La Messe de Vatican II – Quelques citations

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Se trouve-t-il des lecteurs de ce blogue qui ne soutiennent pas la messe traditionnelle, j’en doute fort ; s’il en est, peut-être ont-ils été choqués par ce titre qui, il est vrai, est sujet à controverses, à l’heure où beaucoup (sincèrement) estiment que la messe de Paul VI n’est pas celle du concile Vatican II, dont les intentions auraient été trahies. Pour ma part, je n’ai acheté ce livre que pour voir comment l’auteur, l’abbé Claude Barthe, allait justifier son titre.

Pour le lecteur arrivé à la fin du premier quart, le titre semble déjà tout à fait juste. C’est là où votre serviteur est arrêté – pour le moment !

Je voulais seulement partager quelques citations d’écrivains eux-mêmes cités par l’abbé Barthe, qui montrent à quel point la réforme liturgique est une aberration sur le plan de l’art. Mes vieux lecteurs me diront qu’il s’agit sans doute de choses déjà bien connues, mais ce n’est pas forcément le cas des plus jeunes (y compris votre serviteur, qui a la joie de ne pas avoir vécu de pareils troubles).

Gracq

Pour déceler la mue actuelle du catholicisme, Huysmans est une bonne pierre de touche. Ce à quoi il s’est converti, c’est tout ce que l’Église vient de larguer, et rien que ce que l’Église vient de larguer. On peut d’ailleurs penser que les conversions d’écrivains et d’artistes vont se faire très rares.
Julien Gracq, Œuvres complètes, Gallimard, Pléiade, II, p. 290-291 (in Claude Barthe, La messe de Vatican II, Via Romana, p. 22-23)

Beaucoup de critiques avaient en effet estimé que Huysmans ne s’était converti que par amour des symboles. Gracq semble ici suivre cette opinion. En route donne toutefois une autre vision. C’est d’ailleurs un roman beaucoup plus intéressant que La Cathédrale qui le suit et qui a tendance à se transformer en catalogue explicatif. Si vous ne connaissez pas Huysmans, lisez À rebours puis En route.

Par ailleurs, à la page 22, l’abbé Barthe donne une autre citation de Gracq, lequel trouve qu’une des cérémonies auxquelles il a assisté est plus froide que le culte protestant, ce qui n’est pas peu dire.

 Mauriac

Ils [des séminaristes de province qui lui écrivent] ont retrouvé au séminaire la télévision, le tabac, le ciné-club, les loisirs […] Ce désarroi chez les séminaristes, après deux années de séminaire, ne fera ni chaud ni froid, je m’en doute, à ceux qui, en même temps que la soutane, se sont débarrassés de ce qui tourmente ces jeunes cœurs exigeants.
François Mauriac, 7 novembre 1966, Bloc-notes, tome IV, Seuil, 1993, p. 334 (La messe de Vatican II, page 31).

Un désarroi qui, je le sais de première main, existe toujours dans les séminaires français, lorsqu’ils existent encore.

Claudel

Il protestait contre l’usage qui se répand en France de plus en plus de dire la messe face au public.
Paul Claudel, « La messe à l’envers », Supplément aux œuvres complètes,tome 1, L’Âge d’Homme, 1990, pp. 294-295 (in La messe de Vatican II p.69)

Voilà donc un bref aperçu, trop bref, de trois écrivains reconnus qui réagirent défavorablement aux nouveautés liturgiques. Ils ne furent pas seuls : Tolkien, dont on reparlera d’ici quelques jours, semaines ou mois (nous avons le temps), répondait en latin, bien fort, lorsque le célébrant prononçait des paroles en anglais. Il y en eut d’autres. Pour ceux qui l’ignoreraient, vous pouvez également vous renseigner sur l’indult Agatha Christie.

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