous dire, alors, ce qu’il advint ?
Or, les bergers, plongés dans l’ombre, la plupart,
Se querellaient, guidaient un morceau de troupeau,
Et chacun dans son sens voulait un bout de peau,
Chacun suivait sa voie et réclamait sa part.
Il en fut un, pourtant, qui voyait beaucoup mieux,
Et dont l’obscurité se tenait à distance ;
Il élève un autel, et rempli d’espérance,
Il fait cette prière en élevant les yeux :
« Daignez jeter Votre œil sur cette alme victime,
Et exaucer celui qui se penche à Vos pieds ;
Reformez le troupeau et, rempli de pitié,
Conduisez Vos pasteurs le plus loin de l’abîme. »

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Année de la miséricorde (logo)

Saint Jean de Kenty – Introit (extrait) – Sonnet


Année de la miséricorde (logo)
Année de la miséricorde (logo)

Ant. ad Introitum. Eccli. 18, 13.
[…]Qui misericórdiam habet, docet et érudit quasi pastor gregem suum. […]

Qui dit à tout un chacun : « Je suis miséricordieux »,
Qu’il n’ose point, quand l’un ou l’autre,
Quand son prochain dans le péché se vautre,
Qu’il ne le tolère pas et ne ferme point les yeux !

Car la vraie miséricorde enseigne les voies de Dieu.
Son partisan harangue comme un apôtre,
Et ne dit point : « Venez, soyez des nôtres :
Vous verrez que sans effort on peut s’élever aux Cieux. »

Il est semblable au berger qui prend grand soin de ses ouailles
Et qui ne les laisse point devenir les victuailles
De quelque fauve, ours, loup, panthère ou lion.

Mais lorsqu’il les voit blessées, lorsque la bête les blesse,
Il accourt, il les reprend, il les soigne avec tendresse
Bien que sur la plaie brûle la potion.

Jésus représenté en pasteur

Phe – Psaume #118 – Distiques #46


Jésus représenté en pasteur
Jésus représenté en pasteur

Phe

129 Mirabilia testimonia tua :
ideo scrutata est ea anima mea.
130 Declaratio sermonum tuorum illuminat,
et intellectum dat parvulis.
131 Os meum aperui, et attraxi spiritum :
quia mandata tua desiderabam.
132 Aspice in me, et miserere mei,
secundum judicium diligentium nomen tuum.
133 Gressus meos dirige secundum eloquium tuum,
et non dominetur mei omnis injustitia.
134 Redime me a calumniis hominum
ut custodiam mandata tua.
135 Faciem tuam illumina super servum tuum,
et doce me justificationes tuas.
136 Exitus aquarum deduxerunt oculi mei,
quia non custodierunt legem tuam.

Phe

Commandements de Dieu, que mon cœur vous admire !
Sur mon âme, ô Seigneur, étendez Votre empire.

Que Votre loi, Seigneur, fait grandir le petit,
Qui ne possède rien, sauf de Vous l’appétit !

Dieu bon, j’ouvre la bouche et veux toujours Vous plaire :
J’aspire à Votre loi comme un noyé de l’air.

Grâce pour moi, pour nous, pour ceux que Vous jugez,
Qui se sont par amour envers Vous engagés !

Dirigez-moi, Berger, sur la route parfaite,
Extirpez l’injustice, Ô Mire1, de ma tête.

Venez me délivrer du venin du crapaud !
Que Votre loi me soit un haubert sur la peau.

Sur Votre serviteur, penchez Votre visage,
Ensoleillez mon cœur de Vos règles sans âge.

Mes yeux sont une source et mes pleurs des ruisseaux
Car je vois Votre loi moquée par des pourceaux.

1 Mire : ancien mot français qui signifie médecin, docteur.

Les anges apparaissant aux bergers

Aux bergers de Bethléem – Epitre #31


Les anges apparaissant aux bergers
Les anges apparaissant aux bergers

Après la Sainte Famille, les Bergers sont les héros de nos crèches (sans oublier les moutons). Ils sont les premiers à avoir reçu le privilège de voir le Christ nouveau-né.

Bergers, pâtres, pasteurs, il est bien naturel
Que vous soyez passés avant mages et rois !
Lorsque l’ange de Dieu, avec ses grandes ailes
Apparut devant vous dans la nuit et le froid,
Vous étiez endormis et couchés sur la terre,
Et recroquevillés au milieu du troupeau,
Le dos tout raviné de racines, de pierres,
La laine des moutons réchauffait votre peau.
Ainsi peuples et rois, dans une nuit profonde
Gisaient, depuis Adam, quasi cadavéreux,
Car ils appartenaient aux ténèbres du monde
Ne sachant rien encor du salut fait pour eux.
Bergers, l’ange vous guide, et bientôt sur la route
Sa lumière et sa voix sont autant de signaux
Qui conduisent vos pas sous la céleste voûte
Vers le divin enfant, pasteur autant qu’agneau.