Le malade et le médecin – Le Décachorde de saint Augustin

Conversion de saint Augustin - Bienheureux Fra Angelico
Conversion de saint Augustin – Bienheureux Fra Angelico

Voici un deuxième extrait du Décachorde de saint Augustin (Première partie).

4. […] Pour nous, frères, nous considérons vos dangers et non vos volontés. Quel médecin guérirait le malade, s’il faisait attention à sa volonté ? Qu’on ne fasse donc pas ce qui n’est pas à faire, qu’on ne fasse pas ce que Dieu défend. Qui croit en Dieu, entend de lui ce que nous disons ici ; et s’il en est quelques-uns qui refusent de se corriger, mieux vaudrait pour eux sans aucun doute que nous ne soyons pas venus pour parler ainsi, ou qu’après être venus dans ce dessein nous ne l’exécutions pas.
9. […] En effet, les hommes ainsi disposés succombent à cette pensée ; ils disent : Dieu ne devrait-Il pas s’abstenir de nous menacer, de faire entendre par ses prophètes ce qui est de nature à détourner de Lui ? Ne devrait-Il pas, avant de venir, user d’indulgence envers tous, pardonner à tous, venir ensuite et ne jeter personne dans l’enfer ? Ainsi, parce que tu es injuste, tu veux que Dieu le soit ! Dieu veut te rendre semblable à Lui, et tu travailles à rendre Dieu semblable à toi ? Aime donc Dieu tel qu’Il est, et non tel que tu veux qu’Il soit. Car tu es mauvais et tu désires que Dieu soit comme toi plutôt que comme Il est. Mais si tu L’aimes tel qu’Il est, tu te corrigeras, et tu soumettras ton cœur à cette règle dont s’écarte aujourd’hui ta difformité. Aime Dieu tel qu’Il est, chéris-Le tel qu’Il est : pour Lui Il ne t’aime pas, Il te hait plutôt tel que tu es. Sa compassion consiste à te haïr tel que tu es pour te rendre ce que tu n’es pas encore 1. […]
10. Considère un malade. Il se hait en tant que malade et par là, il commence à s’entendre avec le médecin, qui le hait aussi comme malade. Si en effet il combat en lui la fièvre, c’est qu’il veut le guérir ; il lutte contre le mal, pour en délivrer celui qui l’endure. L’avarice et l’amour déréglé, la haine et la concupiscence, la luxure et la folie des spectacles sont aussi comme les fièvres qui dévorent ton âme, et tu dois les haïr avec le médecin. […] Combien il en coûte aux malades de prendre de la nourriture ! Ils préfèrent le moment de leur accès au moment où il faut manger. Cependant, ne s’efforcent-ils pas comme le veut le médecin ? Et malgré toute leur répugnance, ils se domptent pour accepter quelque chose. […] (Traduction de l’abbé Jean-Pierre Raulx)

1 Si cette phrase vous scandalise, relisez-la plusieurs fois.

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