Dix petits grains de messe – Préambule

Peter Fendi - Assistants à la sainte Messe
Peter Fendi – Assistants à la sainte Messe

Voilà trois mois maintenant que cette série d’articles aurait dû être publiée ; mais les retards, mais la découverte de nouveaux livres sur le sujet, mais les préoccupations personnelles et professionnelles, mais la dispersion de votre serviteur en une multitude d’activités diverses entre lesquelles il ne sait choisir… Cependant, après plusieurs mois de labeur, voici enfin le travail achevé !

Quel travail ? Un dizainier un peu particulier et très personnel que j’offre au lecteur dans cette série d’articles : chacun d’entre eux reprendra un petit passage de la messe auquel je tiens tout particulièrement ; non les plus importants, ni nécessairement les plus riches, mais ceux qui me plaisent, me touchent et me font réfléchir.

Le lecteur pourra être surpris de cette attitude, avec justesse. La sainte messe, en effet, n’est pas quelque chose dans lequel on peut piocher à sa convenance. Ce n’est pas un poème dont certains vers seraient plus admirables que les autres ; ce n’est pas une symphonie dont certaines phrases resteraient dans l’esprit de l’auditeur plus que d’autres. La messe n’est pas avant tout une œuvre d’art, ce n’est pas une comédie, comme avait osé le dire Musset lorsqu’il était enfant. Il faut prendre la messe entièrement, l’embrasser dans sa totalité comme dans ses détails, l’admirer depuis le premier signe de croix jusqu’au dernier Amen, en passant par chacune des paroles et des gestes, si minimes soient-ils, du célébrant et de ceux qui le servent. Rien de la messe n’est pauvre, faible, médiocre, rien ne doit en être retranché. S’il existe des parties plus importantes, le sommet en étant la Consécration, les autres parties ne sont moindres que par comparaison, car la partie la plus importante en est sublimissime, sans hyperbole, mais les autres demeurent sublimes.

Il faut prendre la messe dans son ensemble, mais si faible est l’entendement humain et si grande la messe qu’il n’est pas possible à l’homme d’en tout saisir. Nombreux sont ceux qui ont commenté la messe, et aucun n’a épuisé le sujet. La messe, après tout, n’est-ce pas Dieu Lui-même ? Mais puisque je ne puis comprendre Dieu, peut-être puis-je en comprendre certains de Ses aspects, selon mon entendement, selon qu’ils entrent en résonance avec ma nature finie et imparfaite, et ainsi saisir quelque chose du tout ; ainsi de la messe.

De ces morceaux que j’ai choisis, peut-être le lecteur ne sera-t-il pas frappé, car ce ne sont pas des parties qui le touchent ; d’autres, peut-être, le toucheront-ils davantage. En revanche, et c’est mon souhait en écrivant cette série, peut-être cherchera-t-il à porter une plus grande attention à tous ces détails dont on a si souvent dit, à tort, qu’ils étaient inutiles ; peut-être le lecteur cherchera-t-il à renouveler son attention, à chercher ce qui le frappe, l’émeut, le remplit d’admiration, l’édifie, le fait réfléchir, prier, aimer davantage son Sauveur qui daigne Se présenter à lui. Alors, il s’attachera à ces branches dont les fruits lui paraissent plus suaves, et il aimera davantage l’arbre qui les porte. Si tel est le cas, mon vœu n’aura pas été vain.

Peut-être me dira-t-on : mais vous êtes un laïc ; est-ce à vous de vous occuper de cela ? Hélas, je ne demande pas mieux que de me taire ! Mais ceux à qui cette tâche est confiée, les prêtres, les évêques, les théologiens, les liturgistes, est-ce qu’ils s’en acquittent honorablement ? La plupart se soucient de la grandeur de la messe comme d’une guigne, ne la connaissent pas et ne la transmettent pas. « Si hi tacuerint, lapides clamabunt. » (Lc. 19, 40)

« Car si ceux-ci sont à se taire
On entendra crier les pierres. »

Qu’on comprenne donc bien qu’il ne s’agit pas ici de l’œuvre d’un clerc, d’un savant, d’un homme qui a reçu autorité pour parler de ces choses, mais d’un amateur, au noble sens du terme, c’est-à-dire celui qui aime. Il arrive d’ailleurs que l’amateur, emporté par l’enthousiasme (et nous devrions tous en avoir pour la messe, ainsi que nous y invite l’étymologie du mot), commette ici ou là quelque bévue, laisse passer quelque incorrection, quelque imprécision, voire quelque faute ; si on en trouve, qu’on m’en fasse le reproche ; ce sera corrigé.

Je fais mien le dernier paragraphe de l’Avertissement qui se trouve en tête de mon édition de l’Explication du Saint Sacrifice de la Messe du Père Martin de Cochem : « Tout ce que contient ce traité est soumis au jugement de la sainte Église catholique, apostolique et romaine, dans le sein de laquelle je désire vivre et mourir. »1

Le Saint-Esprit souffle où Il veut - CC Penitentsblancs
Le Saint-Esprit souffle où Il veut – CC Penitentsblancs

Sommaire

1 – Confitebor tibi in cithara (Prières au bas de l’autel)

2 – Munda cor meum (Évangile)

3 – Per evangelica dicta (Évangile)

4 – Deus, qui humanae substantiae (Offertoire)

5 – Dirigatur Domine (Offertoire) (prévu le 5 mai)

6 – Préface de la Sainte Trinité (prévu le 12 mai)

7 – Haec dona (Canon) (prévu le 19 mai)

8 – Supra quae (Canon) (prévu le 26 mai)

9 – Perceptio Corporis (Communion) (prévu le 2 juin)

10 – Dernier Évangile (prévu le 9 juin)

(Un lien sera inclus au fur et à mesure de la publication, semaine après semaine)

Bibliographie indicative

Les liens en fin de référence conduisent à l’édition que j’ai pu consulter et que je cite dans les articles. Les numéros de pages indiqués renvoient donc à ces éditions.

  • Abbé Olier, Explications des cérémonies de la Grand’messe de paroisse selon l’usage romain, Poussielgue-Rusand (lien)
  • Dom Guéranger, Explications des prières de la sainte messe (lien)
  • Martin de Cochem, Explication du Saint Sacrifice de la Messe, Casterman
  • Abbé Lebrun, Explication littérale historique et dogmatique des prières et des cérémonies de la Messe, suivant les anciens auteurs et les monuments de toutes les Églises du monde chrétien, Perisse (lien)
  • Abbé Claude Barthe, La Messe, une forêt de symboles, Via Romana.
  • Durand de Mende, Rationale Divinorum Officiorum. Joseph Dura. (lien)
  • Abbé Floriot, Traité de la Messe de paroisse : où l’on découvre les grands mystères cachés sous le voile des cérémonies de la Messe publique et solennelle : et les instructions admirables que Jésus-Christ nous y donne par l’unité de son sacrifice, Helie Josset (lien)

1Martin de Cochem, Explication du Saint Sacrifice de la Messe, Casterman, 1899, p. X. Je regrette de ne pouvoir davantage citer cet excellent livre, très abordable, y compris par ceux qui ont le moins l’esprit intellectuel ou qui ne connaissent guère la religion : il est seulement nécessaire d’avoir un esprit de piété.

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