Le triomphe de la nullité – Récréation – Sonnet #7

Marie de Médicis accueillie à Marseille (Rubens)
Marie de Médicis accueillie à Marseille (Rubens)

Pour ceux qui se demandent pourquoi, malgré la nullité de mes vers, je m’obstine à en écrire.

Alors que par hasard j’avais l’esprit lucide
Ma plate nullité m’apparut clairement :
« J’existe ! Me voici. Regarde donc, stupide,
La reine de tes vers comme de tes romans.

Tu te croyais génial et la tête gravide ?
Fi ! L’imbu de lui-même ! Il le pensait vraiment !
Contemple ta pauvre œuvre où paresse un grand vide :
Sur chacun de tes mots je règne fermement.

Même un mauvais lecteur apercevrait sans peine
Qui dans tous tes écrits est la vraie souveraine,
Et dirait : « c’est si nul que ça tient du génie. »

Mais puisque par tes soins mon triomphe est immense,
Reçois sans plus tarder ta juste récompense :
Entre dans la prison de l’aveugle déni.

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