L’élévation – Stances #79

Après un silence de près de deux semaines (occupées par la Semaine Sainte, Pâques et le travail), me voici de retour avec un poème plus personnel que les précédents.

Le monde git dans l’ombre ; il attend, solitaire ;
Impatient, silencieux, dans la nuit il a froid ;
Écrasée de respect, cependant, que la terre
De hâte frémit toute à l’approche du Roy !

Soudain sont prononcées dans un léger murmure
Les cinq mots trois fois saints, les paroles sacrées ;
La cloche jette au ciel sa note heureuse et pure,
Le rideau de la nuit est soudain déchiré.

Voyez à l’horizon la montagne rougir ;
Mont chauve ou chevelu, derrière lui paraît
Un arc d’or qui blanchit, que l’on voit s’élargir,
Un cercle, un disque, un astre éblouissant de rais.

Deux mains portent au cieux la splendeur du soleil ;
Sous la voûte, il triomphe, il règne en souverain ;
Pâles, étoile et lune ensemble s’émerveillent ;
Devant l’éclat de l’or s’est effacé l’airain.

L’univers, à la fois d’allégresse et de crainte,
Frémit, tremble, aime, adore ; il renaît, il revit,
Il boit tous ses rayons, non sans pousser des plaintes,
S’en connaissant indigne, et cependant ravi.

Le voici donc, l’époux qu’attendait tant la terre !
Le voici, son seigneur, son seigneur amoureux,
Voici l’orbe du ciel qui, sublime mystère,
Ce feu qui s’offre au monde en rayons généreux !

Il redescend, enfin, mais ce n’est pas le soir ;
Qui tend vers lui sa bouche, adore et le reçoit,
Qui l’aime d’un cœur pur verra bientôt s’asseoir
Un soleil minuscule au plus profond de soi.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s